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    TIC: «Les PME exclues du système»
    Entretien avec Mohamed Bennis, président de l’Association des utilisateurs des systèmes d’information au Maroc (Ausim)

    Par L'Economiste | Edition N°:3876 Le 27/09/2012 | Partager
    Le coût d’acquisition du matériel décourage la PME
    Des assises pour une plateforme de networking

    Mohamed Bennis: «Nous demandons aujourd’hui à ce que les chiffres concernant le marché marocain soient produits par nos propres organismes»

    - L’Economiste: Comment évaluez-vous l’équipement en TIC des entreprises marocaines?
    - Mohamed Bennis: L’équipement en TIC est de plus en plus important. Mais cela diffère encore d’une entreprise à l’autre, selon sa taille et ses moyens.
    L’accès au numérique est plutôt réservé aux grandes structures alors que les PME, qui représentent plus de 90% du tissu économique marocain, demeurent plus ou moins exclues du système. Maintenant, il faut que l’offre s’intéresse aussi à ces PME, en proposant notamment des produits à des prix un peu plus bas.

    - Comment expliquer cette tendance?
    -Vous ne le savez que trop bien. Toutes les PME n’ont pas les moyens nécessaires pour s’équiper en technologies de l’information. Mais ce n’est pas la seule cause. Il y a aussi le coût supplémentaire que le matériel acquis va induire. Il s’agit en l’occurrence de l’entretien de ce matériel qui va exiger le recrutement d’un responsable informatique ou un technicien. Et cela est d’autant plus difficile lorsque l’on sait que le coût de la main-d’œuvre a considérablement augmenté au cours de ces dernières années.

    - Quel est le secteur le plus fortement équipé en systèmes d’information?
    - C’est sans doute le secteur financier qui dispose d’importants moyens humains et financiers. Il faut aussi dire que c’est le secteur qui a été amené à se digitaliser le plus rapidement. Cela s’explique par les interconnexions du marché mondial.

    - Question formation, y a-t-il sur le marché des profils adaptés aux besoins de la demande?
    - Le plan des 10.000 ingénieurs a beaucoup donné au Maroc, particulièrement dans le secteur des TIC. La main-d’œuvre est beaucoup plus disponible qu’auparavant mais il faut dire que la qualité n’est pas toujours au rendez-vous.
    Toutefois, nous restons très optimistes quant aux compétences d’un bon nombre de profils. Pour preuve, les Canadiens et les Français ont toujours manifesté leur engouement pour la main-d’œuvre marocaine.

    - Quels sont, selon vous, les limites et les principaux défis au développement des TIC?
    - Le marché va bientôt s’autoréguler. L’équilibre entre l’offre et la demande tend à s’établir. Mais ce qui constitue encore un frein au développement des technologies de l’information, c’est réellement la confiance. Il faut définir un cadre juridique afin de mettre en confiance à la fois le client et l’entreprise.

    - Le Maroc a été classé 48e en matière de services administratifs. Que vous inspire ce classement?
    - Ce classement est en notre faveur. Mais pourquoi attendre qu’un organisme étranger vienne nous classer quand nous pouvons nous même le faire. Nous demandons aujourd’hui à ce que les chiffres concernant le marché marocain soient produits par nos propres organismes, notamment l’observatoire des TIC et l’Apebi. Seule l’ANRT publie parfois quelques données mais cela reste insuffisant en comparaison avec les autres secteurs.

    - Quel bilan d’étape dressez-vous du plan Maroc Numeric 2013?
    - Je ne pourrais vous faire un bilan de ce plan qui a beaucoup apporté au Maroc. Ce que je peux dire c’est qu’il faut voir le verre à moitié plein. Il ne faut pas faire preuve de scepticisme en énumérant ce qui n’a pas encore été fait mais au contraire, revenir sur ce qui a été fait. Et c’est à ce moment-là que les véritables limites et défis vont être identifiés.
    Le ministre du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles technologies sera d’ailleurs présent parmi nous lors des assises que nous organisons en octobre prochain à Marrakech pour dresser le bilan de Maroc Numeric 2013 et surtout faire des projections.

    - Justement, quels sont les enjeux de la 2e édition des assises de l’Ausim?
    - Le principal enjeu est de créer une plateforme d’échange, de débat et de networking pour les professionnels marocains en présence d’experts nationaux et internationaux. Ce sera l’occasion de discuter de l’entreprise numérique, des opportunités et des défis notamment.
    Nous allons aussi créer le débat autour de la confiance numérique et nous allons même donner quelques recettes aux entreprises qui leur permettraient de gagner la confiance des clients.


    Propos recueillis par A. R. & H. B.

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