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Comarit: Calvaire interminable pour les marins

Par L'Economiste | Edition N°:3943 Le 07/01/2013 | Partager
La procédure de redressement judiciaire devrait aboutir sous peu
Neuf bateaux immobilisés et près d’un millier d’employés au chômage technique
Une mésaventure qui dure depuis un an

Les marins de ces bateaux ont été au centre d’un long feuilleton en devenant les otages de leur saisie. En effet, ces derniers refusaient de quitter les navires immobilisés, craignant de perdre leurs droits

C’était il y a exactement un an. Une rapide descente aux enfers commençait alors pour le groupe Comarit, le géant aux pieds d’argile. A quelques semaines d’intervalle, les bateaux de la flotte de la Comanav et de la Comarit ont été mis sous saisie conservatoire à Sète et ensuite à Algésiras. La nouvelle avait pris les observateurs de court, sauf quelques uns qui suivaient de près le monde du transport maritime. Pour certains initiés, la crise couvait depuis l’acquisition de la Comanav Ferry par le groupe appartenant à Ali Abdelmoula en 2008.
Le coût de cette acquisition, environ 80 millions d’euros, l’équivalent de 900 millions de dirhams, était jugé excessif, surtout que les joyaux de famille que ramenait la Comanav dans son trousseau était de vieux rafiots dont la moyenne d’âge dépassait les vingt ans. C’était le cas du Marrakech Express et d’autres bateaux comme le Bni Nsar. Leur mise à niveau avec les réglementations européennes a coûté la bagatelle de 200 millions de DH.
A ce scénario s’ajoute la chute des recettes avec une concurrence de plus en plus féroce des vols low-cost et une augmentation du prix du combustible qui a fini par générer une profonde crise financière pour le groupe dont le montant des recettes était évalué à environ un milliard de DH, selon des sources proches du groupe. Au total, c’est une flotte d’environ neuf bateaux qui sont actuellement à l’arrêt dans différents ports dont celui de Sète et d’Algésiras. Les marins de ces navires ont été au centre d’un long feuilleton en devenant les otages de la saisie des bateaux. En effet, ces derniers refusaient de quitter les navires immobilisés, craignant de perdre leurs droits. Enfin, un accord a été trouvé et les marins ont pu rejoindre leurs familles au pays. La crise a même fini par toucher les ferrys rapides de Boughaz Express, filiale de la Comarit avec l’immobilisation de leurs deux catamarans Bouraq et Bissat suite à des impayés envers la société de Leasing.
Mais le plus dur reste le chômage forcé auquel est soumis près d’un millier d’employés du groupe dont la majorité des marins au long parcours. La plupart de ces employés survivent tant bien que mal. La promesse d’une résolution rapide de la crise est annoncée par certaines sources. La procédure de redressement judiciaire entamée par Ali Abdelmoula en novembre dernier devrait aboutir lors des prochaines semaines. En effet, les deux experts mandatés par le tribunal de commerce pour analyser la situation de l’entreprise ont rendu leurs copies et il est attendu que le jugement soit prononcé sous peu. Une véritable bouffée d’oxygène pour le groupe qui pourrait reprendre du souffle, le temps de réorganiser ses comptes sans la pression des créanciers.

Le «cadeau» espagnol

L’Autorité espagnole s’est littéralement ‘lâchée’ contre six compagnies maritimes opérant sur le Détroit en novembre dernier avec près d’un milliard de DH d’amendes. Elle leur reproche de s’être entendus sur les prix et d’avoir eu un comportement digne d’un véritable cartel entre les années 2002 et 2010. Mais ce sont les compagnies marocaines qui devront décaisser la plus grosse part. Parmi elles, le groupe Comarit a reçu la plus grosse amende avec 27,8 millions d’euros, soit un peu plus de 330 millions de dirhams, une somme à laquelle s’ajoutent 11 millions d’euros, environ 120 millions de DH au titre de l’amende infligée à la Comanav Ferry.

Ali ABJIOU

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