Culture

Festival des musiques sacrées
40.000 spectateurs ont suivi les concerts

Par L'Economiste | Edition N°:3807 Le 18/06/2012 | Partager
Dont la moitié est venue des quatre continents
Une clôture en apothéose samedi dernier

La grande star arabe Wadie El Safi a reçu vendredi la clé de la ville de Fès des mains de Allal Amraoui, le 1er vice-maire, en guise d’hommage. Auparavant, cette clé a été donnée notamment à Lotfi Bouchnak, Kadhem Saher, Saber Robaai et Adil Imam

Le Festival des musiques sacrées de Fès a tiré sa révérence, samedi dernier, sur une note positive. Malgré la crise internationale, les spectateurs étrangers étaient si nombreux. Pour cette 18e édition, ce sont environ 40.000 personnes qui étaient au rendez-vous à Bab Makina. «Près de 50% des spectateurs sont venus d’un peu partout dans le monde», avoue Faouzi Skali, initiateur du festival. Un peu plus de 20% de packages par rapport à 2011 ont été vendus pour un séjour sur Fès comprenant tous les spectacles du festival. De plus, beaucoup sont venus à titre individuel.
De fait, la soirée de clôture a attiré, comme celles de vendredi et jeudi, pas moins de 5.000 personnes. Si pour certains adolescents, l’espace de Bab Makina est un endroit pour la grande sortie, pour les mélomanes, ce lieu d’enrichissement de l’âme grâce à la musique spirituelle est presque un endroit de «recueillement». Ainsi, le silence et l’extinction des téléphones portables sont de mise.
Animé par l’artiste américaine révolutionnaire, Joan Baez, le spectacle du 16 juin s’est tenu  en présence d’un public cosmopolite. Jeunes et moins jeunes, Marocains et étrangers, sont venus voir Baez qui fait partie, depuis les années 1960, de l’histoire de la musique populaire américaine aux côtés de Bob Dylan. Samedi, elle a montré qu’elle continue inexorablement une carrière mondiale toujours profondément engagée dans son combat pour la liberté.
Devant Samuel L. Kaplan, l’ambassadeur des Etats-Unis au Maroc, Joan Baez a ressorti ses vieux titres. Elle a même chanté en arabe et en français. On le sait, quelle que  soit la langue, cette artiste née d’une mère irlandaise et d’un père mexicain, et qui a une grande sensibilité face à la souffrance du monde, cherche toujours à s’exprimer à travers la musique.
Son influence est fondamentale aujourd’hui sur une nouvelle génération de chanteuses, de Norah Jones à Katie Melua, de Souad Massi à la Tunisienne Emel Mathlouthi.
C’est peut-être l’une des raisons qui a poussé le diplomate Kaplan à lui demander une audience juste après son spectacle à Bab Makina. Ici, les trois derniers spectacles ont connu un franc succès. A commencer par celui de jeudi dernier. Confiée à Wadie El Safi, son fils, et Lotfi Bouchnak, la scène mythique a attiré pas moins de 7.000 personnes pour l’occasion. Certains ont même dû suivre le spectacle de plus de 2 heures debout. Un spectacle qui s’est déroulé à guichets fermés. D’ailleurs, depuis l’ouverture du festival, le public marocain était en quête des tickets du jeudi 14 juin. Même ambiance le lendemain à Bab Boujloud dans le cadre du festival off. Offerte gratuitement à la population fassie, cette soirée était l’occasion pour les responsables de la ville de remettre les clés de Fès à Wadie El Safi et Lotfi Bouchnak, en guise d’hommage.
En même temps, l’artiste islandaise Björk «électrisait» les spectateurs de Bab Makina. Björk, qui s’est produite devant SAR la princesse Lalla Salma, appartient à ces femmes d’exception qui de par leur talent artistique ont façonné  leur époque. Dans sa tentative de ré-enchanter le monde, elle a présenté son dernier répertoire de nature Biophilia. Avec une ambiance plutôt électrique que spirituelle, où les habits courts, la musique forte et les couleurs étaient un peu exagérés. Le spectacle de Björk s’est tenu en présence aussi du chef du gouvernement tunisien, Hamadi Jbali. Visiblement, ce dernier n’a pas apprécié la prestation de Björk ou plutôt ses effets vestimentaires. Il quitta Bab Makina au milieu du spectacle. D’autres personnalités de marque diront en substance que «du moment qu’on n’assiste pas tous les jours à ce genre de concert, vaut mieux en profiter au moins une fois dans sa vie». On le sait, concevant la musique comme liée à l’image, à la vidéo, au graphisme, au cinéma, Björk multiplie un nombre invraisemblable d’expérimentations qui la mèneront à cette œuvre en pleine mutation qu’est Biophilia. «Ce projet est une suite logique de Volta mon précédent CD. Volta était quelque part dans l’anthropologie, cette fois on ne s’intéresse pas aux humains. Ici on prend en compte à la fois l’aspect macroscopique, comme les planètes, mais aussi le volet microscopique, comme les atomes…», déclare Björk. En tout cas, Biophilia a pour but d’explorer le fonctionnement du son, l’étendue infinie de l’univers, des systèmes planétaires aux structures atomiques. Mais il est avant tout une nouvelle manière de faire rentrer les fans dans un nouveau monde féérique. Enfin, rappelons que le spectacle le plus coûteux de cette 18e édition du Festival de Fès des musiques sacrées du monde était celui de Björk avec un cachet de 100.000 euros.


Youness SAAD ALAMI

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