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Evénement

Politique de voisinage
L’Europe révise sa copie

Par L'Economiste | Edition N°:3952 Le 21/01/2013 | Partager
Un nouveau cadre de références sous l’influence du printemps arabe
Le futur plan axé sur le dialogue politique, la mobilité des personnes et des biens
Eneko Landaburu, ambassadeur de la Commission Européenne au Club de L’Economiste

Invité au Club de L’Economiste Eneko Landaburu, n’a pas hésité à reconnaître «l’échec relatif» de la politique extérieure de l’Europe avant le printemps arabe

«Nous ne sommes pas des instituteurs qui donnons des notes si les objectifs ne sont pas atteints. Ce n’est pas une approche néocolonialiste». Invité au Club de L’Economiste du 18 janvier, Eneko Landaburu, l’ambassadeur de la Commission Européenne au Maroc, fait le point sur l’état d’avancement des programmes menés en collaboration avec le Royaume, sans réserves. Et pour lui, il s’agit bien de bilan d’étape du plan d’actions afin de mesurer les progrès réalisés dans les différents secteurs dans lesquels participe la Commission Européenne, et non pas d’un cinglant réquisitoire contre les retards, avec éventuellement la suppression des appuis financiers. Ce bilan est autrement plus important car il prend en considération la révision du positionnement de la Commission Européenne, après le printemps arabe et dans lequel le soutien à la démocratisation de la société civile et l’appui à la création d’emplois, dominent.
Allusion est faite à l’ancienne attitude de l’UE, qui en contrepartie d’un contrôle du flux migratoire, de la stabilité de la région et du maintien de la sécurité, fermaient l’œil sur les pratiques des régimes autoritaires. «Un échec relatif», admet Landaburu.
Toutefois, une lueur d’appréciation dans le regard, l’ambassadeur évoque un premier domaine où tout semble se dérouler comme il faudrait: Le dialogue politique où des avancées notables ont été réalisées. A cet effet, une commission permanente réunissant les parlementaires marocains et européens a été mise en place, ainsi qu’une structure regroupant le Conseil économique, social et environnemental marocain et le CES européen. L’objectif est de permettre une «meilleure appréhension des enjeux des partenariats négociés», mais aussi et surtout de faire le point sur les obstacles qui reviennent dans la mise à niveau du climat des affaires au Maroc. Et c’est là que le bât blesse. Le Royaume n’est en effet pas encore au diapason des attentes européennes en la matière, notamment au niveau de la sécurité juridique. Les investisseurs européens redoutent l’inefficacité de la justice malgré «l’arsenal juridique réformé». Landaburu évoque d’ailleurs un «point négatif» concernant la convergence réglementaire. Et si l’ambassadeur reconnaît l’existence de textes «obsolètes et incohérents» dans la législation européenne, il suggère néanmoins de faire un tri sur les règlements et directives pouvant inspirer le législateur marocain. D’ailleurs dans le futur plan d’actions qui devrait être rendu officiel «dans les prochaines semaines», ce sont 80 millions d’euros qui seront mis à disposition au Parlement marocain pour une «plus grande capacité de formulation des lois». Le jumelage avec le Secrétariat Général du Gouvernement est aussi au programme, avec la mise en place d’une équipe technique de juristes européens. D’autres pistes non moins importantes sont également explorées, principalement la libre circulation des biens et des personnes. Il s’agit respectivement de l’ALE approfondi qui devra garantir un accès plus facile des produits et services marocains sur le marché communautaire (au-delà des accords agricole et de la pêche) et un programme de mobilité révisé de façon à respecter «la dignité» des migrants légaux et illégaux qui représentent une lourde charge économique pour les pays de l’UE.
Par ailleurs, un premier sentiment de satisfaction se dégage déjà concernant les résultats définitifs de la politique de voisinage qui seront dévoilés en mars prochain: «le Maroc est dans le vrai, et essaie sincèrement et honnêtement de changer les conditions de vie des citoyens, de moderniser son appareil productif et de réformer ses politiques», souligne l’ambassadeur. Là où le gouvernement récolte aussi des bons points, c’est dans sa capacité à avoir réussi à maintenir une croissance forte en dépit du marasme économique mondial. Et dans une moindre mesure, on reçoit aussi quelques applaudissements pour la lutte contre l’analphabétisme, la scolarisation des filles en milieu rural ou encore l’énergie, secteurs dans lesquels la coopération est la plus active.

Loin du compte

Le chemin vers la transparence est parsemé d’embûches. En matière de réformes plus lourdes, notamment celles concernant la démocratisation de la Justice, la lutte contre la corruption, l’Education ou encore la Santé, même si les constats ne sont pas expressément formulés, les résultats sont loin d’être à la hauteur des attentes de la Commission Européenne. D’ailleurs, à y regarder de plus près, ce sont toujours ces mêmes secteurs qui sont pointés du doigt par les organismes internationaux comme étant un frein au développement et qui valent au Maroc de bien piètres scores dans les charts mondiaux. «C’est au gouvernement de définir une stratégie et de la mettre en œuvre. Nous sommes là pour la soutenir», fait observer l’ambassadeur.

Radia LAHLOU et Abdessamad NAIMI

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