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Chronique d’Hier et d’Aujourd’hui

Questions autour d’une fiction
Par Mouna Hachim

Par L'Economiste | Edition N°:3869 Le 18/09/2012 | Partager

Mouna Hachim est titulaire d’un DEA en littérature comparée. Depuis 1992, elle a éprouvé sa plume dans les métiers de la communication et de  la presse écrite. Passionnée d’histoire, elle a publié en 2004  «Les Enfants de la Chaouia», un roman historique et social,  suivi en  2007 d’un travail d’érudition, le «Dictionnaire des noms de famille du Maroc»

Hystérie, folie, barbarie… Les mots manquent pour résumer l’accueil qui a été réservé à la (re) sortie via le Net de cette immonde mascarade à la date du 11 septembre.
En somme: beaucoup de questions et peu de réponses… Pourquoi ce timing synchronisé pour propulser une production qui a pour intention manifeste, l’incitation à la haine?
Contre qui précisément est dirigée la colère de ces manifestants et en quoi les ambassades américaines, britanniques, allemandes... sont impliquées d’autant que certains gouvernements étrangers dont US s’en sont clairement démarqués? Qu’une grande manifestation à travers le monde use de moyens pacifiques et légaux pour  exiger le respect des symboles religieux, soit! Mais pas la violence qu’on a vu, de-ci de-là, à Benghazi, Tunis, Le Caire, Khartoum, Sanaâ, Zinder au Niger… Ce mélange de haine, de colère aveugle, d’épanchement des frustrations et des sentiments d’humiliation, en plus de l’effet de foule, des manipulations, du sous-développement…
Un scénario digne d’une machiavélique fiction où d’autres acteurs (dont la réaction est prévisible et la psychologie bien connue par les maîtres du jeu), entrent en scène post-production pour donner la réplique au film et lui assurer une extraordinaire promotion…
«L’innocence des musulmans», c’est ainsi que s’appelle cette grossière mascarade. A se demander comment on peut tomber stupidement dans le piège de ses ennemis et quels intérêts servent les plus hystériques qui incendient, saccagent, assassinent et bafouent ainsi les valeurs de l’islam qu’ils prétendent défendre…
Il va sans dire qu’au milieu des fracas, les voix les moins audibles sont celles de la majorité et dindons de la farce: les musulmans «modérés» (comme certains tiennent à préciser!); ceux qui ne crient pas ni ne cassent rien; et qui doivent, ironie de l’histoire, se justifier et s’auto-flageller pour des violences qu’ils n’ont pas commis. Comme si on rendait, si ce n’est coupables, du moins, responsables du contenu de ce film, tous les juifs et chrétiens de la planète réunis partant du fait qu’il a été promotionné par un donateur juif ou par des chrétiens évangéliques antimusulmans.
Ceci dit, dans cette obscurité qui guette où sont les ‘Alem et les intellectuels? Qui va donc se charger d’éveiller les consciences, encourager le dialogue, favoriser l’esprit critique, porter la lumière du savoir comme arme idéale contre l’extrémisme et les ravages de l’Ignorance...?
Par ailleurs, tout comme la critique de l’islam doit se baser sur des fondements intellectuels, la réponse doit être menée par la sagesse, sur le chemin de la connaissance, sans céder au sentimentalisme, à l’auto-glorification ou à l’endoctrinement...
Or, que produisons-nous en ce moment en tant que musulmans si ce n’est des déficits à tous les niveaux, des prédications grotesques et enflammées, des larmes de victimisation…? Les chiffres relatifs au classement du monde musulman aux indices de développement devraient faire honte à nos élites et dirigeants… A ce titre, pourquoi ces princes du Golfe aux richesses fabuleuses n’encouragent pas la production de travaux libres (films, documentaires…) et autres réalisations, de qualité, à portée internationale, sur la civilisation musulmane et sur son Histoire au lieu de financer et de promouvoir des courants radicaux…?
Pourquoi ne pas dénoncer les accointances d’ordre politique, géostratégique, économique entre les plus extrémistes de toutes les religions qui donnent l’impression de ne pouvoir fonctionner les uns sans les autres.
Enfin, quelle révolution est celle qui accouche d’un goût de chaos? Un «Printemps» qui ne finit pas de surprendre et donne l’impression d’une boîte qui a explosé pour libérer non plus l’espoir du départ mais le doute et la peur avec  l’apparition d’étranges «démons». Montée des extrémismes, haines et ignorances de tous côtés et spirale vicieuse qui signifierait comme dans la pièce du théâtre de l’absurde, «Rhinocéros», d’Eugène Ionesco, la fin de l’humanité, de la civilisation…  «Au début, les gens ont l'air normaux, puis un se transforme en rhinocéros, puis un autre, encore un autre... jusqu'au triomphe total de la rhinocérite... ».
Pour échapper à cette «animalité» rampante, il ne reste plus qu’à résister en cherchant l’humain en nous, partant du principe que l’on ne peut changer le monde si l’on ne change d’abord soi-même. Et comme l’union fait la force, grouper toutes les consciences libres, désireuses de justice et de paix, au-delà des races, des religions, des nationalités, sous la même bannière.

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