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    Evénement

    Mohamed Najib Boulif au Club de L’Economiste
    Compensation: La réforme enfin finalisée

    Par L'Economiste | Edition N°:3941 Le 03/01/2013 | Partager
    Reste l’aval politique du chef de gouvernement
    Un scénario sur trois ans selon la sensibilité des produits
    Une libéralisation totale induirait un taux d’inflation de 7%

    Boulif, ministre délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance: «Le ciblage permet un gain de 40 à 60% du coût de la compensation»

    LE projet de réforme de la compensation est fin prêt. «Techniquement», s’empresse de préciser le ministre délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Mohamed Najib Boulif qui était l’invité du Club de L’Economiste. Et la mouture définitive qui est entre les mains du chef de gouvernement a été présentée aux membres de l’exécutif fin novembre 2012. Il reste donc l’aval politique pour qu’un débat soit lancé avec tous les intervenants (partis politiques, syndicats, associations de consommateurs…). Auparavant, un  processus de concertation et d’échanges avec les acteurs les plus impliqués dans ce dossier a été mené.
    Le tout corroboré  par des études et analyses des différentes facettes que recèle la problématique de la compensation. «Ce qui a permis d’identifier les principaux reliefs de cette réforme et de définir le schéma théorique global et le processus de sa mise en œuvre», se félicite le ministre. «Il ne s’agit pas d’une récupération politique», tient à souligner le ministre..
    Le dossier est en effet vieux d’une quinzaine d’années. Il a fait l’objet de nombreuses études que les gouvernements qui se sont succédé depuis 1990 ont rangé dans les tiroirs. L’équipe de Abbas El Fassi a néanmoins ouvert la voie en lançant l’expérience de Tayssir. Mais sous l’effet de la flambée des matières premières, le même gouvernement a gelé les droits d’importation du blé tendre avec à la clé l’octroi d’une restitution aux importateurs pour maintenir le prix du pain à son niveau de 1,20 DH la baguette. «Pour cette année, l’opération devrait coûter       1 milliard de DH puisque la mesure a été prorogée jusqu’au 30 avril 2013», révèle Boulif.
    En somme, avec un montant de 53 milliards de DH en 2012, le poids de la compensation est devenu un autre déficit qui s’ajoute aux déficits budgétaire et commercial. D’où la volonté de l’actuel gouvernement de lancer dès cette année la réforme. Pour 2013, le budget de la compensation a été fixé à 40 milliards de DH. «Plafond qui ne sera pas dépassé», promet le ministre.
    Sans vouloir donner des indications sur le timing précis ni encore sur les produits à décompenser en priorité, Boulif préfère laisser le choix au politique d’en décider.

    Système déclaratif

    Mais le rythme et la hiérarchisation des produits à libéraliser dépendent de leur sensibilité et des impacts prévisibles sur le pouvoir d’achat et les agrégats économiques. Sans oublier la compétitivité de l’entreprise et le processus inflationniste. Une décompensation totale  en 2013 induirait ainsi un taux d’inflation de 7%. En revanche, la libéralisation du sucre n’occasionnerait qu’un taux de 2%. Ce qui est normal puisque la subvention de cette denrée ne coûte que 2 milliards de DH/an. «Et si demain le prix du baril du pétrole brut serait ramené à 80 dollars, le gouvernement n’hésitera pas à décompenser les produits énergétiques», annonce Boulif. Mais d’ores et déjà des dispositions parallèles ont été introduites dans la loi de Finances 2013: Fonds de solidarité et augmentation des vignettes de grosses cylindrées… Des dispositions qui devraient générer une recette de 15 milliards de DH. «Avec le ciblage, c’est un gain de 40 à 60% de l’enveloppe globale de la compensation qui est attendu», estime le ministre. Le ciblage reste en effet la pièce maîtresse de la réforme. «Couches déshéritées et classe moyenne basse, pas selon les données du HCP, seront ciblées», précise le ministre en charge des Affaires générales et de la Gouvernance. Pour ce qui est de la technique, c’est le système déclaratif qui sera utilisé pour le transfert d’aides directes. Là aussi pas de précisions sur les montants. «Mais l’idée du chef de gouvernement est que l’aide soit modulable selon les membres de la famille», confie le ministre. Sans prévoir également de conditionnalité comme à l’image de Tayssir.
    Quoi qu’il en soit, le processus devrait démarrer dès le premier trimestre 2013 et qu’avant fin juin les premiers transferts seront effectués. Le scénario le plus réaliste prévoit 3 années pour mener la réforme à bon port. Nous publierons dans nos prochaines éditions les autres thèmes du débat du Club.


    A. G.

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