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    Enquête

    Dans les coulisses du Parlement
    L’empreinte Karim Ghellab

    Par L'Economiste | Edition N°:3969 Le 15/02/2013 | Partager
    Un plan stratégique pour développer l’action parlementaire
    Il veut professionnaliser l’action des députés
    La lutte contre l’absentéisme est à mi-chemin

    Pour Karim Ghellab, «le Parlement est un théâtre pour mettre en scène la politique au profit des citoyens». En peu de temps, le président de la Chambre des représentants semble avoir réussi sa mue du gestionnaire à l’homme du consensus 

    Dans la Chambre des représentants, Karim Ghellab est partout. Le président mène une action en profondeur pour dynamiser et moderniser cette institution, dont les méthodes d’organisation et de fonctionnement sont archaïques. Donc, il faudra chambouler, de fond en comble, les procédures, le mode d’emploi, changer les mentalités… Difficile de remettre au boulot des ressources humaines habituées à une lenteur légendaire. Aujourd’hui, un vent de renouveau souffle sur ce bâtiment, rénové par l’architecte du défunt Hassan II, André Paccard, dans les années 70. Avec méthodologie et discrétion, il est en train de reconstruire une nouvelle  architecture institutionnelle pour accompagner la transition démocratique. Il s’agit d’un coup de jeune et d’un nouveau rythme qui sont impératifs pour relever ce défi. Cet ingénieur, connu pour son pragmatisme et qui a construit des ponts, des routes et des autoroutes est en train de bâtir l’infrastructure immatérielle, nécessaire à l’implémentation de la Constitution de 2011. Depuis son arrivée à la tête de la Chambre des représentants en décembre 2011, il a lancé plusieurs chantiers à la fois. En effet, il fait adopter la première partie du règlement intérieur de la Chambre pour l’harmoniser avec la nouvelle Constitution.  Il s’agira d’y introduire d’autres innovations comme le code de déontologie. Désormais, les députés seront invités à se débarrasser de certaines mauvaises habitudes comme lire les journaux ou parler au téléphone dans l’hémicycle. Ils devront savoir faire face aux actions de lobbying. L’idée est qu’ils puissent  garder leur liberté tout en écoutant leur environnement sans pour autant succomber aux groupes de pression. Le président a également rallongé la durée des sessions parlementaires et augmenté le nombre de commissions spécialisées qui sont passées de 6 à 8. La refonte des questions orales est également sur la table. Le changement projeté est de transformer ces séances de langue de bois et de plaidoirie, souvent sans valeur ajoutée, «en débats plus performants et avec plus de spontanéité».
    Le président s’est également attaqué à l’absentéisme des députés, ce mal qui gangrène l’institution. Karim Ghellab relativise l’ampleur de ce phénomène: «Derrière ce mot, on confond un député qui ne fait pas son travail et un autre qui est en mission ou dans sa circonscription». D’ailleurs, au cours des débats en Commission sur la loi de Finances, des députés restaient debout, par manque de places, fait-il valoir. En plus, lors de la première audition du chef de gouvernement, il avait dénombré 309 députés présents. Comprenez qu’il y a des absences justifiées et d’autres qui ne le sont pas. Une procédure pour répertorier les présents, rencontre certaines difficultés dans son application. Mais, «des feuilles de présence distribuées sont remplies par les groupes parlementaires», dit-il. Une chose est sûre: pour certains députés, particulièrement ceux qui viennent de loin, les conditions de travail ne sont pas au top. Le déplacement, chaque semaine à Rabat, leur coûte très cher. Ghellab est conscient de cette faiblesse. Pour cela, il veut améliorer les indemnités de ces députés qui dépensent entre 10 et 15.000 DH par mois entre le transport, la restauration et l’hébergement. «Nous réfléchissons comment les soutenir matériellement. Nous avons des modèles mais il y a quelques réticences, surtout que certains parlementaires s’inquiètent de la perception dans l’opinion publique de la prise en charge de ces dépenses», souligne le président. Il compte les vaincre surtout qu’il travaille à la «professionnalisation de l’action des députés». D’ailleurs, Karim Ghellab aime à dire que «le Parlement est un théâtre pour mettre en scène la politique au profit des citoyens».
    Au cours de 2013, il a renforcé les moyens accordés aux groupes pour améliorer l’action parlementaire. Ainsi, il a créé un budget de 6.000 DH par député et par an pour faire appel à l’expertise universitaire dans la préparation des propositions de loi. La Chambre prépare actuellement la mise en place d’un partenariat avec l’université. En parallèle, les ressources humaines des groupes sont renforcées avec une hausse de 20% des postes budgétaires. C’est très bien surtout à un moment où le Parlement dispose d’une nouvelle attribution: il est le seul législateur. Pour relever le défi, l’institution doit être à la hauteur.
    Toutes ces opérations sont menées, avec doigté et avec l’implication des 13 membres du bureau de la Chambre. Autant d’initiatives qui s’inscrivent dans le cadre d’un plan stratégique de développement et de mise à niveau de la Chambre. Il s’agit de renforcer les capacités institutionnelles mais aussi l’ouverture de cette institution sur son environnement, notamment sur le public. Dans cet élan d’ouverture de la Chambre vers son environnement extérieur, il prévoit la création d’un espace ouvert au public, avec des dépliants et des affiches. Une interface pour faciliter l’appropriation du Parlement par les citoyens.
    En peu de temps, Karim Ghellab semble avoir réussi sa métamorphose, du gestionnaire à celle de l’homme du consensus. Le troisième homme dans la hiérarchie de l’Etat après le Souverain, semble à l’aise dans ce nouveau rôle. 

    Chaîne parlementaire à la rentrée

     

    Le président prévoit la création d’une chaîne de télévision parlementaire d’ici octobre prochain, à la faveur d’un partenariat entre le Parlement et le pôle public. L’objectif est de couvrir les activités des commissions spécialisées, dit-il. D’autant que les différents changements opérés à la Chambre des représentants ne sont pas perçus par l’opinion publique. Les deux seules émissions de télévision, qui traitent de l’activité parlementaire (26 minutes chacune, à la SNRT et à 2M) n’ont pas une programmation de grande écoute.

     

    M. C.

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