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Economie

Sérieuses menaces de stress hydrique

Par L'Economiste | Edition N°:3909 Le 15/11/2012 | Partager
2.500 m3 par habitant en 1980 contre seulement 720 m3 actuellement
La nappe phréatique a régressé de 60 mètres sur 24 ans
Bassins hydriques, reboisement… les clés pour atténuer la pression

La protection des ressources en eau constitue l’un des principaux défis qui se poseront au Maroc dans les prochaines décennies. Les statistiques confirment une baisse soutenue des ressources en eau par habitant, et les prévisions pour 2020 soulignent une régression de 50% par rapport aux 1.010 m3 enregistrés en 2000

LE constat est de plus en plus confirmé. Au-delà du pétrole et des autres matières énergétiques, ce sont les ressources en eau qui constituent le plus grand défi pour la planète durant ce siècle. Cela passe par la sauvegarde des équilibres de l’écosystème, notamment à travers une gestion rationnelle de l’eau et des ressources forestières. Car la rareté de l’eau met en otage le développement des pays, et menace même leur survie. Le Maroc n’échappe pas à cette situation. Les statistiques du Haut commissariat aux Eaux et Forêts reflètent la baisse drastique des ressources hydriques sur plusieurs décennies. En 1980, près de 2.500 m3 étaient disponibles pour chaque Marocain. Ce taux est passé à 1.010 m3 en 2000 puis à 720 m3 actuellement. Et la situation est loin d’être stabilisée, puisque les prévisions des Eaux et Forêts soulignent de nouvelles baisses à l’horizon 2020 qui devraient atteindre 49% par rapport au taux enregistré en 2000. Pis, des régions comme celle du Souss, ont pâti sous l’effet d’une surexploitation des ressources en eau. Le niveau de la nappe phréatique a régressé de 60 mètres durant les 24 dernières années. Ce qui se traduit par un déficit annuel s’élevant à 900 millions de m3. Un état des lieux inquiétant qui conforte les appels à faire preuve de rationalité en matière d’exploitation des eaux. Outre les différents programmes gouvernementaux lancés pour atténuer la surexploitation des ressources et améliorer leur gestion, le Haut commissariat aux Eaux et Forêts a lancé un programme d’aménagement des bassins hydriques, notamment dans les zones montagneuses. Ces bassins constitue un véritable réservoir, avec près de 40% des eaux de surface. Cela concerne notamment les grands bassins comme ceux de Sebou, Oum Rabii et Moulouia. Le programme d’action 2005-2014 de l’établissement dirigé par Abdeladim Lhafi prévoit l’aménagement de 1,2 million d’hectares. Cette année, l’opération a porté sur 178.000 ha. Parallèlement, cet organisme souligne «l’importance des espaces forestiers dans l’amélioration du système hydrique». C’est pour cela qu’il s’est attaqué à d’autres menaces sur les équilibres écologiques du Maroc.
A commencer par l’érosion des sols qui conduit à l’entassement de la vase dans les barrages, réduisant ainsi leur capacité de stockage. Depuis 1950, le Maroc a perdu 1,4 milliard de m3 d’eau à cause de ce problème. La désertification constitue également une autre menace, notamment pour les zones côtières et les oasis. Le Maroc est classé comme l’un des pays les plus sensibles à ce phénomène, surtout que 93% du territoire national se caractérise par un climat rude. D’où la nécessité de s’atteler d’urgence à l’atténuation des effets de la désertification. Les Eaux et Forêts ont arrêté l’objectif de 4.500 hectares de dunes de sables à l’horizon 2014. Avec les 640 hectares fixés cette année, les responsables de cet organisme se targuent d’avoir déjà atteint 120% de l’objectif escompté. Parallèlement, 7 ceintures vertes ont été mises en place autour des villes dans les provinces du Sud, afin de faire barrage aux mouvements des sables. Ces menaces sont également amplifiées par la pression exercée par les populations sur les pâturages. Une surexploitation, qui dépasse 2 à 5 fois le taux normal, porte sur plus de 26% de ces espaces. D’où l’importance de l’implication des populations dans les efforts de protection des ressources naturelles, à travers la sensibilisation, mais surtout en planchant sur la définition des alternatives pour atténuer la pression sur ces espaces.

Budget

LA lutte contre la désertification figure parmi les principales actions prévues par les Eaux et Forêts en 2013, avec un objectif de 700 nouveaux hectares.
Idem pour la production des plantes avec 40 millions nouvelles unités, ainsi que le reboisement de 44.000 hectares de forêts. Autant d’actions mises en avant par Abdeladim Lhafi, Haut commissaire aux Eaux et Forêts, lors de la discussion des budgets sectoriels à la Chambre des représentants. Le budget prévisionnel pour son établissement a été fixé à 915 millions de DH, dont 80% des comptes spéciaux. Une enveloppe en baisse de 145 millions de DH par rapport à l’année précédente.

 

Mohamed Ali MRABI

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