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Dialogue social: Plus de visibilité, mais rien de concret

Par L'Economiste | Edition N°:3943 Le 07/01/2013 | Partager
Chabat et Amaoui ont boudé la réunion de la commission de concertation
Des rencontres avec les centrales ce mois-ci sur les questions prioritaires
Benkirane a présenté le calendrier des grands chantiers sociaux

En convoquant une réunion de la nouvelle commission de concertation, Abdelilah Benkirane a voulu épargner à son gouvernement une rentrée sociale tendue. En mettant en place une nouvelle méthodologie des négociations, il a gagné un peu de temps en rassurant les centrales syndicales sur la visibilité des mesures à entreprendre

Benkirane remet le dialogue social en selle. Après les tensions lors des dernières réunions avec les principales centrales syndicales, le chef du gouvernement a réuni les partenaires sociaux dans le cadre de la haute commission de concertation, vendredi dernier. Et tout le monde était là. Outre Benkirane et Mohand Laensar, les ministres du Budget, de l’Emploi, de la Fonction publique et de l’Artisanat, ont fait le déplacement pour s’enquérir des doléances des syndicats. La présidente de la CGEM, Miriem Bensaleh était également de la partie. Les syndicats étaient représentés par leurs patrons, notamment Miloudi Moukharik pour l’UMT, et Abderrahmane Azzouzi pour la FDT. En revanche, Hamid Chabat, SG de l’UGTM, et Noubir Amaoui, patron de la CDT, se sont fait représenter par des membres du bureau de leurs centrales. S’agit-il d’un autre pied de nez des deux mastodontes du syndicalisme? Pour Chabat, coutumier du fait, la symbolique compte énormément dans le domaine politique. D’ailleurs, pour marquer son refus d’un ministère des Finances bicéphale, il n’avait écouté que la présentation du projet de loi de Finances de Nizar Baraka, pas celle de Driss Azami.
Toujours est-il, cette réunion de la haute commission de concertation est un premier pas pour dépasser les divergences qui ont conduit au blocage du dialogue social.
Benkirane a appelé les centrales syndicales à lui transmettre les dossiers qui nécessitent des interventions urgentes. Il consacrera à chacun des syndicats, des réunions dédiées afin de débattre des questions qu’ils considèrent comme étant prioritaires. Mais pas sans warning: Benkirane insiste lourdement sur le contexte difficile que traverse le pays et qui doit être pris en considération dans les négociations. Il a été appuyé en cela par ses ministres du Budget, de l’Emploi et de la Fonction publique. Le premier a rappelé le coût des engagements du gouvernement dans le cadre de l’accord du 26 avril 2011. Les deux autres ministères ont quant eux souligné l’avancement des réalisations. Le staff gouvernemental a également proposé un plan d’actions pour concrétiser, les points en suspens.
Une réunion censée apaiser les tensions et relancer les négociations dans un esprit plus serein et plus coopératif. Benkirane a ainsi proposé de créer la commission de concertation, présidée par lui-même, et regroupant des représentants des partis de la majorité, des patrons des centrales syndicales et la présidente de la CGEM. Cette nouvelle instance devra se réunir en alternance avec la haute commission du dialogue social, afin de faire le suivi de la réalisation des engagements du gouvernement. Encore une fois, les différentes parties prenantes ont insisté sur l’importance de l’institutionnalisation du dialogue social, à travers la tenue de deux sessions annuelles, en présence du gouvernement, des syndicats et de la CGEM. Les syndicats seront également impliqués dans les grands chantiers sociaux, comme la réforme du système des retraites. Benkirane a présenté aux représentants syndicaux le calendrier des réunions relatives à ces grands chantiers. Ainsi, la commission nationale de réforme des retraites tiendra une réunion le 23 janvier prochain. En février, la commission de concertation se réunira pour examiner les rapports relatifs aux lois des élections professionnelles pour les secteurs public et privé. La commission du secteur public devra également discuter, en mars prochain, la loi sur les œuvres sociales. A cela s’ajoutent la tenue en avril des Assises de la fiscalité, en plus de l’examen en juin prochain, du statut de base de la Fonction publique. Il s’agit là de questions qui concernent directement les revendications des syndicats. Que ce soit en matière d’allègement de la charge fiscale, la transparence des élections professionnelles, ou encore la garantie des droits des retraités.
Pour la loi sur la grève, l’un des principaux points de discorde entre les syndicats et le gouvernement, le ministre de l’Emploi a avancé qu’il attend toujours les remarques des centrales qui ont déjà reçu une première copie du texte.
Pour rappel, les revendications des syndicats, restent pour l’heure, toujours les mêmes. Défense de la liberté de grève, hausse des salaires, et l’épineux sujet de la ponction sur les salaires des grévistes, qui a suscité la polémique durant les derniers mois.

Grève, l’interminable polémique

La réglementation du droit de grève constitue l’un des principaux points de discorde entre les syndicats et le gouvernement. Il constitue également un grand souci de la CGEM, dans la mesure où cela touche directement la compétitivité des entreprises. Miriem Bensaleh, présidente de la CGEM l’a souligné à plusieurs reprises. Mais pour l’instant, aucune décision concrète n’a été prise dans ce sens. Néanmoins, la question de la loi sur la grève pourrait figurer sur la liste des sujets prioritaires que les syndicats ont été appelés à transmettre au Chef du gouvernement. Néanmoins, la partie s’annonce ardue, surtout que les partenaires sociaux ne semblent pas s’accorder sur la définition de la liberté de grève. Car, si le gouvernement et le patronat considèrent que ce droit constitutionnel doit être réglementé, les syndicats rejettent toute délimitation de ce qu’ils considèrent comme un acquis. Et si ces derniers considèrent que la grève ne doit pas être instrumentalisée à des fins politiciennes, cela n’empêche pas la récurrence des blocages dans différents secteurs, avec des impacts négatifs sur le développement du pays.

MAM

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