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Economie

Echanges extérieurs: Le déficit commercial caracole à 23,8% du PIB

Par L'Economiste | Edition N°:3952 Le 21/01/2013 | Partager
197 milliards de DH en 2012
La facture énergétique a atteint près de 104 milliards de DH
Avec les ventes de l’OCP en stagnation, les exportations n’ont progressé que de 4,7%

Le déficit commercial a dépassé 197 milliards de DH en 2012, soit 23,8% du PIB. En l’espace de 10 ans, il a été multiplié par 4,5

Le déclin du commerce extérieur semble bien se confirmer. Le déficit commercial a dépassé 197 milliards de DH en 2012, soit 23,8% du PIB. Mais, «ce n’est pas une fatalité», pense Abdelkader Amara, ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies (cf. www.leconomiste.com du 12 décembre 2012). Certes le Maroc n’est pas exportateur de pétrole, ce qui fait qu’il doit payer une facture énergétique de près de 104 milliards de DH suite à la flambée du prix du pétrole. Le cours moyen du baril s’est établi à plus de 111 dollars en 2012 en hausse de 11 dollars par rapport aux hypothèses de la loi de Finances. Or, un renchérissement de 1 dollar du prix du pétrole équivaut à une hausse de 900 millions de DH de la facture pétrolière. Pour la loi de Finances 2013, le gouvernement a retenu un cours moyen de 105 dollars.
A moins d’un retournement de tendance au niveau des cours (le baril de brent cote actuellement autour de 110 dollars), la facture énergétique pourrait être encore très salée. En attendant que les nombreuses explorations pétrolières aboutissent aux résultats espérés, il faudra faire mieux que les 4,7% de croissance des exportations l’année dernière pour limiter les dégâts. Les expéditions à l’étranger ont totalisé 183 milliards de DH. A côté de certains pays similaires, le Maroc est le seul pays à avoir un déficit commercial supérieur au total de ses exportations. L’OCP qui est la principale locomotive à l’export a réalisé une année moyenne. Les ventes de phosphates et dérivés ont pratiquement stagné par rapport à 2011 à 48,5 milliards de DH. Les exportations d’huile de pétrole et de conserves de poissons ont enregistré des hausses à deux chiffres, mais leur poids reste insignifiant. 
La diversification de l’offre exportable marocaine mais surtout la compétitivité des entreprises exportatrices a suscité beaucoup de commentaires et donné lieu à l’organisation de plusieurs rencontres, mais aucune réelle feuille de route pour booster l’export n’est ressortie jusqu’ici. En outre, certains plans sectoriels montrent leurs limites. Pour les experts, la proximité de la clientèle et des marchés d’intervention est très importante. Ensuite, il faut être bon et prêt. Pas sûr que les entreprises locales remplissent totalement les deux dernières conditions. Elles peinent à exister sur les marchés signataires d’un accord de libre-échange avec le Maroc notamment. Aujourd’hui, elles craignent d’être bousculées sur leur marché domestique face à l’afflux des entreprises européennes en raison de la dégradation de l’environnement économique en Europe. Beaucoup appellent  à la mise en place de mesures protectionnistes.
Le Maroc a certainement mal négocié les accords de libre-échange, mais un retour en arrière est peu probable. Face au principal partenaire économique en quasi récession, les opérateurs payent dans une certaine mesure leur manque d’audace pour prospecter de nouveaux marchés. Avec la crise, le potentiel de l’Afrique comme relais de croissance s’est décuplé aux yeux de plusieurs opérateurs. Mais, le continent n’absorbe que 10% des exportations du Royaume. Il faudra encore quelques années pour que les échanges avec le reste du continent contribuent réellement à la croissance économique.

La dégradation des échanges extérieurs

se traduit aujourd’hui par l’érosion des réserves

de changes. Elles couvrent moins de quatre mois

d’importations de biens et services

Au niveau des autres postes, les recettes touristiques et les transferts en provenance de l’étranger ne permettent plus de combler les trous comme par le passé. Les recettes de voyages ont reculé de 1,6% à 58 milliards de DH. L’activité s’en tire bien dans un contexte marqué par la montée de la concurrence de certains pays d’Europe du Sud où la crise a contribué à la baisse des prix. Les transferts des MRE, eux, sont ressortis à 56 milliards de DH en baisse de 4%. Les recettes au titre des investissements et prêts privés étrangers ont également baissé de 2% à 29,8 milliards de DH. La dégradation des échanges extérieurs se traduit aujourd’hui par l’érosion des réserves de changes. Elles couvrent moins de quatre mois d’importations de biens et de services. La poursuite de sa détérioration pourrait réveiller de vieux démons.

 

F. Fa.

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