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    Habitat: Des années folles du business de la pierre

    Par L'Economiste | Edition N°:3966 Le 12/02/2013 | Partager
    BTP: 121 milliards d’investissements en dix ans
    Le résidentiel a encore de beaux jours devant lui
    Les classes moyennes, parents pauvres de l’habitat

    Au cours des dix dernières années, Plus de 52.300 hectares du foncier domanial et terres collectives ont été mobilisés au profit de l’immobilier à hauteur de 67%, des projets touristiques (16%) et seulement 5% pour les projets industriels

    Près de 75.000 emplois dans le bâtiment et travaux publics en dix ans. Le secteur du BTP est le 2e employeur après l’agriculture. «C’est une locomotive de l’économie, les agrégats économiques le confirment: entre 2002 et 2010,  l’investissement cumulé s’élève à 121 milliards de DH», relève une étude réalisée par le Conseil de la concurrence sur «Les aides de l’Etat: cas de l’habitat». Durant cette même période, la valeur ajoutée a connu une progression allant de 21,68 milliards de DH à 47,08 milliards de DH, selon le rapport qui cite des données du Haut commissariat au plan. Une telle performance est due à l’apport du marché de l’immobilier résidentiel. Celui-là même que l’étude qualifie de «marché pertinent». L’étude scinde le BTP en deux branches, infrastructures et habitat. Ces deux activités composent en effet la rubrique BTP dans la nomenclature de la comptabilité nationale. Toujours est-il que le logement résidentiel donne un coup de fouet à de nombreuses activités. Un indicateur parmi d’autres l’atteste: 14 millions de tonnes de ciment consommées en 2010 contre seulement 2 millions en 1990. Même constat pour les encours de crédit qui sont de 180 milliards de DH en 2010 contre 58 milliards de DH cinq ans auparavant. Et pour cause, la forte demande dans le segment résidentiel, 125.000 unités par an dont 65% pour les besoins des particuliers. Les prévisions du Conseil de la concurrence tablent sur 145.000 unités à construire annuellement d’ici 2015. L’exode rural y est pour beaucoup. Par an, 35.000 ménages en moyenne vont venir grossir le monde urbain. D’où l’enjeu d’éviter une 2e génération de bidonvilles en périphérie.
    Dans cette évolution de demande de logement, l’éclatement de la cellule familiale et l’extension des classes moyennes sont à tenir en compte. Plus ou moins conscient de cette réalité, l’Etat met la main à la poche en subventionnant les promoteurs. Exemple: en 2011, les dépenses fiscales ont coûté au budget général près de 32,08 milliards de DH. Le Conseil de la concurrence souligne pour sa part la difficulté d’accès à certaines informations financières telles que le chiffre d’affaires des sociétés de promotion immobilière. Il suffirait pourtant de consulter le Registre de commerce central tenu par l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC): 70 DH la consultation. N’empêche qu’il y a l’exception des promoteurs cotés en Bourse. Les trois premiers groupes sont Addoha, Alliances et la CGI avec un chiffre d’affaires agrégé de plus de 14,5 milliards de DH. La grande part du gâteau, c’est surtout le logement social qui représente plus 60% de la production. Les perdants? Ce sont uniquement les classes moyennes qui n’ont pas un toit à la hauteur de leurs aspirations. Certes, la loi de finances 2013 a prévu un dispositif pour attirer les promoteurs à s’engager dans la construction destinée aux classes moyennes. En attendant, il y a des défaillances dans le marché. Qui en est responsable? Il faut chercher du côté des promoteurs et plus spécialement de l’Etat. L’ancien ministre de l’Habitat, Taoufiq Hejira, a souvent vanté le rôle de l’Etat-régulateur durant son mandat (2007-2011) et la politique des villes sans bidonvilles (voir pages 6 & 7). Pour les résultats que l’on sait.

    Rajaa DRISSI ALAMI & Faiçal FAQUIHI

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