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Politique

Istiqlal Vs PJD: Chabat se lâche

Par L'Economiste | Edition N°:3943 Le 07/01/2013 | Partager
Il compare Benkirane à Morsi
Et se dit prêt à «affronter l’hégémonie du PJD»
Quel impact sur la majorité?

Le geste est éloquent, le verbe aussi. «Je ne veux pas Masranate al Maghrib (égyptianiser le Maroc). Je ferai tout pour éviter à mon pays de vivre l’expérience de l’Egypte, avec la domination d’un seul parti», s’exclame Hamid Chabat, visant ainsi le patron du PJD

La pilule du mémorandum de l’Istiqlal, remis au Chef de la majorité et aux patrons des partis alliés, n’est pas encore passée. Si sa présentation a créé l’évènement au sein de la classe politique, c’est beaucoup plus la sortie de Hamid Chabat lors de sa conférence de presse qui fait mal. D’abord à Abdelilah Benkirane, comparé au président égyptien Mohamed Morsi, qui est en train d’imposer «son diktat au pays, détournant ainsi les aspirations populaires». «Je ne veux pas Masranate al Maghrib (égyptianiser le Maroc). Je ferai tout pour éviter à mon pays de vivre l’expérience de l’Egypte, avec la domination d’un seul parti», s’exclame t-il. La phrase, dans la bouche de Hamid Chabat, claque comme une rafale de kalashnikov. En usant de mots à forte connotation dans l’imaginaire populaire, il s’en prend à «la volonté d’hégémonie du PJD».
Pour montrer sa liberté de manœuvre et son indépendance de décision, Chabat a rafraichi la mémoire de l’assistance, en rappelant un fait. Il avait, en effet, dans un passé récent, usé d’une métaphore similaire lorsqu’il s’était «opposé au parti qui voulait tunisianiser le Maroc», en référence au pays de Ben Ali. Il visait le PAM dans son apogée.
Au PJD, cette accusation, venant d’un allié de la majorité, est jugée «très grave». La riposte devra être du même gabarit si ce n’est plus, souligne un député. Mais, côté Benkirane, c’est le silence radio, pour le moment. On s’attendait à une réaction du Chef du gouvernement à l’occasion du lancement de la campagne de «Maroc des jeunes» vendredi dernier où il était attendu, mais il n’est pas venu. S’il ne réagit pas aujourd’hui ou demain, il le fera à coup sûr à la Chambre des conseillers mercredi à l’occasion de sa prestation mensuelle.
Avec la présentation et la médiatisation du mémorandum, Hamid Chabat a voulu mouiller tout le monde, y compris ses ministres. D’abord, mercredi dernier, le Comité exécutif et les ministres istiqlaliens ont validé à l’unanimité le contenu du mémorandum, a précisé Hamid Chabat. Ensuite, lors de la présentation du mémorandum à la presse jeudi dernier, il a tenu à ce que les membres du Comité exécutif soient présents. Les ministres notamment Youssef Amrani, Abdelatif Maâzouz et Fouad Douiri, s’étaient rangés derrière lui. Même le président de la Chambre des représentants Karim Ghellab a fait le déplacement.
Au PPS, cette question est inscrite à l’ordre du jour de son bureau politique, prévu ce mercredi. Sans préjuger de sa position, pour lui, «il n’y a pas d’urgence à procéder à un remaniement. Et d’ailleurs, une seule formation ne peut pas l’imposer. Il faut des consultations politiques et l’accord du Souverain». Mais, en attendant, c’est le PPS qui sera la première victime d’un remaniement qui tiendrait compte des résultats des élections de novembre 2011comme réclamé par l’Istiqlal. Dans cette hypothèse, le parti de Nabil Benabdellah devrait perdre au moins deux portefeuilles, vue son faible poids électoral. Avec 17 députés (il a perdu un siège en cours de route), il n’a pas assez pour conserver le groupe parlementaire. Au moment de la formation du gouvernement, Benkirane, pour éviter que le PPS n’apparaisse comme celui qui occupera des strapontins, lui avait proposé 4 ministères. Une façon de calmer les contestations à l’intérieur du parti qui ne voulaient pas que Benabdellah s’engage dans cette expérience. Aujourd’hui, le vent semble tourner. Quoique le PPS partage avec Chabat plusieurs critiques formulées contre le Chef du gouvernement. En effet, il a été le premier parti politique de la majorité à épingler le gouvernement sur l’absence de coordination, sur la nécessité d’accélérer le rythme de travail et d’implémenter la Constitution.

Casse tête

Aujourd’hui, avec ce coup de semonce de Chabat, dans quel état est la majorité? Mal en point certes, mais, que faire demain? Chabat avait déjà abordé son dossier revendicatif avec Benkirane qui lui avait demandé un écrit. Maintenant, c’est chose faite. Alors, de quelles marges de manœuvre dispose le Chef du gouvernement pour éteindre ce feu qui a pris en lui puisqu’il a été comparé à Morsi? Difficile de se tourner vers les partis d’opposition. Le RNI, l’USFP et le PAM n’accepteront pas de siéger avec le PJD. C’est un vrai casse-tête pour Benkirane. D’autant plus qu’il ne s’agit plus que d’un remaniement. C’est un style de gouvernance qui est exigé.

Mohamed CHAOUI

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