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    Politique

    Gouvernement/un an après
    Les «rendements» électoraux toujours mal digérés

    Par L'Economiste | Edition N°:3915 Le 26/11/2012 | Partager
    Comment avec un moindre score, le PPS a damé le pion à l’Istiqlal et au MP
    Chabat ne voudrait plus du statu quo
    Le remaniement, son option sur la table

    Si Hamid Chabat, nouveau patron de l’Istiqlal, appelle à un remaniement ministériel, c’est qu’il n’apprécie pas que son parti soit sous-représenté au sein du gouvernement, en dépit de ses 60 sièges. Si l’on part de la base que les 18 sièges du PPS lui avaient permis d’obtenir 4 ministères, le PI aurait pu en avoir 13

    Le 25 novembre 2011, les Marocains s’étaient dirigés vers les bureaux de vote pour choisir les nouveaux locataires de l’hémicycle, dans un contexte marqué par l’adoption d’une nouvelle Constitution, dans le sillage du Printemps arabe. Le dépouillement des bulletins et le comptage des voix ont débouché sur des résultats qui ont surpris plus d’un. En effet, les pronostics durant les trois mois qui ont précédé les élections donnaient le RNI, qui conduisait la fameuse coalition du G8, comme potentiel vainqueur des élections. Salaheddine Mezouar se voyait déjà au poste de chef de gouvernement. Mais coup de théâtre au soir du 25 novembre, c’est le PJD qui a raflé la mise en réalisant un score qu’aucun politologue n’avait prévu. Les négociations pour la formation de la majorité se sont avérées ardues. Un an après, Benkirane semblent dos au mur face aux évolutions au sein de sa coalition. En effet, l’élection de Hamid Chabat à la tête de l’Istiqlal, principal allié du PJD, n’a pas arrangé les choses. Le très remuant Chabat a fait du remaniement ministériel son cheval de bataille, au point de créer une véritable cacophonie au sein de la majorité. En effet, la menace de son éclatement se fait de plus en plus sentir. Car le nouveau patron de l’Istiqlal ne cache pas sa volonté de renforcer la représentation de son parti au sein du gouvernement. Surtout qu’avec 60 sièges, le parti arrivé 2e aux élections, a le droit de prétendre à un plus grand nombre de portefeuilles. Il semble que l’Istiqlal regrette que son ancien patron ait mal négocié sa participation à la coalition. Surtout lorsqu’on sait que le PPS, qui n’a glané que 18 sièges parlementaires, a eu droit à 4 départements ministériels importants. Ce lien de causalité entre le nombre de sièges gagnés et celui des postes ministériels aurait permis à l’Istiqlal d’obtenir au moins 13 portefeuilles. Le MP, lui, aurait pu en avoir 7.
    Néanmoins, le processus de formation de la majorité n’a pas été une partie de plaisir pour Benkirane, qui a dû faire plusieurs arbitrages qui, finalement, n’ont pas servi l’homogénéité de son gouvernement. Il avait misé sur une coalition formée autour de son parti et des autres composantes de la Koutla. Sauf qu’il n’a pas pu convaincre les dirigeants de l’USFP, qui a snobé le nouveau chef de gouvernement, et a préféré camper dans l’opposition pour entamer une dynamique de restructuration interne. Le parti de Abderrahim Bouabid a été l’une des victimes de ce scrutin, en arrivant à la 5e position, avec seulement 39 sièges parlementaires. Face au refus de l’USFP, les autres composantes de la Koutla n’ont pas résisté à l’invitation de Benkirane. Le Parti de l’Istiqlal a rapidement tranché sa position. Le parti majoritaire allait également courtiser le PPS, arrivé 8e avec seulement 18 sièges. Car le chef de gouvernement n’avait pas d’autres choix. Les partis ayant un meilleur classement, comme le RNI et le PAM, n’étaient pas en odeur de sainteté auprès du chef de gouvernement. Et c’est le Mouvement populaire qui avait également rejoint les rangs de la majorité, conduisant, in fine, à la déconfiture du G8.

    «L’élection de Hamid Chabat à la tête de l’Istiqlal n’a

    pas arrangé les choses. Le très remuant Chabat a fait

    du remaniement ministériel son cheval de bataille, au

    point de créer une véritable cacophonie au sein de la majorité»

    A l’époque, beaucoup d’observateurs avaient critiqué le manque d’homogénéité des composantes de la majorité, où l’islamiste cohabitait avec le socialiste et le libéral. Et en dépit des sorties récurrentes de Benkirane et des membres de son gouvernement pour rassurer quant à la solidité de sa majorité, des couacs n’ont pas tardé à apparaître sur plusieurs dossiers. La négociation des portefeuilles ministériels n’a pas été une partie de plaisir. Et quand l’exécutif a démarré effectivement son mandat, des divergences ont apparu entre certains ministres. En effet, plusieurs polémiques avaient éclaté entre des membres de l’équipe gouvernementale. C’était notamment le cas lorsque Mustapha Ramid, en visite à une association islamiste à Marrakech, avait fait des déclarations qui avaient suscité l’ire du ministre du Tourisme. Quelques mois après, la tension allait encore augmenter à l’occasion des élections partielles. Car le PJD s’était vu privé de certains sièges à Marrakech et Tanger à cause de l’utilisation de symboles religieux dans la campagne électorale. Benkirane et les ministres de son parti sont descendus en force pour soutenir leurs candidats. Ce qui n’a pas été sans heurts, notamment à Tanger, où le ministère de l’Intérieur avait interdit une manifestation organisée par la jeunesse du PJD.


    Mohamed Ali MRABI

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