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Kamal Hachkar à l’ESJC
«Assumons la pluralité de nos identités !»

Par L'Economiste | Edition N°:3942 Le 04/01/2013 | Partager
Les étudiants débattent du film «Tinghir-Jérusalem: Les échos du Mellah»
Portées, difficultés, critiques… un débat riche et passionné

«Mon documentaire est une réflexion sur l’exil, un cri contre l’amnésie et un vaccin contre le discours obscurantiste», indique Kamal Hachkar, professeur d’histoire, réalisateur et producteur du film «Tinghir-Jérusalem: Les échos du Mellah», lors d’une rencontre avec les étudiants de l’ESJC

«Nous pouvons nous exiler très loin sans oublier d’où nous venons». Le jeune professeur d’histoire, Kamal Hachkar, reste ferme quant à l’obligation de respecter les exilés et les déracinés. Invité à l’Ecole supérieure de journalisme et de communication de Casablanca (ESJC), Hachkar considère que «l’on est plus riche quand on assume la pluralité de nos identités». La conférence-débat qu’il a animée, mercredi 2 janvier, a permis aux étudiants de l’école du groupe Eco-Médias de découvrir son film documentaire et ses portées. Intitulé «Tinghir-Jérusalem: Les échos du Mellah», le film, un voyage de l’Atlas marocain jusqu’en Israël, est sorti en salle de cinéma il y a un an et a été diffusé à la télévision marocaine en avril 2012. Il est aujourd’hui accessible sur le site web de 2M, Youtube (54 minutes), et à la Fnac en version complète (86 minutes). Le documentaire a été apprécié par les étudiants, suscitant un grand débat sur le choix du sujet, les difficultés de tournage et les critiques qu’il avait reçues lors des premières projections.
Né à Tinghir (l’Atlas), qu’il a quittée à l’âge de six mois pour vivre avec ses parents en France en 1968, Kamal Hachkar est un Franco-Marocain musulman d’origine berbère. Ses nombreux déplacements avec son père ouvrier aussi bien en France qu’à l’étranger l’ont marqué. «En France, j’ai grandi avec l’idée que tous les berbères étaient musulmans. Mais à Tinghir, les récits de mes grands-parents m’ont fait découvrir que d’autres berbères étaient juifs», indique Hachkar. Dans de nombreux villages, juifs et musulmans ont vécu ensemble. Et malgré plus de 2.000 ans d’histoire commune, la communauté juive berbère a quitté l’Atlas entre les années 50 et 60. «Je pars, alors, à la rencontre de cette mémoire enfouie auprès de la génération qui a connu cette présence juive, mais très vite cette recherche me mène en Israël où je retrouve des familles originaires de Tinghir», explique le jeune réalisateur. Et d’ajouter, «entre ma ville natale et Jérusalem, ces anciens m’ont raconté d’une même voix leur vie passée et ont répondu spontanément à mes interrogations: Comment nos deux communautés ont-elles cohabité ? Pourquoi une séparation si soudaine et définitive ? Pourquoi un tel silence ?...». Malgré les critiques qu’a suscitées son documentaire, soutenant qu’il faisait l’apologie du sionisme et encouragerait la normalisation avec l’ennemi «Israël», Hachkar considère que sa réalisation est «une bonne réflexion sur l’exil, un cri contre l’amnésie et un vaccin contre le discours obscurantiste».


Bouchra SABIB

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