Economie

Logistique
Le gouvernement promet d’accélérer la cadence

Par L'Economiste | Edition N°:3904 Le 08/11/2012 | Partager
166 milliards de DH investis entre 2012-2016
Routes, autoroutes, réseau ferroviaire, ports, aéroports… les chantiers lancés

Sur les 166 milliards de DH débloqués pour la mise à niveau de l’infrastructure de transport, 63 milliards sont destinés notamment à la mobilisation du foncier pour la construction d’un réseau de zones logistiques multiflux, la formation, l’émergence d’acteurs nationaux…

Le patronat réclame sa part du gâteau! La Fédération du transport (FT/CGEM) a insisté de nouveau sur la nécessité d’associer le privé à raison de 50% dans l’organisme qui sera chargé de gérer les futures zones logistiques, à commencer par celle de Zenata. Le patronat redoute l’instauration d’un oligopole, représenté par le GIE qui regroupe la Société nationale du transport et de la logistique (SNTL), l’Office national des chemins de fer (ONCF), la CDG… C’était lors de la conférence organisée par la Chambre britannique du commerce, mercredi 7 novembre, sur les réformes et les mesures à prendre en matière de mise à niveau de la compétitivité logistique. Une rencontre qui a permis de revenir sur le calendrier des dispositions s’inscrivant dans le cadre de la stratégie logistique. Les opérateurs n’ont pas manqué de rappeler le retard enregistré dans la mise en œuvre de la feuille de route. Un retard qui s’explique par la non-désignation d’un directeur de la future Agence nationale pour le développement de la logistique (AMDL). Instance qui sera chargée du pilotage de toute la stratégie. Mais en attendant, une task force a vu le jour. Elle a pour mission de baliser le terrain devant la future structure.
En matière d’amélioration de la connectivité logistique, le Maroc est passé en cinq ans de la 94e à la 50e place. De plus, en termes de connectivité maritime, le Royaume est classé 18e mondial depuis 2010, contre la 77e place en 2007.
Des performances dues à l’amélioration des indicateurs de transport, notamment l’extension du réseau des autoroutes. En effet, le schéma autoroutier s’élève à fin 2011 à 1.416 km. Il passera à 1.800 km à l’horizon 2015. De plus, 698 km de voies express sont mises en service et passeront à 1.054 km dans trois ans. Quant au réseau ferroviaire, le gouvernement a mis en place une stratégie pour le développement du secteur, notamment l’ouverture de la ligne Tanger Port-TangerMed sur 45 km, de la nouvelle ligne Taourirt-Nador, la première ligne grande vitesse Tanger-Casablanca. Au total, 3 milliards d’euros seront investis entre 2010 et 2015, dont 1,8 milliard d’euros pour le TGV. Sur le plan de l’infrastructure portuaire, la construction d’un deuxième port à conteneurs a été lancée à TangeMed. Un autre terminal (3 millions EVP) pourrait être réalisé en fonction de l’évolution de la demande en infrastructure portuaire. Le développement du transport aérien fait également partie des axes d’amélioration de la compétitivité logistique. Le réaménagement du terminal 1 de l'aéroport Mohammed V permettra de faire face à l’évolution du nombre de passagers. Il pourra accueillir 13,5 millions de passagers à l’horizon 2015. D’autres aéroports devraient également enregistrer des extensions tels que celui de Fès Saiss, dont la mise en service est prévu fin 2013 ou encore celui de Marrakech, qui sera achevé en juin 2014.
«Le programme gouvernemental s’inscrit dans la continuité et devrait capitaliser sur les réalisations acquises jusqu’à présent. L’année 2013 enregistrera une accélération de la mise en œuvre de la stratégie logistique», affirme Younes Tazi, directeur de la stratégie et de la réforme au ministère de l’Equipement et du Transport. Concrètement, il s’agit d’achever 400 km d’autoroutes et 600 km de voies express (Oujda-Nador et Taza Al-Hoceima). Le programme porte également sur l’achèvement du 2e schéma autoroutier: Oujda-Frontière algéro-marocaine, Marrakech-Beni Mellal, Fès-Tétouan et desserte Nador. Le 2e programme national des routes rurales devrait également être achevé. Le gouvernement s’apprêté à lancer les études de faisabilité de grands projets, notamment le tunnel de Tichka sur l’axe routier Marrakech-Ouarzazate et la route reliant le port de Casablanca et la zone logistique de Zenata. Dans le domaine du ferroviaire, la LGV Tanger-Casablanca devrait être achevée à l’horizon 2015. Quant à la ligne TGV Casablanca-Marrakech, aux lignes classiques Tétouan-Melloussa et Khouribga-Beni Mellal, les études de faisabilité seront lancées incessamment. Le ministère de tutelle sera également impliqué dans la réalisation du transport régional via RER à Casablanca. Dans le domaine du transport maritime, la construction de nouveaux ports est à l’ordre du jour, notamment Safi, Nador West Med, Jorf Lasfar, Dakhla, Kénitra.

Handicaps

Les opérateurs membres de la Fédération du transport relèvent encore un certain nombre de handicaps qui plombent le développement du transport dans toutes ses composantes. «Dans le domaine du maritime, le nombre de navires marocains est passé de 70 en 1980 à 20 en 2011. Du coup, les compagnies d’origine étrangère représentent 90% du trafic maritime», explique Hamid Zhar, conseiller de la FT/CGEM. En cause, la libéralisation du secteur sans la mise en place de mesures d’accompagnement. Par ailleurs, en raison de l’avilissement des tarifs du transport routier de marchandises, généralement en deçà du tarif de référence fixé par la tutelle, bon nombre d’entreprises basculent dans l’informel. D’où la détérioration de la qualité de service, la hausse de la sinistralité, le faible taux d’encadrement... De plus, les entreprises sont dans l’impossibilité structurelle de répercuter les hausses des charges, notamment de gasoil.


Hassan EL ARIF

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