×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Emploi en 2012: Que de l’informel!

Par L'Economiste | Edition N°:3961 Le 05/02/2013 | Partager
Les emplois créés sont majoritairement sous-qualifiés
Baisse de l’activité et destruction de l’emploi dans tous les secteurs
Les jeunes et les diplômés, les mal lotis

Le chômage des jeunes pose toujours problème. Le taux de chômage des 15-24 ans et des 25-34 ans  dépassent la moyenne nationale de plusieurs points. Celui des 15-24 ans est le double du taux de chômage au niveau national en 2012.

Situation tendue sur le marché du travail en 2012.  A l’exception des services, tous les secteurs ont perdu des emplois. Selon les statistiques du Haut Commissariat au Plan (HCP), les baisses vont de 1,4% dans l’agriculture, forêt et pêche avec la disparition de 59.000 postes à 2% respectivement dans «l’industrie y compris l’artisanat» et le BTP. Dans ce secteur, considéré jusque-là comme une «soupape de sécurité» puisqu’il permet d’absorber de la main d’œuvre non qualifiée, 21.000 emplois ont été supprimés! 
Ces statistiques rendent ainsi compte de la contraction de l’activité dans plusieurs secteurs que relayaient déjà les chefs d’entreprises. L’année 2012 a été  marquée par une croissance du PIB moins forte que celle enregistrée en 2011. Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au plan, «prévoit une croissance de 2,7% contre 5% une année auparavant».
Même les postes créés restent concentrés dans l’informel. Ils sont précaires, concentrés dans les villes et répondent rarement aux normes d’un travail décent avec une grosse part orientée "services personnels" avec 33.000 postes. Dans le "commerce de détail et la réparation d’articles domestiques", 32.000 emplois sont créés dont deux sur trois dans le commerce de détail hors magasin. Ce qui renvoie à la montée des marchands ambulants. Quant à la branche services domestiques, elle compte 15.000 postes exclusivement dans les villes. En 2012, l’essentiel des emplois créés ne nécessitent pas de qualifications!
En fait, la situation du marché du travail reste assez tendue même si le taux de chômage n’a évolué que de 0,1 point: 9% en 2012 contre 8,9% en 2011. Dans les villes, il s’est établi à 13,4% contre 4 % dans les campagnes.
Cette tension vient du fait que plusieurs personnes «déçues» du marché de l’emploi  préfèrent ne plus chercher de travail. Ils disparaissent ainsi des «radars» du HCP. Il s’agit le plus souvent de chômeurs de longue durée. Idem pour les personnes qui sont dans des emplois non rémunérés. Le recul qui a caractérisé cette catégorie en 2012 ne s’est pas fait sentir au niveau du taux de chômage. Le travail non rémunéré a ainsi  enregistré une baisse de 111.000 postes en zones rurales et 15.000 dans les villes. Au total, 126.000 postes ont disparu. Ces pertes sont encore une fois concentrés dans l’agriculture, forêt et pêche" (-108.000 postes). Les personnes cataloguées dans «emploi non rémunérés» se retirent également du marché de l’emploi. C’est ce qui explique, selon Lahlimi, que la population active en chômage n’a pas connu une croissance importante. Celle-ci s’est accrue de 0,9% passant à 1,038 million de personnes contre 1,028 million en 2011. Ce qui représente 10.000 chômeurs en plus comparativement à 2011. 

L’ascenseur social

 

En 2012, le profil de la population active en chômage (les personnes à la recherche d’en emploi)  n’a pas connu de changement notable. Le chômage reste un phénomène urbain: huit chômeurs sur dix sont des citadins. Ils sont également jeunes puisque 66,9% de la population active en chômage est âgée entre 15 et 29 ans alors que 26,3% sont des diplômés de niveau supérieur. En fait, le taux de chômage augmente avec le niveau d’éducation. Ce qui confirme l’inadéquation entre la formation et les besoins du monde du travail ainsi que la permanence d’une croissance peu génératrice d’emplois qualifiés. Comme le souligne le Conseil économique, social et environnemental dans son rapport sur l’emploi des jeunes, « cette situation vient renforcer la conviction profondément ancrée chez les jeunes que les diplômes ne sont plus un passeport pour l’emploi, et que le pacte social tacite fondé sur la capacité du diplôme à être un ascenseur social, n’est plus respecté». Durant cette année, plus de la moitié de la population active en chômage n’a jamais travaillé. C’est des primo-demandeurs d’emploi alors que deux personnes sur trois chôment depuis plus d’une année. Or, si la période de chômage s’allonge, l’insertion sera difficile. «De surcroît, le chômage de très longue durée décourage les jeunes et les pousse à l’inactivité», note le CESE.

Khadija MASMOUDI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc