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Economie

France-Maroc
Les marchés encore à prendre

Par L'Economiste | Edition N°:3970 Le 18/02/2013 | Partager
Energies renouvelables et agroalimentaire
La colocalisation pour les universités et la formation
Circulation des personnes: Lever les barrières s’impose

Invité à HEM, Charles Fries, l’ambassadeur français au Maroc, a signalé qu’il y a «une forte continuité du partenariat d’exception franco-marocain»

«Après le changement de pouvoir au Maroc et en France, d’aucuns pensaient que les relations entre nos deux pays allaient se normaliser voire se banaliser. Bien au contraire, l’on constate une très forte continuité du partenariat d’exception». Charles Fries, ambassadeur de la France au Maroc, n’a pas mâché ses mots pour défendre bec et ongles les «rapports hors normes» qui lient l’Hexagone au Royaume. En effet, l’avènement des islamistes au pouvoir à Rabat, tout comme celle de la gauche à l’Elysée, a laissé les observateurs sceptiques quant à la vigueur des interdépendances politico-économiques. Certes, on est loin de la période chiraquienne, mais la conjoncture économique mondiale justifie plus que jamais une accélération des échanges et une meilleure intégration des deux pays dans l’espace méditerranéen. Un mariage de raison donc.
Seulement, et malgré le discours diplomatique de vigueur, les propos de Charles Fries dénotent d’une pression supplémentaire sur les opérateurs économiques français. Alors que le pays détenait au début des années 1990 près de 20% des parts des IDE au Maroc, il n’en est plus qu’à 13%. «La concurrence est plus rude sur le marché marocain, mais elle est saine». Cette présence plus significative de la Chine et des pays émergents sur le marché marocain ne met cependant pas les opérateurs français en état d’alerte. La France est à la fois le premier client et premier fournisseur du Maroc en matière de commerce extérieur. En 2011, le total des échanges entre les deux pays s’est établi à 7,4 milliards d’euros. 13,9% des importations du Maroc proviennent de France et 20,3% des exportations sont écoulées sur le marché français. L’hexagone occupe également un rang privilégié dans le domaine des investissements étrangers directs reçus par le Maroc. En 2011, le flux d’investissements directs français (IDE) au Maroc s’est élevé à 760 millions d’euros, soit un tiers du total reçu cette année-là. Selon les chiffres de l’Office des changes, le stock d’IDE français au Maroc avoisinerait la moitié du total des IDE reçus par le Royaume. Le Maroc dénombre 750 filiales d’entreprises françaises dont 36 du CAC 40. Vivendi, Total, Veolia, Accor, EDF, AXA ou encore BNP Paribas, les géants français détiennent des positions stratégiques dans des secteurs clés de l’économie marocaine : les télécoms, la banque, l’assurance, le tourisme, la distribution. Les transports sont venus s’ajouter avec la mise en service du tramway. Mais l’ambassadeur veut intensifier les rapports, notamment «en matière d’agroalimentaire et d’énergies renouvelables, où les opérateurs français sont relativement en retrait».
Sans surprise, c’est du contexte politique franco-français que les tensions ont trouvé leur source. Alors que le chômage constitue une réalité de plus en plus pesante sur le contexte social français, beaucoup d’hommes politiques, et à leur tête le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg ont pesté contre le mouvement des délocalisations, notamment celles des centres d’appels. Une polémique vite dissipée. Si l’idée des colocalisations a été lancée lors de la réunion de haut niveau franco-marocaine, elle est aujourd’hui expliquée par des raisons politiques. «Il ne s’agit pas d’opposer les emplois marocains et français, le concept de colocalisation permettra justement de créer des emplois dans les deux pays». Fragmenter les cycles de production et de commercialisation des entreprises, tel semble être donc l’avenir d’un partenariat jugé «gagnant/gagnant» par Fries. Le concept de colocalisation ne se limite pas aux secteurs économiques mais aussi au niveau de la formation et de l’enseignement supérieur. «De l’école centrale de Casablanca à l’IST de Tanger, en passant par l’Ecole d’aviation…Il y a une réelle dynamique pour créer un modèle de formation franco-marocain, pouvant augmenter la qualité des emplois au Maroc, et renforcer l’expertise technologique française», explique l’ambassadeur.
La mobilité est aussi l’une des préoccupations majeures des deux parties. «Nous devons renforcer la capacité de circulation des forces vives : hommes d’affaires, chercheurs, journalistes, professions libérales […] Mais il faut aussi signaler que le taux de refus (7%) des visas français au Maroc est l’un des plus bas au monde». 

«Des valeurs communes»

 

Au-delà des questions économiques qui semblent au cœur des tractations franco-marocaines, Charles Fries a aussi tenu à signaler que «le Maroc et la France partagent des valeurs communes, preuve en est la convergence sur la plupart des conflits régionaux». Le Maroc a en effet salué l’intervention française au Mali et ouvert son espace aérien à l’aviation de l’Hexagone. Ce rapprochement est aussi perceptible au niveau des positions des deux pays dans le conflit syrien et israélo-palestinien. Quid du Sahara ? «La France continue de considérer le plan d’autonomie marocain comme une solution viable et politiquement acceptable pour la résolution du conflit». 

Abdessamad NAIMI

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