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ONEE: 94 milliards de DH à investir sur 4 ans

Par L'Economiste | Edition N°:3940 Le 02/01/2013 | Partager
Le 2e acompte de 500 millions de DH débloqué début 2013
Une valeur ajoutée de 45 milliards de DH de 2001 à 2011
L’Office, l’un des établissements les plus endettés

Source: ONEE
Pour les ménages, les prix de vente sont restés pratiquement stables depuis 2007. En revanche, chez les professionnels, une hausse a été opérée en 2009 (+18%). Globalement, les tarifs actuels sont de 9,7% moins chers que ceux pratiqués en 1996. En dirham constant (considérant l’inflation), la baisse est de 22,9%

L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) verra-t-il enfin le bout du tunnel? Presque en faillite, l’Office, notamment au niveau de sa branche électricité, figure parmi les établissements publics qui traînent les plus gros déficits. L’ex-ONE avait fini l’année 2011 avec un résultat net de -3,7 milliards de DH (contre -452 millions de DH en 2010), et un déficit du résultat d’exploitation multiplié par deux, soit 2,03 milliards de DH. Il fait également partie des établissements les plus endettés. En 2011, sa dette caracolait à 32,4 milliards de DH, dont un endettement extérieur de 27,6 milliards de DH. L’Office sera recapitalisé, d’après le ministre de l’Energie, Fouad Douiri (voir L’Economiste du 9 novembre 2012), sauf que l’opération tarde à se concrétiser. Pour commencer, une  enveloppe de 500 millions de DH lui permettant de faire face à ses échéances à court terme lui a été octroyée. Une deuxième était prévue avant la fin de cette année, mais elle ne sera finalement débloquée que début 2013, selon l’ONEE. Le contrat-programme censé remettre les indicateurs de l’Office au vert, lui aussi, ne sera vraisemblablement signé que début 2013. De sources concordantes proches de l’ONEE, le contrat-programme est fin prêt, il ne manque plus que la signature des parties prenantes. Mais un seul détail bloque, celui des tarifs d’électricité. Le ministre des Finances, Nizar Baraka, avait laissé entendre que la hausse des tarifs est de toute façon «inéluctable», mais le gouvernement semble hésiter, vu la «sensibilité» du projet. Toutefois, malgré ses déboires financiers, dus pour l’essentiel au gel de ses tarifs de vente, à la flambée des prix des combustibles et aux investissements colossaux lancés, l’Office ne fléchit pas. «La performance d’un établissement rendant un service public ne s’apprécie pas uniquement à l’aune de sa situation financière», insiste un responsable de l’ONEE. «Il faut prendre en considération aussi sa performance technique, la qualité de son service et sa participation à l’économie du pays. Et à ce niveau, l’apport de l’Office est indéniable», poursuit la même source.      
En effet, sur les dix dernières années, l’ex-ONE a investi près de 55 milliards de DH en infrastructures, pour répondre à une demande énergétique qui a presque doublé en dix ans. La capacité installée a été augmentée de 49%, passant de 4.269 MW à 6.377 MW.  Entre 2004 et 2011, l’Office a réalisé quelque 11,5% du total des investissements des établissements publics. Et il n’est pas près de s’arrêter là, environ 11,5 milliards de DH (hors TVA) ont été programmés pour 2012, notamment pour la mise en service de la 4e tranche charbon de la centrale de Mohammedia, le renforcement du réseau de transport et de distribution, et l’électrification rurale. Pour 2013, environ 13 milliards de DH seront investis dans plusieurs projets, dont l’extension de la centrale de Jorf, l’évacuation de la centrale de Ouarzazate et la mise en place du groupe diesel de Tiznit. Pour répondre à la demande qui grimpe chaque année de 7%, un total de 94 milliards de DH (hors TVA), sera investi d’ici 2016. Ce qui permettra d’assurer une capacité additionnelle de 6.056 MW.
Côté contribution à l’économie, de 2001 à 2011, l’Office a dégagé une valeur ajoutée de plus de 45 milliards de DH. Il a, en outre, procédé à quelque 15 prises de participation dans des sociétés, dont deux filiales au Sénégal.
Avec la fusion ONE/ONEP, l’ONEE compte améliorer ses performances grâce aux économies réalisées sur les coûts d’exploitation ainsi qu’aux synergies développées. Mais l’établissement ne pourra pas s’en sortir sans l’appui de l’Etat.

 

La branche eau s’en sort mieux

Côté finances, l’ex-Onep s’en sort nettement mieux que la branche électricité de l’ONEE. En 2011, il a bouclé l’année avec un résultat d’exploitation dans le vert, à 779 millions de DH, avec une légère hausse de 1,2%. Son résultat net, lui, s’est établi à 98 millions de DH, avec  toutefois, une baisse de 29%. Pour 2012, l’on s’attend à un résultat d’exploitation de quelque 701 millions de DH et à un résultat net de 151 millions de DH. La branche eau fait aussi partie des plus gros investisseurs publics, avec près de 30 milliards de DH injectés durant les dix dernières années. Grâce à ces investissements, le taux d’accès à l’eau potable est passé à 92% à fin 2011. La capacité d’assainissement pour sa part est passée à 180.000 m3/j. En 2012, les investissements se sont élevés à 3,8 milliards de DH (hors TVA). Sur la période 2012-2016, une enveloppe de 22,1 milliards de DH (hors TVA) a été programmée pour le renforcement de l’alimentation en eau potable de plusieurs régions.


Ahlam NAZIH

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