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    Economie

    Compensation
    Deux mesures chocs pour commencer

    Par L'Economiste | Edition N°:3796 Le 01/06/2012 | Partager
    Le fuel industriel au prix réel pour plusieurs industries
    Une hausse de 0,50 à 1 dirham pour le carburant à la pompe
    Les dispositions s’appliquent dès ce mois de juin

    Le système d’indexation sera réactivé pour l’essence super et le gasoil. Des scénarios d’augmentation sont prêts. Les hausses seraient de 0,50 à 1 dirham et interviendront en deux temps.
    Dans le cas du fuel industriel, deux options seraient déclinées: une décompensation totale du fuel utilisé par plusieurs industries et une compensation limitée entre 25 à 30% pour les autres industries, soit la poursuite du schéma de 2010.  Plus exactement, le gouvernement compte reprendre le processus de décompensation entamé il y a deux ans. Une hausse de la tonne du fuel de 550 dirhams devait intervenir en juillet 2011 mais elle a été stoppée. Ce produit, dont la consommation a augmenté avec l’entrée en service des centrales de l’ONE, n’était pas subventionné auparavant. Plus précisément, de 1995 à 1999, son prix était indexé sur les cours mondiaux. Ce n’est qu’en novembre 2000 quand le prix du fuel a franchi le cap de 2.000 dirhams la tonne que le gouvernement a gelé l’indexation avant de la reprendre en 2006. Aujourd’hui, même si des incertitudes pèsent sur le cours du pétrole avec une croissance qui marque le pas aux Etats-Unis, la décélération en Chine ou encore la récession en Europe, le Maroc ne pourra pas continuer à subventionner les produits pétroliers au même niveau. Ainsi, pour les quatre premiers mois de l’année, les dépenses courantes ont augmenté de 10,3 milliards de dirhams (16,3%) en particulier sous l’effet des dépenses de la compensation qui se sont accrues de 32% à 4,9 milliards de dirhams comparativement à la même période que l’année dernière. Dans ces conditions, le gouvernement n’écarte pas une hausse des prix. L’on parle plus exactement de «mesures ponctuelles durant le mois de juin en attendant la réforme du système de la compensation d’ici la fin de l’année».  La structure des prix des produits pétroliers étant généralement fixée chaque 15 jours.
    Les augmentations des prix permettront d’alléger la charge de la compensation. Surtout qu’elle coûte cher et ne profite pas uniquement aux catégories pauvres. Ainsi 20% de la population les plus riches bénéficient de près de 43% de la compensation et en particulier de 75% des subventions au diesel et à l’essence.
    De plus ces deux produits représentent plus du tiers de la charge de la compensation. Selon les pétroliers, l’Etat verse près de 4 à 4,5 milliards de dirhams par mois mais n’arrivent pas à éponger les arriérés de paiements qui s’accumulent. Les compagnies pétrolières réclament près de 20 milliards de dirhams à l’Etat, affirme le groupement des pétroliers du Maroc.

    Economie de rente

    Le constat est dressé par la Banque Mondiale dans son dernier rapport sur la protection sociale au Maroc : «Le système de la compensation a conduit à la mise en place d’une économie de rente». Ainsi, le défaut de couverture des plus pauvres et le budget imprévisible et exponentiel du système mettent en cause sa  pertinence. Face à cette situation, le gouvernement compte réformer le système de compensation d’ici la fin de l’année. Il envisage de mettre en place des mécanismes plus efficaces, cibler les couches de la population qui en ont le plus besoin ainsi que réduire et stabiliser la charge de la compensation. Il compte également redéployer, selon la Banque Mondiale, les  subventions économisées vers des projets plus rentables économiquement et socialement.

    K. M.

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