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Affaires

8e Caravane civique
N'inventez pas votre pays!

Par L'Economiste | Edition N°:1747 Le 14/04/2004 | Partager

. Philippé Gonzalez: «Ce qui attire les touristes, c'est l'identité culturelle et civilisationnelle du pays». L'espace public doit être partagé sans tentative d'homogénéisation«JE n'aime pas les conférences du tout, et quand Fatéma Mernissi a évoqué tout à l'heure la grande conférence de la Caravane civique, j'étais choqué!» s'exclamait vendredi dernier l'ex-Premier ministre espagnol, Philippé Gonzalez, invité d'honneur de la 8e Caravane civique, qui s'est déroulée du 9 au 11 avril à Casablanca. Une première pour cette caravane qui a vu le jour initialement pour désenclaver les zones isolées, en créant un dialogue et un échange permanents avec les jeunes de ces régions. D'après Najia El Boudali, présidente de Synergie civique, initiatrice de cette caravane, ce changement de cap est une façon de rapprocher les associations et les jeunes ruraux de la société civile casablancaise, tout en donnant de la visibilité à leurs actions. Chose faite, apparemment, car ce vendredi dernier, le premier étage de l'hôtel Idou Anfa ressemblait à une fourmilière. Des acteurs civiques de Zagora, Casablanca, Ouarzazate, Rabat, Marrakech s'activaient ici et là, en distribuant leurs dépliants explicatifs aux visiteurs et invités venus d'Espagne, Italie, Allemagne ou autres, Iran et Pakistan. A cette occasion, «les tisseurs du dialogue» se faisaient polyglottes pour faire entendre leurs voix, car «tout le monde a besoin de tout le monde», comme l'a dit une participante iranienne dans un arabe approximatif mais communicatif.Après une séance prolongée de présentation animée par Fatéma Mernissi, place à la «grande conférence de la caravane». Un débat autour du thème «Tourisme civique, une opportunité pour le dialogue» que Philippé Gonzalez a animé en conjuguant non-conformisme et simplicité. Tenue décontractée et sourire bienveillant, l'ex-Premier ministre espagnol a décrit les critères d'un tourisme compétitif, qui va au-delà des «prétendus atouts: la plage et le soleil». «Tous les soleils se ressemblent, celui de l'Espagne est semblable à celui du Maroc ou des Caraïbes; ce qui fait la différence et attire les touristes, c'est l'identité culturelle et civilisationnelle du pays», explique-t-il. Ce monde, «réduit» et «accessible» grâce à l'évolution technologique et à l'offre promotionnelle des différents acteurs touristiques mondiaux, représente un grand défi pour le Maroc. Pour Gonzalez, en plus des infrastructures qui facilitent l'accès physique au pays et à ses recoins les plus éloignés dans le confort, la singularité et la particularité culturelles sont des moyens imbattables pour développer une relation exceptionnelle avec le touriste. Gonzalez a illustré son idée par l'exemple de la chaîne arabe Al Jazeera. Il a expliqué que son succès interarabe et international est le fruit de sa particularité qui réside essentiellement dans le fait de présenter un point de vue arabe quant à l'actualité. Charmeur, Gonzalez a évoqué l'histoire, la civilisation, la culture marocaines qui sont de forts avantages à développer sans toutefois les dénaturer: «N'inventez pas votre pays… il est déjà là et grandiose en plus. Il faut juste être conscient de son originalité et sa capacité à offrir quelque chose qui a de la valeur pour les autres», conseille-t-il avec ferveur et conviction, en insistant sur l'importance du dialogue. Tourisme ou immigration, l'ex-Premier ministre évoque l'espace public qui doit être partagé dans l'échange sans tentative d'homogénéisation. Une responsabilité à assumer par les politiques afin de faciliter l'action de la société civile. «Pas de société civile sans direction politique», estime Gonzalez qui n'a pas résisté à l'envie de glisser vers son sujet de prédilection, lui qui revendiquait, tout au long de la conférence, l'aspect «simple citoyen» de son intervention. Clairvoyance ou excès de pessimisme, en tout cas, Philippé Gonzalez a conclu sa conférence en tranchant à propos de la situation en Irak: «Il n'y a aucune possibilité de sortir de cette impasse d'une façon institutionnelle». Ceci avant de se ressaisir et de lancer un appel d'espoir aux jeunes «Faites de la politique, même si ça ne vous plaît pas, car si vous ne le faites pas, d'autres le feront… et les changements seront les leurs. Alors vaut mieux que ça soit vous». Edifiant! Hayat KAMAL IDRISSI

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