Competences & rh

Recrutement: La cooptation, peu coûteuse et efficace

Par L'Economiste | Edition N°:3907 Le 13/11/2012 | Partager
Une technique très prisée dans les centres d’appels et les PME

A l’heure du développement des réseaux sociaux, les entreprises font de plus en plus appel à leurs salariés pour embaucher de nouvelles recrues. Ce mode de recrutement, appelé la cooptation, déjà largement présent en Europe, commence à se développer au Maroc. Une technique à la fois économique et efficace, mais qui comporte également le risque de tomber dans le copinage et de créer des conflits sociaux.
La cooptation peut se définir concrètement comme étant  un mode de recrutement consistant à inciter des collaborateurs à proposer la candidature de connaissances lorsqu’un poste est à pourvoir. Cette technique est de plus en plus utilisée dans les entreprises marocaines. Elle est avant tout présente dans les centres d’appels et les organismes d’offshoring d’après Hicham  Bennis, responsable marketing et développement à la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM). «Le turnover de ces structures est élevé, d’où le recours par ces types d’organismes à une telle méthode», affirme-t-il.
La cooptation est également très répandue dans les petites structures telles que les PME qui cherchent à réduire leurs dépenses. «Les PME optent de plus en plus pour la cooptation, un moyen de recrutement économique comparé  aux autres méthodes généralement employées telles que la publication d’annonces de recherche d’emplois dans les médias ou encore le recours à un cabinet de recrutement», ajoute Hicham Bennis. Enfin, la cooptation gagne progressivement les grands groupes tels que Dell, BMCE, Banque al Chaabi ou encore Capgemini, qui utilisent cette méthode car elle leur permet d’obtenir des profils bien déterminés et aux compétences «pointues». En plus d’être économique, ce mode de recrutement a aussi l’avantage de favoriser le gain de temps. En effet, les salariés «coopteurs», qui deviennent eux-mêmes des recruteurs et chassent au sein de leur réseau personnel, ont souvent une bonne connaissance de leur entreprise, aussi bien au niveau de son fonctionnement que de ses exigences. Un avantage de poids qui permet de générer rapidement des embauches.
Les personnes cooptées sont  par ailleurs le plus souvent, des téléconseillers et des salariés. Les commerciaux et les informaticiens sont moins concernés par le phénomène, souligne Essaid  Bellal, directeur général de Diorh.
Ce mode de recrutement peut néanmoins comprendre de nombreux inconvénients. Le risque est en effet tout d’abord de tomber dans le piège du copinage. «Travailler avec son propre cercle relationnel, s’il n’est pas filtré, peut s’avérer néfaste pour l’entreprise, qui peut se retrouver avec des personnes non expérimentées ou encore avec des débutants». Autre inconvénient et non des moindres, la cooptation peut entraîner des sources d’abus ou encore des conflits internes. «La personne cooptée peut créer de la jalousie et des comportements envieux auprès d’autres collègues, notamment si elle se retrouve sous les ordres de son coopteur, une situation qui pourrait jouer à son avantage en lui permettant d’agir comme si elle était protegée», pour le DG de Diorh.  Enfin, la cooptation pourrait constituer une faille pour l’entreprise en privant cette dernière de candidats «externes» dont les compétences seraient plus adaptées aux besoins recherchés.

Les salariés «coopteurs», qui deviennent

eux-mêmes des recruteurs et chassent

au sein de leur réseau personnel

K. A.

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