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    Analyse

    Logistique: Des prémices de relance, mais des incertitudes aussi

    Par L'Economiste | Edition N°:3961 Le 05/02/2013 | Partager
    Trois contrats d’application en préparation
    Des appels d’offres pour la location des entrepôts
    L’informel risque de faire de la résistance

    Pour l’heure, près de 2,5 milliards de DH ont été mobilisés par le gouvernement pour financer les zones logistiques du Grand Casablanca et améliorer leur connectivité. La première tranche de la plateforme de SNTL de Zenata sur 14 ha est déjà construite. Une deuxième est en cours de construction

    APRÈS deux ans de retard, l’opérationnalisation de la feuille de route logistique devrait redémarrer suite à la nomination de Younes Tazi à la tête de l’Agence marocaine pour le développement de la stratégie logistique (AMDL). L’agence devrait récupérer la base de travail qui avait été élaborée par la task-force dédiée.
    Organisme de gouvernance, mais aussi de régulation, l’AMDL devrait poursuivre les efforts visant la mobilisation des zones logistiques à travers le Royaume.
    Pour l’heure, c’est le Grand Casablanca qui est bien nanti. La tutelle a finalisé les études relatives aux plateformes de l’Agence nationale des ports (ANP) et de l’Office national des chemins de fer (ONCF) dans la zone logistique de Zenata.
    L’objectif étant de réaliser une première tranche sur une superficie de 200 ha.
    Toujours au niveau de la région, il est question de créer une société de gestion commune entre l’ONCF, l’ANP, la SNTL et l’AMDL. Une structure qui sera chargée de la finalisation du plan technique et des étapes de réalisation de la zone, l’orientation des travaux pour les parties communes, la commercialisation institutionnelle de la zone et l’exploitation des services communs.
    Afin d’alléger la circulation dans le centre-ville de Casablanca, la zone logistique de Zenata sera connectée au port via une voie express. Le travaux de construction du tronçon maritime ont déjà été lancés. Près de 2 kilomètres de route sur 5ont déjà été gagnés sur la mer. Mais c’est le tronçon terrestre qui tarde encore. «les études et le montage financier sont en cours d’élaboration pour permettre le lancement des travaux dans les plus brefs délais», explique Younes Tazi, DG de l’AMDL. En dépit des assurances de la tutelle, le chantier risque de ne pas être facile vu la multiplicité des intervenants et les engagements financiers. Toujours est-il qu’une fois la voie express achevée, elle permettra aux poids lourds d’aller directement et de revenir de la zone logistique de Zenata sans passer par le centre-ville. L’Agence tentera de convaincre les opérateurs privés dans la logistique. Mais l’implication du privé doit maintenant monter en gamme. La SNTL, l’ONCF doivent bientôt lancer un appel d’offres pour la mise en location aux opérateurs privés des 9 entrepôts construits à Zenata et MITA, d’une superficie variant entre 4.000 et 6.000 m2.
    Après la signature du contrat-programme lié à la plateforme logistique du Grand Casablanca (978 ha), l’enjeu porte maintenant sur la mobilisation d’une réserve foncière de 1.100 ha dans les régions de Tanger-Tétouan, Meknès-Fès, Rabat-Kenitra et Agadir. L’AMDL, la Commission logistique et les antennes régionales de la CGEM ont tenu plusieurs réunions. L’objectif étant d’identifier le foncier, le type de flux, les intervenants…Outre les contrats d’application des plateformes logistiques régionales, l’AMDL et la CGEM planchent également sur l’élaboration des feuilles de route dédiées à la formation et au commerce extérieur. Quid du financement ? Selon les estimations du gouvernement, près 63 milliards de DH seront nécessaires pour financer l’opérationnalisation de la stratégie logistique. 18 milliards proviendront de l’Etat. Le reste devant être financé par les opérateurs privés. Or, ces derniers ne s’empressent pas. «Faute de visibilité, je ne compte pas investir», affirme un opérateur. Le gouvernement doit donc donner un signal pour rassurer les investisseurs privés.
    Pour l’heure, la totalité des multinationales ont déjà externalisé leur logistique, car c’est une fonction ancrée dans la pratique de leur maison-mère.
    «L’Etat est en train de construire des plateformes logistiques, mais il sera difficile de les louer entièrement. En effet, jusqu’à présent, presque toutes les multinationales ont externalisé la fonction logistique, mais les nationaux tardent encore à leur emboîter le pas», explique un expert en logistique, qui estime à 80% la part du marché du privé national (importateurs et producteurs).
    De l’avis du logisticien, les chefs d’entreprises nationaux ne vont pas s’empresser à sous-traiter leur logistique du fait de la prévalence de l’informel, y compris chez les grands groupes. Or, l’externalisation de la logistique permet d’avoir de la transparence sur toute la chaîne, depuis la prise en charge de la marchandise jusqu’à sa livraison, en passant par la gestion des flux, le contrôle des dates de péremption, l’emballage, la comptabilité, l’encaissement… Et c’est justement ce qui risque d’empêcher les opérateurs économiques, champions nationaux du paiement en espèces, des fausses factures et du black, de confier leur logistique à une tierce personne. Par conséquent, toutes ces zones logistiques en construction risquent de rester vides. Sinon, le gouvernement devrait interdire le maintien des dépôts dans les quartiers résidentiels ainsi que la circulation des poids lourds et des containers au centre-ville. L’exemple le plus éloquent étant  celui de Derb Omar à Casablanca. Avec la fermeture des entrepôts dans les quartiers d’habitation, les commerçants ainsi que les industriels seront obligés de déménager dans les zones logistiques. Ce qui aura, par la même occasion, un effet structurant en termes de transparence et de lutte contre l’informel. Tant que ces opérateurs seront autorisés à livrer leurs marchandises en catimini au point de vente, à les entreposer dans des dépôts clandestins.

    61.000 profils à former

     

    QUELQUE 61.000 profils sont nécessaires pour la réalisation des objectifs de la stratégie logistique à moyen terme. Un défi, sachant que les compétences se font rares dans tous les secteurs. Heureusement, l’offre de formation dans le domaine ne cesse de s’étoffer dans les écoles et universités. L’Ofppt, par exemple, prévoit cette année de former près de 3.160 stagiaires. Le contrat-programme de la logistique, pour sa part, prévoit la mise en place de 19 filières spécialisées. Il faut dire aussi que les métiers de la logistique, très demandés par les entreprises, sont plutôt bien rémunérés, ce qui ne manquera pas d’attirer de plus en plus de profils. D’après l’enquête L’Economiste-Sunergia, le salaire brut annuel moyen d’un cadre en logistique est de près de 427.100 DH (voir L’Economiste du 8 janvier 2013).

     

    Hassan EL ARIF

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