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Economie

Artisanat
Coup d’accélération à la labellisation

Par L'Economiste | Edition N°:3939 Le 28/12/2012 | Partager
Après la babouche, le tagine, l’étoffe de Bzou…, la selle et le fusil traditionnels labellisés
Des experts assermentés affectés au contrôle du respect des labels

Le prix de la selle traditionnelle haut de gamme et certifiée, dite Assil», s’élève à 50.000 DH

Madmoun, Tapis rbati, Babouche Ziouani, Tapis Waozguiti… Retenez bien ces noms de marques. Il s’agit des produits d’artisanat marocains labellisés. Le ministère de tutelle vient de boucler la certification de deux nouveaux produits: la selle et le fusil traditionnels (Lamkohla), utilisés dans la fantasia. «L’opération technique de certification du fusil traditionnel et de la selle marocaine est maintenant achevée. Les deux marques collectives profiteront des campagnes de communication qui seront bientôt lancées», explique Ahmed Skim, directeur de la préservation du patrimoine, de l’innovation et de la promotion au sein du ministère de tutelle.
La certification du fusil, utilisé dans la fantasia, répond à un double objectif. Il s’agit d’abord d’entourer ce produit de toutes les conditions de sécurité. En effet, à cause du recours à certains matériaux de récupération, tels que le tuyau utilisé dans la plomberie en guise de canon, de nombreux accidents sont régulièrement enregistrés parmi les cavaliers amateurs de la tborida. Le second objectif porte sur des considérations de qualité, d’esthétique et d’authenticité. Le fusil traditionnel labellisé se vend désormais à 2.000 DH environ.
La selle traditionnelle a également fait l’objet d’une démarche rigoureuse de certification car la fantasia bénéficie d’une place importante dans les arts populaires. Du coup, la technicité des artisans marocains en matière de sellerie est reconnue. La selle traditionnelle marocaine labellisée par le ministère se décline en deux versions. La première, portant la marque haut de gamme Assil, est commercialisée à environ 50.000 DH. Quant à la selle traditionnelle, elle est proposée à 20.000 DH.
Le programme de certification des produits d’artisanat s’inscrit dans la Vision 2015. «La stratégie nationale de labellisation a pour objectif de protéger et préserver le savoir-faire de l’artisanat marocain, de promouvoir les produits, mobiliser les artisans autour de la qualité et rassurer le consommateur», explique Skim. Pour des raisons techniques, le programme de certification actuel concerne une vingtaine de nouvelles marques, dont les babouches de Tafraout, les bijoux en argent de Tiznit, le tapis Mediouna, le zellige de Fès, la poterie Oued Laou, l’étoffe d’Ouazzane, le label Eco Tannage… D’autres produits seront intégrés dans une prochaine étape. Il s’agit notamment du tapis rural du Maroc, des bijoux en argent d’Essaouira, de la dinanderie non culinaire, de tadellakt, de la maroquinerie, du bois de thuya d’Essaouira… A terme, le ministère ambitionne d’accorder un label à tous les produits d’artisanat qui se vendent au Maroc.
Cette stratégie, qui concerne essentiellement des produits à fort contenu culturel, se décline en cinq catégories de labels: Qualité premium, Qualité certifiée, Madmoun, Artisan responsable et Produit régional. «Ces cinq catégories sont portées par le label national «Artisanat du Maroc» et sont appelées à jouer un rôle de grande marque ombrelle, assurant l’unité de toutes les marques de l’artisanat marocain», ajoute Skim.
L’artisanat marocain est connu pour la richesse de ses produits, qui sont rarement valorisés. Certains ont même disparu faute de protection, comme les seaux en bois pour ne citer que cet exemple. D’autres étaient menacés par des produits d’imitation fabriqués en Chine, comme le cas de la babouche. C’est la raison pour laquelle la stratégie de certification répond à plusieurs enjeux. Il s’agit d’abord de préserver les savoir-faire et techniques nationaux afin d’en assurer la transmission aux générations montantes. La démarche a également pour objectif d’inciter les unités de production, qui ne disposent pas des moyens nécessaires pour développer une marque individuelle, à se regrouper autour d’un règlement d’usage de la marque collective. Le principe consiste également à différencier les produits par les savoir-faire spécifiques qu’ils véhiculent et à sensibiliser les consommateurs sur les spécificités des produits certifiés, avec à la clé la valorisation de leur origine. De plus, la certification vise à favoriser la notoriété à l’export des produits nationaux via une référence régionale et un art reconnu.
La certification ne se limite pas à attribuer des labels aux produits d’artisanat. Le ministère promet d’assurer le contrôle du respect des nouvelles normes. L’objectif est de garantir la crédibilité des labels. «C’est la raison pour laquelle la tutelle a mis en place un corps d’experts assermentés, qui assurent, sur le plan administratif, le contrôle des normes d’application obligatoire», annonce Skim. De plus, les essais et autres analyses sont effectués par des laboratoires et centres agréés.

Procédure

Concrètement, la certification consiste à mettre en place des règlements d’usage, basés sur des normes validées par des comités techniques spécialisés. Des équipes regroupant des professionnels, des laboratoires ainsi que l’administration. Une fois définies, les marques collectives de certification sont déposées au niveau de l’Ompic. Les artisans qui souhaitent utiliser l’une des marques doivent en faire la demande auprès de la tutelle. Les services concernés procèdent ensuite à la supervision de l’échantillonnage, à son analyse et à son essai auprès de laboratoires agréés.

Hassan EL ARIF

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