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Culture

Dans l’univers fantastique de Talal Selhami

Par L'Economiste | Edition N°:3952 Le 21/01/2013 | Partager
Le désert marocain, toile de fond du film «Mirages»
Un long métrage qui s’interroge sur les tiraillements de la société
Un prix au festival de Bruxelles

Talal Selhami, cinéaste : «Jusqu’où est-on prêt à aller pour avoir aujourd’hui notre place dans la société ? C’est la question
que je pose au public via l’épopée de 4 jeunes dans le désert»

4 hommes, une femme et un objectif: décrocher un emploi dans la multinationale Matsuika. Saïd, Jamal, Hicham, Samir et Assia vont devoir entrer en compétition pour mériter cet emploi. Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’était d’être abandonnés en plein désert, totalement livrés à eux-mêmes, sous un soleil de plomb faisant ressurgir leurs plus fortes angoisses.

Voici l’univers dans lequel nous plonge Talal Selhami qui, avec Mirages, signe son premier long-métrage, déjà primé au festival du film fantastique de Bruxelles.

 

- L’Economiste: A tout juste 30 ans, vous réalisez votre 1er long-métrage. Pouvez-vous nous raconter votre parcours de cinéaste?
- Talal Selhami: J’ai commencé à faire de la mise en scène au lycée, en amateur surtout. N’étant pas un élève assidu, cette passion m’a beaucoup rassuré. Par la suite, j’ai fait des études de cinéma à la Sorbonne où j’ai énormément appris. J’ai commencé par réaliser des courts-métrages dont un qui a plutôt bien marché: «Sinistra». Avec un budget de près de 800 euros, ce court-métrage d’une vingtaine de minutes était très inspiré des Contes de la Crypte. J’ai également réalisé un spot de sensibilisation : «Partir en fumée», pour la Ligue contre le cancer. Un projet chapeauté par mon université avec la participation d’Arte et du ministère français de la Santé. Pendant mes vacances, je rentrais souvent au Maroc où je faisaisdes stages avec Nabil Ayouch (publicités, séries…).

C’est d’ailleurs lui qui m’a proposé de réaliser mon premier long-métrage.
- Justement,  comment est né ceprojet de réalisation?

- Nabil Ayouch projetait de produire  une série de films, il m’a alors proposé de faire partie de l’aventure. J’avais plein  de sujets en tête et de là est sorti le pitch de Mirages qui, avec une enveloppe de 100.000 euros et une quinzaine de jours pour le tournage, collait le plus en termes de faisabilité. Ensuite, on est parti sur 6 mois d’écriture avec Christophe  Mordellet.
On a tourné le film dans le désert d’Ouarzazate. La lumière y est extraordinaire et c’est, à mon avis, l’une des plus belles au monde. Le point de départ de ce film est le destin de ce jeune chômeur diplômé en médecine qui s’était immolé sur la place publique à Rabat. D’ailleurs, la scène d’ouverture de « Mirages » devait y faire référence mais on a jugé que c’était  trop choquant.
- Quel message souhaitez-vous véhiculer à travers ce film?
- « Mirages » est avant tout un film de divertissement. Mais comme bien des réalisateurs tels que Joe Dante (réalisateur de Gremlins, Small Soldiers…), le divertissement n’empêche pas de s’intéresser à la société. Les mirages sont les  symptômes de cette schizophrénie marocaine quand le désert est une allégorie de la société.
L’idée était de présenter un Maroc tiraillé entre sa culture, ses valeurs et la confrontation à l’autre via l’ouverture industrielle… En gros, la question posée dans «Mirages » est: jusqu’où est-on prêt à aller pour avoir aujourd’hui notre place dans la société ? Ce n’est pas un film anti-capitaliste mais plus un constat de toutes nos angoisses.

- Quels sont vos projets?
- J’ai beaucoup de projets. J’aimerais, entre autres, réaliser un film au Maroc. Un film d’horreur, cette fois un peu plus assumé. Sinon j’ai aussi des projets à l’international. Il s’agit de films plus coûteux qui ne se feront pas tout de suite. J’ai appris à multiplier les projets afin d’éviter d’être déçu. C’est très dur quand on se concentre sur un projet et qu’il ne marche pas finalement. C’est aussi une grande perte de temps. Sinon dans l’immédiat, je vais tourner un épisode dans une anthologie de films fantastiques. Celle-ci est composée de plusieurs épisodes produits par des réalisateurs différents. C’est la suite du film TheTheater Bizarre, une co-production franco-américaine. On devrait commencer le tournage dans les 3-4 mois à venir.
- Comment voyez-vous l’industrie du cinéma au Maroc?
-En général, le public marocain soutient les films nationaux en salle. Pour preuve: «Road to Kabul» est encore dans les salles six mois après sa sortie. «Casanegra » et «Zero» ont beaucoup de succès. On verra ce qu’il adviendra du mien, j’aurai bientôt les chiffres.
Cependant, il y a encore beaucoup à faire pour développer l’industrie du cinéma. Il faut clarifier les statuts des comédiens, leurs fourchettes de salaire… Mais, dans l’ensemble, c’est en marche. Il y a des tas de jeunes réalisateurs, pleins de talent et d’ambition, qui arrivent sur le marché. Il faut prendre le risque de les soutenir.


Propos recueillis par Sanaa EDDAIF

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