×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

×

Message d'erreur

  • Notice : Undefined variable: user dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1236 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Trying to get property of non-object dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1236 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Undefined index: visite dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1246 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Undefined index: visite dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1250 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
Régions

Rabat-Salé: Le tramway qui a chamboulé les habitudes de déplacement

Par L'Economiste | Edition N°:3954 Le 23/01/2013 | Partager
Il a permis de désengorger la circulation
L’activité à la marina de Bouregreg boostée
La communication à l’intérieur du tram insuffisante

La mise en marche du tramway a amplifié l’affluence des citoyens vers certaines zones de la ville, comme la marina, devenue un véritable espace d’animation. Le pont Moulay Hassan reliant les deux rives du Bouregreg est également considéré comme un joyau architectural, améliorant l’aspect esthétique de cet espace

RABAT, lundi matin, dans un froid glacial, les nombreux usagers battent la semelle pour se réchauffer, en attendant l’arrivée de la première rame du tramway à son point de départ, Madinat Al Irfane. Une station au cœur du campus universitaire de la capitale. Mais il n’y a pas que les étudiants mal réveillés qui patientent. Ahmed Doulfaqar, en manteau noir, descend de sa voiture qu’il vient de garer à une centaine de mètres de là. Il a vite compris l’intérêt d’abandonner son véhicule à l’entrée de la ville et de se rendre à son travail sans subir les affres de la circulation. «Le tram m’évite les éternels embouteillages. Surtout que je viens tous les jours de Témara. Certains matins, je passe plus d’une heure sur la rocade. Pour moi c’est un véritable soulagement», confie ce fonctionnaire du ministère des Finances. Zineb Younsi est dans le même cas. Elle préfère garer sa voiture au parking et emprunter le tram pour se rendre à son stage ou faire ses courses dans la médina. «Non seulement c’est pratique, mais si on fait bien le calcul, entre le prix de l’essence et le paiement des horodateurs dans le centre-ville, le tram revient moins cher», précise cette jeune femme dynamique.
Chaimae Moussaoui vit à Salé mais étudie à l’Ecole nationale d’architecture, à l’autre bout de l’agglomération Rabat-Salé. Autrefois habituée de l’autobus, aujourd’hui elle ne dissimule pas sa satisfaction des bienfaits que procure le transport par tramway. «Les rames passent toutes les 10 minutes. Et ponctuelles, en plus! Cela m’a éloignée de l’autobus où je ne me sentais pas en sécurité», lance cette architecte en herbe qui rêve d’ouvrir son propre cabinet.
D’ailleurs, la société qui gère le tram est sensible à cette question. Ainsi, comme mesure de sécurité, elle a placé des systèmes d’alarme à proximité de chaque porte de sortie, avec des postes de communication permettant de contacter rapidement les agents de contrôle.
Cet engouement pour ce mode de transport collectif explique pourquoi les indicateurs de la société sont au vert. Ainsi, le chiffre d’affaires de la Société du tramway Rabat-Salé est estimé à 115 millions de DH. Ce montant servira à couvrir les frais d’exploitation. Et pour cause, le tram enregistre pas moins de 90.000 usagers par jour contre 40.000 pour les six derniers mois de l’année écoulée. D’ailleurs, la direction cherche à optimiser la fréquentation du tram pour atteindre 180.000 voyageurs par jour. C’est la condition pour améliorer la situation financière de l’entreprise. Elle veut également accroître ses recettes via l’extension du réseau vers les quartiers de Yakoub Al Mansour, Hay Fath et Sala Al Jadida. La ville de Témara n’est pas exclue du projet. Dans ce sens, des études seront prochainement lancées.
Les retombées économiques de ce mode de transport ne sont pas encore mesurées. Mais déjà, celui-ci fait le bonheur des commerçants de la marina de Bouregreg. «Le site est mieux desservi. Le tram a vraiment eu des effets sur les recettes. Avant, les clients venaient rarement, faute de moyen de transport», se frotte les mains ce gérant de café qui a vu son chiffre d’affaires grossir. Les commerçants de la zone louent également ses qualités esthétiques. «La nuit, avec ses lumières, le tram paraît beau, moderne! Visiblement, les clients trouvent du plaisir à le voir passer», rappelle le même tenancier. D’ailleurs, Fatema et sa fille de trois ans viennent souvent à la marina de Bouregreg via le tram qu’elles prennent à Bab Rouah. Le mauvais temps ne les empêche pas d’aller respirer l’air marin de la marina. «Le tram est le meilleur moyen pour s’y rendre. D’autant plus que cela revient moins cher que de prendre la voiture. Même chose le soir où la fréquence des rames ne change pas», précise la maman.
L’arrivée du tramway a même changé les habitudes des «navetteurs». Dans le tram, pendant que certains regardent le paysage défiler ou simplement bavardent avec le voisin, d’autres profitent du trajet pour lire. Mais ils ne sont pas encore nombreux à se donner à ce loisir. «Les usagers lisent très peu. Ils ne dépassent pas la dizaine par jour», déplore un contrôleur.
D’autres témoignages d’usagers abondent dans le même sens. Ils confirment des impressions déjà formulées: depuis sa mise en service en juin 2011, ce moyen de transport a beaucoup changé le quotidien des citoyens. Pourtant, il avait suscité de la réticence dans les salons rbatis, et même chez les taxi-drivers de la capitale et ceux qui assurent la liaison entre les deux villes jumelles. Ils craignaient l’impact négatif sur leur chiffre d’affaires quotidien. Cela correspond, d’ailleurs, aux points sombres qui entachent ce tableau. Aujourd’hui, le chamboulement qui a accompagné les travaux du tramway fait jaser des commerçants. Certains avancent que leur activité a régressé depuis la mise en marche du tramway. Abdessamad, propriétaire d’une boutique de cosmétique à Moulay El Hassan, au centre-ville, estime qu’il est devenu trop compliqué de se garer dans le coin. «La ligne du tramway a grignoté des espaces sur plusieurs boulevards. C’est dur pour le client de venir faire ses courses ici et de rentrer ensuite avec tous ses cabas en tramway. D’autant plus que c’est interdit aux heures de pointe», désapprouve-t-il.
Du côté des usagers, on déplore l’inaccessibilité du tram aux heures de pointe. «Si je rate celui de 7h20, les suivants sont toujours bondés. J’ai donc moins de chances de pouvoir monter. Car les portes du tram ferment rapidement», déplore Nisrine, étudiante à la faculté de médecine.
Un autre usager relève les difficultés rencontrées pour recharger l’abonnement qui expire. «Il y a une seule agence où il est possible de le faire. Or, la queue est si longue que, parfois, il faut attendre son tour plus d’une heure. Et on est même pas sûr de passer!», raconte cet employé,  habitant Salé. En réalité, les abonnés ont accès à ce service via les distributeurs de tickets installés dans chaque station. «Mais tout le monde ne sait pas manipuler la machine. On manque de repères», dit-il. Autre problème soulevé: l’insuffisance de communication à l’intérieur des rames. «Parfois le tram s’arrête et on ne communique pas sur les causes de cet arrêt. Du coup on est obligé de rester à l’intérieur à cause des portes qui restent fermées», fait savoir la même source. Aujourd’hui, ils sont  près de 24 millions de voyageurs à l’avoir adopté.
Le tramway de Casablanca, qui vient d’être mis en service, connaîtra-t-il le même succès ? Réponse dans les prochains mois.

Accidents mortels

LE tramway n’a pas échappé aux accidents de circulation. Ils se produisent principalement dans les zones d’embouteillages et les quartiers surpeuplés. En mai dernier, une femme a été fauchée alors qu’elle voulait enjamber le câble qui relie les deux rames. Dernièrement, le tram est entré en collision avec une voiture dont le chauffeur n’avait pas respecté la signalisation. Ces accidents, qui ont principalement pour cause le manque de vigilance de la part des citoyens, devraient interpeller les responsables. Car, pour le moment, les citoyens attendent davantage de mesures de sécurité. Car, même les agents de sécurité, qui se trouvaient à chaque carrefour pour libérer la voie au tramway, ont disparu.

 

Code de la route

EN plus des passagers, les usagers de la route doivent, eux aussi, cohabiter avec la nouvelle «bête». Ils doivent prendre en considération les panneaux de signalisation implantés sur les lignes du tram. Même les auto-écoles de la région ont dû les prendre en compte dans leurs cours de conduite. Un moniteur d’auto-école l’a confirmé. «Les questions concernant les voies où circule le tram ont fait leur apparition à l’épreuve du code de la route. Nous faisons même en sorte de conduire nos élèves à proximité du tramway», déclare-t-il.

 

Hajar BENEZHA

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc