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    Economie

    La Société d’investissements énergétiques au Club de L’Economiste
    Solaire: Le Maroc crée un benchmark

    Par L'Economiste | Edition N°:3882 Le 05/10/2012 | Partager
    Le choix de la technologie SCP motivé par la composante stockage
    L’Etat subventionnera le prix du kWh

    D’ici 2020, 42% de la puissance électrique installée devrait être de sources renouvelables. La consommation du gaz devrait  augmenter, passant de 10% en 2012 à 21% en 2020. Quant au fuel, sa consommation devrait baisser à 10% en 2020

    La décision est effective depuis le 10 août dernier. La Société d’investissements énergétiques aura également pour mission d’accompagner les petits projets orientés régions. Dotée d’un capital de 1 milliard de dirhams, la SIE est actionnaire de Masen et elle codéveloppe des projets dans l’éolien.

    Compensation solaire: Le Maroc ne fait pas exception
    C’est une critique qui revient souvent, celle de la subvention des énergies renouvelables et donc d’une compensation solaire qui se profile. Il s’agit plus exactement de l’engagement de l’Etat à prendre en charge le gap entre le coût de production du kilowattheure des centrales solaires et le coût d’achat par l’Office national de l’électricité (ONEE). Une décision qui a fait l’objet d’une convention signée à Ouarzazate devant le Souverain. «Tous les pays qui se sont lancés dans les énergies renouvelables ont procédé au soutien institutionnel de leur secteur énergétique ou industriel. En Europe, ce soutien prend souvent la forme d’un feed in tarif (ndlr: c’est un tarif de rachat aux producteurs). Nous, notre feed in tarif est la couverture du gap. C’est le choix du Maroc pour impulser le solaire dans notre pays», explique Ahmed Baroudi, directeur général de la Société d’investissements énergétiques (SIE).  Ceci étant, Masen et les équipes de la SIE se sont attelées depuis le début à réduire ce coût pour l’Etat. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles le choix s’est porté sur la  création de Masen Capital, une société hébergée chez Masen et qui devra prendre des participations dans les sociétés de projet. Ainsi, 25% des revenus des centrales seront réinjectés dans Mazen. Ce qui permettra, selon Baroudi, de réduire ce gap et donc le coût pour l’Etat.

    Pourquoi le choix du CSP
    Les règles ont été établies dès le départ. L’ONEE a exigé une production énergétique en puissance et qui couvre la pointe du soir, laquelle coûte cher au Maroc. Aussi, la solution solaire devait-elle prendre en compte la composante stockage. D’où le choix de la technologie CSP qui répond le mieux aux exigences du Maroc.
    Selon Baroudi, Masen a créé un benchmark au niveau mondial sur la technologie CSP. «Aucun pays au monde n’a sorti un kWh à un prix aussi performant, soit 1,6 dirham», souligne  le DG de la SIE. 

    Schéma directeur d’investissement
    Tout était à «construire» puisque le secteur reste nouveau. Pour établir le schéma directeur d’investissement, les équipes ont dû analyser toutes les technologies utilisées au niveau mondial. Les maturités des différentes technologies ont été finement étudiées ainsi que les expériences menées par les principaux pays avancés sur les énergies renouvelables. Le tout a été par la suite rapproché avec la maturité du Maroc en termes de capacités industrielles, de technicité et de capacités humaines. La SIE s’est donc dotée d’un outil qui lui permet de déterminer le niveau de risque associé à n’importe quel investissement. Elle dispose aussi d’une stratégie d’investissement conformément aux directives de son conseil d’administration.

    Eolien: L’ONEE ne peut pas absorber la production du privé
    La Société d’investissements énergétiques est partie prenante dans le programme éolien, qui devra permettre au Maroc d’atteindre une capacité éolienne installée de 2.000 MW d’ici 2020. Cette capacité devrait être assurée par l’ONEE et le secteur privé. Jusqu’à présent, 150 MW ont été attribués dans le cadre de la centrale de  Taza et 850 MW seront accordés en mono bloc à un consortium d’ici la fin de l’année. Le choix d’opérer en mono bloc devrait assurer l’intégration industrielle et le développement de la chaîne de valeur au Maroc.
    Dans le secteur privé, des initiatives sont lancées. Nareva, qui était prête puisqu’elle a investi  au cours des 5 dernières années, a lancé deux projets.
    L’investissement dans l’éolien est soumis à des  autorisations en fonction des capacités en mégawatts.  «Pour que les autorisations soient accordées, il faut que le développeur privé présentent des acheteurs. L’ONEE ne s’est jamais engagé à absorber toute la production d’énergie du privé», souligne le directeur général de la SIE. Et d’ajouter : «Nous partageons pleinement les difficultés que rencontrent les développeurs privés auxquels nous sommes associés». La SIE travaille actuellement avec 5 opérateurs privés. Pour l’instant, elle a signé avec deux d’entre eux seulement. 

    Interopérabilité des réseaux 
    «Le choix de développer 2.000 MW est une décision stratégique qui positionne le Maroc parmi les acteurs de premier ordre et nous tire vers le haut», souligne Baroudi. Le Maroc, qui est présent dans le tour de table de l’Union pour la Méditerranée et de Desertec, consolide sa position géostratégique de transfert et d’échange d’énergie entre le Nord et le Sud.  Le DG de la SIE explique qu’aujourd’hui, les organisations internationales travaillent sur les modèles d’échanges des capacités électriques pour les 10 prochaines années. Plus exactement, la communauté euro- méditerranéenne planche sur la gestion des équipements et des infrastructures au sol. Ce qui devra permettre l’interopérabilité des réseaux. 

    Les Energy Services Compagny seront appuyées
    La réglementation en matière d’énergies renouvelables n’est pas entièrement bouclée. Des textes sont toujours en cours. C’est le cas notamment pour le volet relatif à la moyenne tension ainsi que pour le décret d’application de la loi sur l’efficacité énergétique. Ce dernier texte permettra par exemple de fixer les standards et normes pour le bâtiment et la normalisation des Energy Services Compagny (ESCO) qui sont des sociétés de services énergétiques. Mais aujourd’hui, elles ne sont pas nombreuses sur le marché. Or, des compétences sont nécessaires pour accompagner le déploiement de la mise en œuvre de la stratégie sur l’efficacité énergétique. Les décrets d’application vont soutenir la création des ESCO. «Le secteur privé doit jouer son rôle et il est important de créer les conditions pour cela», note le directeur général de la SIE.


    Khadija MASMOUDI

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