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Analyse

L’ambassadeur de l’UE au Club de L’Economiste
Le libre-échange résistera aux pressions

Par L'Economiste | Edition N°:3954 Le 23/01/2013 | Partager
Les restrictions budgétaires n’impacteront pas les aides au développement
L’économie marocaine a besoin de l’Union maghrébine pour attirer les IDE

Eneko Landaburu a tenu à rassurer quant au maintien des relations commerciales avec le Royaume. Il juge l’appui à la compétitivité des entreprises européennes plus durable que le protectionnisme

Eneko Landaburu, ambassadeur de l’Union européenne, ne veut pas entendre parler de protectionnisme. «La politique protectionniste serait contraire aux principes mêmes sur lesquels a été fondée l’intégration régionale des pays de l’UE. Et le libre-échange est une des conditions de base de l’Union», martèle le diplomate pour qui les subventions aux exportations représentent un véritable désastre. En dépit des protestations des syndicats européens concernant les accords agricoles et de pêche conclus avec le Maroc, le libre-échange, par son pouvoir à développer de plus grandes capacités concurrentielles et compétitives, reste essentiel pour l’Union, même s’il lèse les intérêts sectoriels. «Pour sortir de la crise, les pays européens n’ont d’autre choix que l’ouverture de leurs marchés», rappelle-t-il, ajoutant que s’il comprenait la douleur des «indignés», il fallait se rendre à l’évidence des exigences économiques mondiales. Une zone de libre-échange complet et approfondi est primordiale aux yeux de l’UE, qui y voit un moyen efficace de renforcer les liens politiques et économiques avec le Maroc. Actuellement, des négociations sont en cours avec le Royaume. L’ALE devrait permettre une meilleure accessibilité des produits marocains sur le marché communautaire, mais cela suppose un alignement progressif sur les règles et pratiques de l’Union, et exige une ferme volonté d’entreprendre des réformes à la fois complexes et étendues, lesquelles nécessitent de solides capacités institutionnelles, comme l’indique la politique de voisinage. Cet accord comprend, outre l’actuelle zone de libre-échange, la signature de deux autres accords: le premier concerne la pêche et le second les services. Ce projet va au-delà du concept traditionnel de libéralisation des échanges commerciaux et, outre la suppression totale des droits de douane sur le commerce des marchandises, il comprend des mesures qui faciliteront l’investissement et l’intégration de l’économie marocaine dans le marché intérieur européen. De nombreuses normes réglementaires ont déjà été mises en place en matière de sécurité sanitaire, alimentaire, celles concernant les marchés publics ou encore la lutte contre la contrefaçon. L’ALE porte également sur la réduction/suppression des barrières non tarifaires, la libéralisation du régime d’investissement, du commerce, des services et une vaste harmonisation mutuelle des différentes réglementations et institutions liées au commerce et à l’investissement.
En matière d’intégration, rappelle Landaburu, le Maroc, à l’instar de nombreux pays dans le monde, ne pourra plus faire cavalier seul. Une union maghrébine est, à terme, une condition indispensable «pour que le pays puisse assurer son ambition de devenir économiquement plus fort et de développer des politiques sociales». Au-delà des avantages politiques de l’Union, et des vertus des possibles projets communs en termes d’énergie ou de recherche par exemple, Landaburu y voit une exigence de l’économie de marché. Il explique que le Maroc a besoin d’investissements étrangers pour appuyer son effort de croissance et de modernisation, et que ces investissements ne viendront pas en proportions nécessaires à cet objectif sans un marché plus grand. «30 millions de citoyens, avec des niveaux de vie relativement bas, ce n’est pas intéressant pour les investisseurs», estime-t-il. Tandis qu’un marché de 100 millions de personnes, lui, peut être un argument de poids pour attirer les IDE. Mais le Maroc a des questions à régler en interne pour réaliser ses ambitions. Eneko Landaburu explique que cela ne sera pas possible sans un «effort colossal» de modernisation de l’appareil productif du Maroc. Cela passe d’abord par la réforme de la justice, car son efficacité est une condition sine qua non. Autrement, les agents économiques ne prendront pas le risque de venir en sachant que le moindre problème peut se retourner en leur défaveur. Il faudra que ces efforts concernent aussi la transparence, pour éviter de rebuter un bon nombre d’investisseurs. Eneko Landaburu préconise aussi «l’application des différents plans de modernisation qui ont été mis en place par l’ancien gouvernement et par l’actuel», que ce soit les plans d’émergence ou des programmes d’agriculture.

 

Budget

LA crise européenne aura-t-elle raison de sa politique extérieure? Landaburu se dit optimiste quant au budget (maintenu à l’identique ou en légère augmentation) qui y sera affecté. On ne peut pas en dire autant du budget global de l’UE qui, lui, sera légèrement révisé à la baisse, s’établissant à quelque 100 milliards d’euros. Il y a un consensus du Parlement européen pour ne pas réduire les efforts financiers en matière de politique extérieure et d’aide aux pays défavorisés, mais plutôt de réviser les proportions accordées aux accords agricoles.

Rime AIT EL HAJ &
Abdessamad NAIMI

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