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    Entrepreneuriat social
    Une alternative à la crise?

    Par L'Economiste | Edition N°:3961 Le 05/02/2013 | Partager
    Le leader du secteur en France lance un partenariat avec l’AMH
    Budget annuel du Groupe SOS: 700 millions d’euros
    Le modèle du centre Noor sera dupliqué sur d’autres villes

    «Au lancement du centre Noor en 2001, nous avons décidé de fonctionner comme une entreprise privée, nous étions donc des entrepreneurs sociaux sans le savoir», témoigne Amina Slaoui, vice-présidente de l’AMH 

    L’Etat providentiel n’est plus, l’économie classique est en crise et la solidarité a ses limites, que faut-il donc faire pour renouer avec la croissance? «L’entrepreneuriat social est la solution». Le «social business» est un dispositif en plein essor au niveau mondial. La plupart des grandes universités (Harvard, Yale, HEC, Essec …) ont créé des modules sur l’entrepreneuriat social. Il s’agit après la crise de réinventer un nouveau système, d’autant plus que les fonds publics se font rares sur l’ensemble de la planète, d’où la nécessité de suppléer à ce manque par la création de richesses.
    Selon la définition consacrée, l’entrepreneuriat social désigne toute initiative privée dont la finalité sociale est supérieure à la finalité économique.
    Il s’agit du meilleur moyen pour lutter contre la pauvreté, à condition que ces richesses soient équitablement réparties, selon les spécialistes. «C’est un double modèle qui allie une structure à but non lucratif et des entités pleinement commerciales et lucratives», explique Virginie Seghers, spécialiste en entrepreneuriat social et fondatrice d’Almaviva Conseil en France.
    Selon elle, les nouveaux philanthropes ne veulent plus se contenter d’offrir des dons, mais ils veulent créer des fondations gérées comme des start-up. Ils créent donc de véritables fonds pour investir dans des entreprises à vocation sociale avec la volonté d’en tirer des bénéfices. Il s’agit pour des associations de fonctionner sur le modèle d’une entreprise à but lucratif pour pouvoir survivre sans dépendre de la manne publique ou des dons privés. Cela veut dire concrètement: appliquer au secteur social les méthodes du privé.
    Ce nouveau modèle qui a fait ses preuves sous d’autres cieux en est à ses balbutiements au Maroc (même si beaucoup font de l’entrepreneuriat social sans le savoir). Pour partager son expérience en la matière, Jean-Marc Borello, patron du Groupe Français SOS, géant de l’entrepreneuriat social, a fait le déplacement à Casablanca la semaine dernière. L’occasion de nouer un partenariat avec l’Amicale Marocaine des Handicapés (AMH). «S’allier à un partenaire comme groupe SOS nous permet non seulement de bénéficier de son expérience, mais nous oblige à nous mettre à niveau, à revoir nos statuts tout en bénéficiant d’un regard étranger», affirme Amina slaoui, vice-présidente de l’AMH.
    En effet, le groupe français, opérant dans le social depuis près de 30 ans avec plus de 10.000 salariés dans 283 établissements, mettra à profit son expérience
    pour accompagner le centre Noor de rééducation et réadaptation, relevant de l’AMH, dans sa mue vers un modèle plus lucratif à dupliquer dans les autres régions du Royaume. D’autres projets sont également prévus dont celui de créer une unité de production de fauteuils roulants (qui seront vendus au Maroc et pourquoi pas à l’étranger) et un partenariat avec l’OCP. Le Groupe s’impliquera également dans la formation du personnel du centre Noor.
    «Ce centre est le parfait exemple de ce que peut devenir une entreprise sociale qui va grandir avec des prestations d’excellence, formation permanente du personnel et devenir à terme une véritable école pour des formations qui n’existent pas au Maroc», selon les termes de Borello. Ces thèmes de formation permettront de développer de nouveaux secteurs économiques comme la prise en charge de personnes âgées marocaines ou étrangères… D’autant plus qu’au Maroc le nombre de personnes âgées augmente, dont beaucoup auront tôt ou tard besoin de structures d’accueil adaptées. De même, les retraités français au Maroc, de plus en plus nombreux, se soucient de la perte d’autonomie et feront aussi appel à ce genre de structures. «La médicalisation est assurée au Maroc, mais l’accompagnement en cas de perte d’autonomie reste à développer», poursuit Borello.
    Selon le modèle envisagé, une partie de la population ayant les moyens (1/3 des patients environ), pourra payer les prestations du centre. Une autre partie (1/3) sera couverte par l’assurance maladie, alors que la 3e partie, composée des plus démunis, sera prise en charge par l’association moyennant une participation symbolique. Les recettes générées par les plus riches profiteront ainsi aux plus pauvres.
    «Au lancement du centre Noor en 2001, nous avons décidé de fonctionner comme une entreprise privée, nous étions donc des entrepreneurs sociaux sans le savoir», témoigne Amina Slaoui. Comme elle, beaucoup d’entrepreneurs sociaux s’ignorent et il y en a certainement au Maroc. D’ailleurs, l’expression «entrepreneur social» n’a fait son apparition qu’en 2006 alors que le concept existait bel et bien depuis les années 90, souligne Virginie Seghers
    Pour mieux le faire connaître, il faut le diffuser dans les milieux économiques, préconise Borello.

    Le Groupe SOS en chiffres

     

    Entreprise sociale, le Groupe SOS met l’efficacité économique au service de l’intérêt général. Créé il y a plus de 28 ans, il a développé ses interventions dans 5 grands cœurs de métier : la santé, les seniors, la jeunesse, l’emploi, les solidarités.
    Le groupe, qui gère des hôpitaux à Paris et région, est considéré comme l’un des premiers fournisseurs de soins en toxicomanie et lutte contre le Sida en France.
    Il œuvre également dans la dépendance des personnes âgées avec ses 60 maisons de retraite médicalisées à  travers l’Hexagone. Une cinquantaine de centres sont également consacrés à la prise en charge des jeunes. Quant au dispositif de solidarité (pour enfants, handicapés…), il accueille chaque jour 2.500 personnes à Paris.
    Le Groupe SOS compte aujourd’hui près de 10.000 salariés au sein de 283 établissements et services présents en France métropolitaine, en Guyane, à Mayotte et à la Réunion. En 2011, les actions des différentes entités du Groupe SOS ont eu un impact sur plus de 1 million de personnes. Parmi elles, plus de 250.000 ont été accompagnées, soignées ou hébergées.

    Aziza EL AFFAS

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