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Analyse

Le Tensift menacé par une crise de l'eau

Par L'Economiste | Edition N°:3941 Le 03/01/2013 | Partager
Fortes pressions sur la demande du fait de l'agriculture
Des contrats nappes pour atteindre l’auto-contrôle
Objectif, éviter le déficit annoncé de 350 millions de m3/an en 2030

La région de Marrakech qui compte plus de 3 millions d’habitants et un potentiel agricole irrigué à peu près de 228.000 ha est depuis plusieurs années en déficit. Elle arrive à mobiliser difficilement 1,314 milliard de m3. Les 4 barrages de la région et le 5e en cours de construction régularisent à peine 128 millions de m3. Les prélèvements souterrains fournissent quant à eux 690 millions de m3/an, alors que ceux effectués au fil de l’eau produisent 296 millions de m3. Le reste des besoins est assuré par les eaux de transfert

131 millions de m3 par an. C’est le déficit en eau enregistré actuellement par la région de Marrakech Tensift Al Haouz qui subit depuis plusieurs décennies une pression croissante de la demande en eau. Celle-ci sera encore plus grande si rien n’est fait pour contourner ce stress hydrique. Le constat de l’Agence du bassin hydraulique du Tensift est confirmé par le président de la région Marrakech Tensift Al Haouz, Ahmed Touizi. C’est que la demande globale en eau a atteint cette année 1 milliard et 445 millions de m3 face à une offre actuelle de 1 milliard et 314 millions de m3 d’eau mobilisée. En 2030 et vu les besoins en prévisions, le déficit avoisinera les 350 millions de m3/ an. Par secteur et contrairement aux idées perçues, ce ne sont pas les investissements touristiques, ni les greens et encore moins les eaux potables et industrielles qui consomment le plus d’eau dans la région. Le secteur agricole est le plus consommateur d’eau. Il absorbe près de 90% de l’offre actuelle, alors que la demande pour l’eau potable et industrielle ne dépasse pas les 100 millions de m3. Conscients que l’eau peut constituer un frein pour la durabilité du développement de la région, tous les intervenants ont été mobilisés pour élaborer un programme permettant d’affronter sereinement les décennies futures, indique Abdelmadjid Naimi, directeur de l’Agence du bassin hydraulique du Tensift.
L’agence a identifié son PDAIRE (plan directeur d’aménagement intégré des ressources en eau) pour sécuriser l’alimentation en eau qui attend une approbation du Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat. Il nécessite une enveloppe de près de 18 milliards de DH d’investissement, qui une fois validé, devra impliquer plusieurs départements dont les ministères de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, de l’Intérieur, de l’Agriculture et de la Pêche maritime, les Collectivités Locales, ainsi que les Départements des eaux et les forêts, l’ONEE, RADEEMA …etc. Ce programme identifié pour Marrakech et ses régions s’appuie sur quatre axes. D’abord, l’optimisation de l’utilisation des ressources avec des économies des eaux d’irrigation avec «contrats nappes» pour la lutte contre le gaspillage d’eau et des outils pour sensibiliser les usagers pour aboutir à un auto-contrôle. Le renforcement du parc des ouvrages hydrauliques (barrages) occupe le plus grand pan de cette stratégie avec trois nouveaux barrages qui devront être aménagés à l’horizon 2030. Pour l’heure, seul le barrage de Boulouane à Chichaoua est programmé et devra être mis en service en 2017. La région milite pour un deuxième barrage à Wad Zat et un troisième au Tensift avant 2026. Il s’agit aussi de mettre en place un programme pour augmenter la qualité et la lutte contre la pollution qui comprendra l’aménagement de bassins versants. Enfin, le quatrième volet du PDAIRE est dédié à la protection contre les inondations, Marrakech Tensift Al Haouz n’étant pas à l’abri des catastrophes qui ont eu lieu à l’Ourika ou encore à Asni.

3 milliards de DH pour l’eau potable

En principe, il ne devrait pas y avoir de grands problèmes pour l’eau potable dans la région du Tensift Al Haouz où le taux d’accès à l’eau potable en milieu urbain est de 100% et a atteint en milieu rural les 88%. Pour faire face aux besoins de 2030, l’ONEE a lancé le projet d’adduction en eau potable pour les pôles de Marrakech, Rhamna et Al Haouz à partir des eaux de l’oued Oum Errabia et ce, pour un débit de 3.500 l/s dont un millier sera destiné à l’OCP.
Concrètement, le projet consiste, entre autres, en un aménagement d’une prise d’eau brute sur le barrage El Massira avec une conduite de 3 km, des stations de débourbage et de traitement à l’entrée de Benguerir, des réservoirs et une conduite d’eau traitée sur une longueur de 62 km, indique Malika Belkouadssi directrice de l’ONEE pour Marrakech-Tensift-Al Haouz. Le coût de ce projet est de 3 milliards de DH qui sera financé par la BAD, l’Agence française de développement (AFD) et une contribution de l’OCP dans le cadre d’une mutualisation des financements.
Ce projet concerne 12 centres urbains et 74 communes rurales (soit 1.640 douars) dans trois municipalités de la région Tensift-Al Haouz: Marrakech, Al Haouz et Rhamna. Il consiste en un aménagement d’une prise d’eau brute sur le barrage El Massira avec une conduite de 3 km, des stations de débourbage et de traitement à l’entrée de Benguerir, des réservoirs et une conduite d’eau traitée sur une longueur de 62 km.

Badra BERRISSOULE

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