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Politique Internationale

Finance Watch, le nouveau greenpeace de la Finance

Par L'Economiste | Edition N°:3941 Le 03/01/2013 | Partager
Objectif, vulgariser les débats pour les politiques dont l‘expertise est insuffisante
Empêcher que la faillite d’une banque ne fasse plonger tout le système
L’absence d’expertise indépendante en matière de réforme financière, un danger pour la démocratie

Pour éviter que le système financier ne s’écroule lorsqu’une grande banque tombe en faillite, et surtout pour éviter que les hommes politiques ne soient noyés par les termes techniques dont les lobbies financiers abusent, l’assocation Finance Watch, qui compte des membres influents comme Transparency international, cherche à faire contrepoids. Un véritable greenpeace de la finance

Dans les couloirs de la Commission européenne à Bruxelles, une dizaine d’experts tentent de faire contrepoids au tout-puissant lobby financier qui dépenserait chaque année plus de 300 millions d’euros pour imposer ses intérêts aux responsables politiques. Leur association, baptisée Finance Watch, est la première de ce genre en Europe. Il s’agit, ainsi que l’indique son SG Thierry Philipponnat, d’un «contre-pouvoir à la puissance des banques, des fonds spéculatifs et des agences de notation dans l’élaboration des règles européennes de régulation financière». A l’origine de l’association, lancée en juin 2011, une vingtaine de députés européens toute tendance politique confondue. Un constat unanime: «l’absence d’expertise indépendante en matière de réforme financière constitue un danger pour la démocratie». En quelques semaines, 200 élus signent l’appel. Finance Watch se considère d’un certain côté comme un «Greenpeace de la Finance», mais contrairement à l’organisation écologiste, n’est pas une association qui milite. «Nous voulons tenter de réformer le système de l’intérieur», explique le SG.
Encadrement des produits dérivés, des agences de notation ou encore du trading à haute fréquence, les sujets sur lesquels porter le fer ne manquent pas. Mais le principal cheval de bataille de l’organisation reste la réforme bancaire en France et en Europe. «Il faut absolument une séparation stricte au sein des banques entre les activités de marchés et les activités de prêts et de dépôts. En ce sens, le projet français nous semble très insuffisant», estime Finance Watch. L’Association souhaite aussi que la taille des établissements financiers soit réduite afin qu’ils ne présentent plus un risque systémique. En d’autres mots, que la faillite d’une grande banque ne puisse plus plonger l’ensemble du système financier international dans la tourmente, comme on l’avait vu en 2008 avec l’effondrement de la banque américaine Lehman Brothers. Finance Watch compte 13 salariés, d’anciens professionnels pour la plupart.
Joost Mulder a ainsi un temps fait ses armes comme lobbyiste pour l’industrie de la finance.
«Le jour où ils ont commencé à aller voir les gouvernements et à les menacer de retirer leurs capitaux du pays, j’en ai eu assez», explique ce Néerlandais quadrilingue.
«Notre but est de vulgariser les débats. Sciemment, les lobbyistes utilisent une multitude de termes techniques incompris par les hommes politiques qui ne possèdent pas une expertise suffisante», ajoute-t-il.  A Bruxelles, les banques et autres établissements financiers ont dépêché quelque 700 experts qui bénéficient d’un budget de plus de 300 millions afin d’orienter le processus législatif dans la direction qu’ils souhaitent, selon les données fournies par plusieurs associations.
«Il est très difficile d’avoir des chiffres précis sur la puissance de feu des lobbyistes. De notre côté, il faut que nous intervenions dès l’agenda pour influencer les débats futurs qui aboutiront à des projets devant la Commission. Là, on pourra dire que nous somme devenus un véritable contre-poids».

Membres influents

Finance Watch compte parmi ses membres 68 associations représentant plusieurs dizaines de millions de citoyens dont Oxfam, Attac, Transparency international, plusieurs organisations syndicales (Fédération CFDT des Banques et Assurances, Confédération européenne des syndicats) et d’autres acteurs de la société civile. En revanche , les moyens de l’organisation sont limités: elle dispose d’un budget annuel d’environ 2 millions d’euros, financé en partie par la Commission et par des acteurs privés (fondations, associations et même particuliers).

Synthèse L’Economiste

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