×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Produits islamiques: Forte demande… offre limitée

    Par L'Economiste | Edition N°:3834 Le 25/07/2012 | Partager
    Seule Dar Assafaa propose une alternative islamique
    Une offre qui ne fait pas écho à la demande
    Un chapitre dans la loi bancaire ouvrira la voie à l’implantation d’institutions financières islamiques

    Une fois adoptée, la nouvelle loi bancaire ouvrira la voie à l’implantation de banques et d’institutions financières islamiques

    Quand il est question de produits islamiques, les banques ne sont pas vraiment à la page. Seule Dar Assafaa,  filiale du groupe Attijariwafa bank, propose une alternative islamique aux produits classiques de la banque. Même si elle ne commercialise qu’un des trois produits autorisés par BAM, à savoir Mourabaha pour le crédit immobilier, automobile et équipement mobilier. Quant aux banques, elles n’ont pas vraiment répondu présent à l’appel. Certaines ont carrément arrêté la commercialisation des produits islamiques. D’où la chute de l’encours global enregistrée ces dernières années. A quoi est dû ce flop? Il est en partie imputable à l’absence d’un cadre réglementaire dédié à la banque islamique. D’ailleurs, plusieurs établissements estiment avoir une offre de produits islamiques, mais ils attendent tous la nouvelle loi bancaire pour redéployer au mieux cette activité. Une fois adoptée, cette loi ouvrira la voie à l’implantation de banques et d’institutions financières islamiques.
    Sur les quinze dernières années, une dizaine de banques islamiques du Moyen-Orient ont été recalées pour l’obtention d’un agrément par Bank Al-Maghrib. Cette loi a prévu de mettre en place un organe pour le conseil religieux dans le but de certifier les produits islamiques, en l’occurrence «Sharia board». Cet organe aura pour rôle la supervision des activités de la banque islamique et la validation des nouvelles offres selon les percepts de la Chariâ.
    En attendant et en dépit des dispositions de la loi de Finances 2010 (réduction de la TVA de 20 à 10% pour la Mourabaha), les produits islamiques éprouvent encore des difficultés à émerger. Une situation expliquée aussi par le déficit de communication, la formation ou encore le manque d’innovation.
    Aujourd’hui, la totalité ou presque (94%) de la population marocaine serait intéressée par la finance islamique d’après une enquête menée par l’Islamic Finance Advisory & Assurance Services (IFAAS) sur la finance islamique au Maroc (cf. L’Economiste du 18-06-2012). Ce qu’il faut retenir de ce résultat, au-delà de l’aspect éthique et religieux de ces produits, c’est qu’il existe aujourd’hui au Maroc un potentiel d’épargne non négligeable qui échappe totalement au circuit bancaire traditionnel. L’intégration de cette clientèle dans le circuit bancaire permettrait de relever le taux de bancarisation. De plus, l’épargne collectée résoudrait en partie la problématique de sous liquidité.
    Le principal produit commercialisé à ce jour consiste en une opération d’achat- revente à tempérament d’actifs réels et à valeur connue à l’avance. Il s’articule autour de trois axes: l’immobilier, l’automobile et l’équipement mobilier. Concrètement, par le biais d’un contrat Mourabaha, Dar Assafaa achète, à la demande du client, des produits en vue de les revendre à un prix majoré d’une marge bénéficiaire convenue d’avance. Cette majoration correspond aux frais de gestion du dossier, aux impôts. Elle prend également en compte la montée future des prix de l’immobilier et l’augmentation du coût du dirham pour les contrats à longue durée.
    En d’autres termes, le prix du bien acheté sera augmenté de sa plus-value acquise pendant le temps du remboursement. Par exemple, un bien immobilier, acheté par la société de financement à 500.000 DH aujourd’hui, sera remboursé sur 20 ans (pour l’immobilier la durée du remboursement varie entre 3 et 20 ans) à travers des redevances constantes pour un total de 1 million de DH.
    La redevance mensuelle ne doit pas dépasser 50% du revenu de l’acheteur. D’où le besoin pour ces produits islamiques d’avoir une tarification compétitive, assortie d’une offre qui soit à la fois authentique et transparente. Ce sont ces considérations là qui constituent un frein pour l’adoption de ces produits aujourd’hui au Maroc. L’innovation doit donc être au centre des préoccupations des banques afin de concevoir les produits adéquats répondant aux besoins d’une clientèle de plus en plus exigeante.

    Contrat tripartite

    C’est par le biais de ce contrat que Dar Assafaa conclut la vente aux clients des biens d’équipement et d’automobile. Ce contrat respecte plusieurs règles propres au droit commun et à la Chariâ. Il est conclu entre la banque, le fournisseur et le client. Le contrat doit déterminer avec précision les caractéristiques techniques de la marchandise. Le prix doit également être connu dès la signature du contrat.

    Btissam ZEJLY

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc