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Tribune

Auto-entrepreneur
Un projet de société pour éradiquer l’informel
Par Zakaria FAHIM

Par L'Economiste | Edition N°:3970 Le 18/02/2013 | Partager

Zakaria Fahim est expert-comptable et associé spécialiste fusions-acquisitions BDO Sarl cabinet Audit et conseil

A l'heure où le modèle de croissance et d'innovation est au menu, où les indignés de tout bord remettent en cause ce système capitaliste débridé qui a eu ses heures de gloire quand une minorité était attablée et le reste à son service, l’heure est arrivée «de penser le changement et non pas de changer le pansement». L’arrivée des BRICS, et de l’Afrique sur la scène internationale comme des challengers sérieux aux maîtres actuels nécessite une mobilisation et un accompagnement sérieux, fort et immédiat de nos forces vives par nos décideurs notamment politiques pour être dans la course dans ce monde globalisé. Il est temps de promouvoir un libéralisme responsable dans la veine du système canadien où 90% de ses citoyens sont plus riches que 90% des Américains des Etats-Unis.
En effet, nos hommes et femmes politiques doivent mettre sur un post-it à l’entrée du Parlement «Seule l’entreprise crée de la valeur». Cette méditation quotidienne doit les amener à nous prendre sérieusement pour la clé du développement de notre pays et non pas comme l’ennemi à abattre sur l’autel d’une quelconque administration.
La question de l'entrepreneuriat ne devrait pas être un tabou, un «machin» à la mode dont on parle sans impliquer les intéressés.
Ultime ascenseur social pour beaucoup de nos jeunes et aussi pour tous ces patrons des très Petites Entreprises «abandonnés» à l’informel et devenus des «hors-la-loi» malgré eux, la création de jeunes pousses dans le formel doit faire l'objet d'une véritable réflexion dans l’opposition et au gouvernement, et d'initiatives innovantes et de rupture pour en favoriser l'éclosion.
En effet, beaucoup de potentiels entrepreneurs sont freinés dans leur élan à cause notamment de la bureaucratie et la corruption. C’est vrai que l’auto-entrepreneur (individuel) n’est pas sur les radars de nos politiques. Il est décompté à l’unité dans l’urne et non pas comme une force politique de plusieurs millions d’âmes.
Le statut d’auto-entrepreneur vient défier cette assertion que tout ce qui n’est pas blanc est noir. En effet, il n’y a pas d’obligation d’en faire un statut à temps plein, un métier au sens premier du terme, mais plutôt d’offrir à chacun le droit de s’appliquer «j’en ai rêvé, je l’ai fait».  Il n’en reste pas moins que pour nos «entrepreneurs en devenir» utiliser l’auto-entrepreneur comme un tremplin vers le monde de l’entreprise est une voie extraordinaire pour avoir le temps, l’écoute et l’accompagnement nécessaires pour ne pas tomber dans l’informel.
S’il est normal d’apprendre à un enfant de nager dans un bassin, on doit trouver sain d’incuber systématiquent nos nouveaux auto-entrepreneurs et ce pour réduire le taux de mortalité «infantile» avant de les jeter en pleine mer.
Cette étape permet aussi et surtout d’apprendre en plus à ne pas confondre chiffre d’affaires et bénéfice  et ce à la création de son entreprise. 

 

La révolution française

 

Pour la petite histoire, 2009 a été considérée en France comme l’année de l’Iphone et de François Hurel le concepteur de la loi sur l’auto-entrepreneur: une vraie révolution!
De fait, entre 2000 et 2010, le nombre d'entreprises créées en France a crû de 11% par an en moyenne. Cette croissance s'explique en partie par les lois successives visant à développer l'entrepreneuriat de 2003 à 2008. Mais c'est surtout le statut d'auto-entrepreneur, introduit fin 2008, qui a contribué à plus de 55% des créations d'entreprises entre 2009 et 2011. En effet, en France, l’auto-entrepreneur a permis de créer près de 300.000 auto-entrepreneurs par an.
Le succès de cette formule a pris tout le monde de court et a mis le zoom sur ce projet «Alien» sur lequel très peu misait. Même les Anglais en font l’éloge et parlent du succès Frenchy. Des pays comme la Chine, l’Egypte envoient des délégations en France pour comprendre et voir comment l’implémenter.
Ce nouveau concept tord le cou à tous les lieux communs, dont le premier c’est d’avoir un nom et/ou avoir de l’argent. Il plébiscite le mot Oser entreprendre, en permettant de créer son auto-entreprise de chez soi en cinq clics sur internet.
L’idée, c’est de pouvoir utiliser son local d’habitation pour y créer son activité et ainsi ne pas prendre le risque d’additionner à l’échec économique un échec familial en rendant insaisissable le domicile personnel. Deux autres mesures sont destinées à simplifier et donner une reconnaissance sociale et citoyenne de l’auto-entrepreneur.
Ce régime apporte une innovation majeure, prélever les cotisations sociales et fiscales sur la base  du chiffre d’affaires encaissé. Pour assurer le recouvrement, il est prévu de procéder à une retenue à la source en utilisant le mobile payement. A chaque transaction, le client paye via son mobile et l’auto-entrepreneur reçoit les honoraires nets de cotisations sociales et de l’impôt qui seront rétrocédés automatiquement aux organes adhoc. Si l’entrepreneuriat ne se décrète pas, il peut être encouragé avec un cadre favorisant l’esprit d’entreprise, le texte de loi en discussion au Parlement à l’initiative de l’opposition n’appartient ni au gouvernement ni à ses initiateurs, mais à tous les entrepreneurs qui sommeillent en nous et à tous ces petits entrepreneurs de l’informel qui rêvent de retrouver le droit chemin si on leur donne l’opportunité.
A nous de nous saisir de ce statut de l’auto-entrepreneur et de le faire accoucher au plus vite pour le bien de notre économie et de tous ces «hors-la-loi» malgré eux. Et là, l’expert-comptable, médecin de l’entreprise a toute sa place pour donner du sens et apporter toute son expertise pour passer le gué à tous ces créateurs de valeurs du formel.

Une troisième mi-temps à valeur ajoutée

 

IL est important dans le contexte actuel, où l’Union européenne entre en récession, avec une croissance attendue à - 0,3% en 2012 tout en représentant 60% des exportations du Maroc et plus de la moitié de ses investissements étrangers, de libérer les talents de l’intérieur et le plus en amont. Le nouveau statut de l’auto-entrepreneur offre cette possibilité. Il permet à des créateurs de lancer leur propre activité, de l’être exclusivement, mais aussi cumulativement ou alternativement avec un emploi ou un autre statut. C’est là, la révolution, on permet d’avoir deux statuts le temps de… ou de le rester à vie si le projet d’entrepreneur est une troisième mi-temps à valeur ajoutée, le lieu où on exprime une passion.
Ces futurs auto-entrepreneurs seront certes des indépendants libres et aussi et surtout accompagnés en amont par un système structurant pour que le passage de la vallée de la mort (les trois premières années de la création de l’entreprise pour les futurs candidats) soit le plus facile.

Une réaction de l’ambassadeur de Pologne

«DANS votre «quotidien du 13 février 2013 vous avez publié un article du Professeur Germouni «Le populisme actuel n’est qu’une simple relique du passé!»
Cette analyse critique des phénomènes de mouvements totalitaires, xénophobes et populistes est illustrée d’une photo historique du mois d’août 1980 qui représente la grève dans le chantier naval de Gdansk. Un événement perçu dans le monde entier justement comme un défi au système totalitaire du communisme soviétique – au nom de la liberté et de la démocratie! Je pense que le prix Nobel de la paix attribué à Lech Walesa en 1983 est une preuve convaincante de la façon dont le mouvement syndical «Solidarnosc» et son leader historique sont compris par la communauté internationale. D’autre part, il me semble risqué de mélanger dans un article sérieux des personnages aussi différents que Hitler et le général de Gaulle. Je m’étonne également de l’absence totale dans cette analyse controverse des dirigeants communistes comme Staline, Lénine ou Mao Zedong.
Je vous serais reconnaissant pour la publication de mes remarques dans votre quotidien de renommée incontestable, et je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations les meilleures».
Witold Spirydowicz, ambassadeur

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