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Analyse

Le Tensift menacé par une crise de l’eau
La région a besoin d’une plus grande concertation

Par L'Economiste | Edition N°:3941 Le 03/01/2013 | Partager
La problématique de l’eau doit faire l’objet d’une stratégie horizontale
Mise en place d’objectifs annuels, absolument nécessaire
Les vraies capacités de la région résident dans l’agriculture

Pour Ahmed Touizi, président du Conseil régional, outre le tourisme, Marrakech Tensift Al Haouz devrait miser sur son énorme gisement agricole tout en continuant à profiter de la manne touristique

Ahmed Touizi vient d’être élu à la tête de la Région de Marrakech Tensift Al Haouz. Pour lui, le chantier prioritaire est l’achèvement du plan régional de développement d’accès aux services sociaux et la gestion des déficits en eau tout en anticipant les besoins futurs à l’horizon 2030. Entretien.
- L’Economiste: Devrait-on craindre une crise de l’eau dans la région de Marrakech Tensift sachant que celle-ci connaît un déficit et que son activité est orientée vers l’agriculture?
- Ahmed Touizi: Je ne pense pas que l’on puisse être confronté à cette crise, mais à condition de travailler en priorité sur les chantiers des déficits d’eau de la région à l’horizon 2030. La problématique de l’eau doit faire l’objet d’une stratégie horizontale avec une concertation et une coordination entre différents acteurs. Et il devient urgent pour Marrakech et ses régions, au regards des déficits annoncés, de tracer dès maintenant une feuille de route pour la mise en place d’une stratégie régionale avec des objectifs à réaliser chaque année et pour chaque région. Ceci étant, nous avons besoin de mobiliser le maximum de ressources hydriques et surtout de continuer la politique de barrages.

- La dégradation de la qualité des ressources en eau a atteint un niveau inquiétant dans la région…
- C’est un constat alarmant et le Conseil de la région tire à chaque fois la sonnette d’alarme. Nous avons mis en place un observatoire régional de l’environnement pour le cadrage et le suivi du programme de mise à niveau en plus de ses fonctions d’ingénierie et de prospective environnementales régionales. Dans la même sphère, un programme structurel d’optimisation et de rationalisation de l’utilisation des ressources hydriques sera mis en œuvre selon une approche de gestion intégrée de ces ressources dans une région appelée à adopter le modèle de gestion de la rareté.
- On a l’impression que Marrakech Tensift Al Haouz n’a pas encore identifié sa propre vocation!
- En réalité, les potentiels de richesses de la région Marrakech Tensift Al Haouz sont à peine effleurés actuellement. Se focaliser uniquement sur le tourisme est une erreur à mon avis d’autant plus que les vraies capacités de la région résident dans l’agriculture. Malheureusement, ce secteur n’est pas suffisamment marqueté à l’international alors qu’il existe une grosse marge de manœuvre pour chaque région et province. Et c’est justement à travers la coopération décentralisée internationale que nous pourrions montrer aux autres régions européennes tout le potentiel dont nous disposons. Marrakech Tensift Al Haouz dispose d’une superficie agricole utile de 473.000 Ha dont plus de la moitié sont des terres irriguées. Cela offre d’importantes potentialités en matière de production agricole. Avec un si grand potentiel en terre irrigable, en plus de l’existence d’infrastructures modernes et diversifiées en agro-industrie, auxquelles on peut ajouter la proximité des grands centres de consommation, vous pouvez imaginer le potentiel du secteur qui ne demande qu’à être boosté.
- Quelles sont les filières qui peuvent être mises en avant pour chaque région?
Ecoutez, chaque région a son potentiel. Le Haouz est dédié à l’olive, la région étant en tête des producteurs d’olives, d’abricot et d’agrumes. Rhamna et Kelaa Sraghna sont dédiées à l’agriculture moderne. Essaouira tire son activité du tourisme certes mais tout en gardant son cachet d’une petite ville qui peut se positionner sur les niches comme les produits bio.
Chichaoua est destinée à l’élevage et devient très compétitive par rapport à certaines régions en dehors du périmètre Tensift Al Haouz. A coté de ces filières qui se sont développées spontanément, il y en a d’autres qui émergent à l’instar des cultures qui demandent d’ailleurs très peu d’eau comme le cactus.
- Comment résoudre les problèmes structurels de la région qui caracole en tête des régions les plus pauvres avec des villages qui n’ont même pas accès à l’eau potable par exemple?
- Malheureusement, c’est la grande problématique de la région. En dehors de Marrakech, toutes les provinces sont en dessous de la moyenne nationale avec un taux de pauvreté de 15%. C’est pour pallier à ces déficits qu’un plan de développement régional pour un montant de 7 milliards de DH a été initié en 2011. Ce plan comprend 7 niveaux d’intervention dont le traitement de l’habitat insalubre, la santé, l’encouragement de l’auto-emploi, le raccordement au réseau électrique, l’alimentation en eau potable et l’assainissement. Le plan avance bien et les objectifs sont en cours de réalisation.


Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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