×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Analyse

Global Conference-Rabat Round
44 décharges à créer d’ici 2015

Par L'Economiste | Edition N°:3784 Le 16/05/2012 | Partager
132 dépôts sauvages à réhabiliter sur trois ans
Difficile de mobiliser les 37 milliards de DH
La mise en œuvre du programme national à la traîne

Les 12 premières décharges contrôlées, réalisées dans le cadre du Programme national des déchets ménagers et assimilés, ont permis de traiter plus de 1,5 million de tonnes de déchets par an, soit 31% de l’ensemble des déchets ménagers produits annuellement. Ce taux devrait passer à 66% avec la mise en service de 6 autres décharges prévues.

Grandes ambitions, mais toujours de grands freins. Dans le domaine de la collecte des déchets ménagers, à travers des projets dits innovants, le Maroc veut atteindre un taux de collecte de 90% en 2015 et de 100% en 2020. Pour cela, il faudra achever les actions entreprises et entamer rapidement les chantiers prévus et qui traînent encore. C’est en tout cas ce que préconisent bon nombre d’ONG écologistes. Un atelier, organisé tout récemment par le ministère de l’Intérieur en collaboration avec l’Association marocaine des experts en gestion des déchets et en environnement, a fait ressortir la problématique des décharges et leur gestion qui relève de la compétence des communes (Charte communale, Dahir n° 1-08-153 du 18 février 2009). L’élimination des déchets passe, toujours et en grande partie, par leur déversement sauvage dans des anciennes carrières ou sur le bord des talus. Ce qui entraîne des conséquences désastreuses sur l’environnement (écosystèmes, atmosphère, eaux de surface et souterraines, environnement planétaire…), la salubrité publique (épidémies, intoxications…) et l’économie du pays. En effet, le coût annuel de la dégradation de l’environnement qui en découle serait, selon une évaluation du Secrétariat d’État à l’eau et à l’environnement, de plus de 1,7 milliard de DH, soit 0,5% du PIB national. Pourtant, le Maroc dispose d’un ambitieux programme visant l’amélioration de la gouvernance du secteur des déchets ménagers et la prise en compte des dimensions environnementales et sociales. Elaboré par le Secrétariat d’Etat chargé de l’eau et de l’environnement et le ministère de l’Intérieur avec l’appui de la Banque mondiale, le Programme national de gestion des déchets ménagers et assimilés (PNDM) est doté d’un budget de 37 milliards de DH. Plusieurs villes se sont vu accorder quelques moyens financiers pour réaliser de nouvelles décharges ou réhabiliter les anciennes. Toutefois, des obstacles d’ordre technique, organisationnel et financier surviennent sur le terrain, retardant ainsi la mise en œuvre du programme. Ce dernier prévoit la création de décharges contrôlées au profit de tous les centres urbains à l’horizon 2015. Par décharge contrôlée, l’on entend un site qui traite aussi les lixiviats et le biogaz produits. Pour ce qui est de la collecte et du nettoiement, le PNDM vise l’amélioration du taux de collecte, en passant de 3,4 millions de tonnes de déchets collectées en 2006 à 6,6 millions de tonnes en 2021, et ce, en tenant compte de l’augmentation annuelle de la production des déchets. En 2006, cette production en milieu urbain avoisinait les 4,7 millions de tonnes par an, soit en moyenne 0,76 kg/hab/jour. Avec la croissance démographique, l’urbanisation rapide et l’évolution des modes de consommation, ce volume devrait facilement augmenter.
Selon les dernières statistiques, 12 décharges contrôlées ont pu être réalisées, 6 sont en cours de construction, et 12 autres devaient être lancées en 2011. Entre 2012 et 2015, le Maroc est appelé à créer 44 autres décharges contrôlées. Les 12 premiers sites livrés ont permis de traiter plus de 1,5 million de tonnes de déchets par an, soit 31% de l’ensemble des déchets ménagers produits annuellement. Ce taux devrait passer à 66% avec la mise en service de 6 autres décharges. 
Le programme national ambitionne aussi de réhabiliter ou fermer toutes les décharges existantes en 2015. Pour l’heure, 22 sites ont été réhabilités et 40 devaient l’être en 2011. 132 décharges sauvages attendent d’être réhabilitées entre 2012 et 2015. Sur ce point, le PNDM vise la fermeture des décharges actuelles et l’implantation des dispositifs de dégazage et de drainage des lixiviats ainsi que les fossés d’évacuation des eaux de surface. Un plan de surveillance et de suivi devrait être élaboré afin de s’assurer, après fermeture des décharges, que les mesures de prévention sont effectivement mises en œuvre. L’objectif est d’atténuer, voire supprimer les impacts néfastes sur l’environnement.
La filière de «tri-recyclage-valorisation» n’est pas en reste. Le programme national prévoit de l’organiser et de la développer à travers des actions pilotes de tri pour atteindre en 2015 un taux de 20% de recyclage et de récupération des déchets générés. Pour ce faire, les communes seront encouragées à favoriser l’installation des unités de tri des déchets suivant deux scénarios proposés. Le premier repose sur un investissement privé (jeunes promoteurs ou autres) qui développera le secteur en intégrant les récupérateurs actuels comme main-d’œuvre à revenu stable et en travaillant dans des conditions d’hygiène améliorées. Le 2e scénario suppose l’intervention d’une coopérative ou d’une ONG qui prendra en charge la gestion de l’unité en faveur de la commune avec une intégration satisfaisante des récupérateurs.

Et le financement

LE coût du Programme national de gestion des déchets ménagers et assimilés est estimé à 37 milliards de DH et porte sur tous les centres urbains. Toutes les villes sont concernées par ce programme, y compris celles ayant délégué leurs services de propreté à des opérateurs privés. En détail, il fallait mobiliser quelque 8,5 milliards de DH entre 2006 et 2011 (1re phase), 11,9 milliards de DH entre 2012 et 2015 (2e phase) et 16,6 milliards de DH entre 2016 et 2021(3e phase). Les collectivités locales devraient y contribuer  à hauteur de 73%. Le budget de l’Etat et la coopération internationale (le tiers) devraient assurer, quant à eux, environ 12,9% du montant global. L’instauration d’une redevance d’enfouissement ainsi que d’autres taxes et redevances, prévues par le projet de loi 28-00, devraient financer environ 11,6 % du programme. Sans oublier l’intégration des projets de décharges contrôlées dans le mécanisme de développement propre (MDP) qui devrait apporter environ 2,7%.

Bouchra SABIB

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc