Competences & rh

Ils ont osé créer leur entreprise!

Par L'Economiste | Edition N°:3749 Le 27/03/2012 | Partager

Après une brève expérience professionnelle ou juste à la fin de leurs études, ils ont monté leur entreprise. Avec peu de moyens, sans réseaux, mais avec la volonté farouche d’être leur propre patron.

 

■ Ahmed Adib Filali: Société moderne de construction et de finition
«L’entrepreneuriat comme seule évidence de carrière»

Diplômé en physique par la faculté des sciences de Rabat, c’est alors qu’Ahmed Adib Filali se spécialise en génie des procédés industriels (génie chimique) à l’Ecole nationale de l’industrie minérale (ENIM) de Rabat. C’est une toute autre voie qu’il choisit d’explorer en tant que jeune entrepreneur de 24 ans, à savoir l’immobilier. Une fois son master en poche en 2011, ce jeune lauréat a pour ambition de créer sa propre entreprise spécialisée en immobilier en effectuant un investissement d’un million de dirhams. C’est ainsi que naît la Société moderne de construction et de finition 3 mois plus tôt, dont l’équipe se compose pour l’instant de 3 employés. Celle-ci s’occupe de l’acquisition de terrains, de la construction et de la vente des immeubles construits.
Ahmed Adib Filali a choisi de couvrir le marché de la province de Rabat et s’intéresse à de petites villes en évolution telles que Skhirat ou Aïn Aouda. Cela lui permet aussi d’éviter une concurrence qui serait fatale à de jeunes promoteurs immobiliers. Ses objectifs aujourd’hui sont de faire de l’entrepreneuriat social, la société vise ainsi des clients qui n’ont pas beaucoup de moyens ou alors pas le temps et qui ont besoin de gens fiables à qui confier la construction de leur futur lieu de vie. Ce qu’apprécie Ahmed Adib Filali dans l’entrepreneuriat est le fait de «travailler avec quelqu’un et non pour quelqu’un». Selon lui, les difficultés rencontrées par les jeunes entrepreneurs se situent au niveau de la transparence dans les affaires. Il se plaint principalement d’un accès inégal au marché.

■ Tarik Benaïm: Bina Maamour
«Moderniser l’entreprise familiale»

«Mieux vaut vivre avec des remords plutôt qu’avec des regrets », telle est la conviction de Tarik Benaïm, jeune entrepreneur d’une société spécialisée dans le génie civil. Né en 1985 à Rabat, cet étudiant assidu décroche son bac sciences math en 2004 au lycée Moulay Youssef, puis s’oriente vers des études en ingénierie industrielle à l’IHEM. Son diplôme en poche, il est immédiatement embauché par la fondation Mascir (Institut de nanotechnologie) où il a travaillé pendant deux ans et demi en tant que responsable achat et logistique puis en tant que responsable projet.
Fort de ses acquis théoriques et professionnels, c’est avec beaucoup d’implication qu’il entreprend de perfectionner la gestion de l’entreprise de son grand père: Bina Maamour située à Fqih Bensalah, près de Beni Mellal. C’est alors qu’il prend la tête de cette entreprise spécialisée dans les fournitures pour bâtiment, la construction et l’aménagement et dont le nombre d’employés s’élève à 42 personnes. Tarik Benaïm souhaite aujourd’hui créer une autre entreprise toujours spécialisée dans le bâtiment.
S’il a choisi de travailler à Fqih Bensalah, c’est surtout pour contribuer au développement de cette région du Maroc et lui permettre de participer à l’essor de son pays.
Ce qui a poussé ce jeune marocain vers la voie de l’entrepreneuriat est la volonté de travailler pour lui-même et d’être son propre patron, en considérant que cette aventure va de pair avec sa jeunesse. Selon lui, les seuls freins à l’entrepreneuriat aujourd’hui sont les complications administratives et les démotivations éventuelles en cours de route.

■ Sofia Achetouane: Moroccan Express Travel & Event
«Vendre le rêve marocain»

Tout juste âgée de 23 ans, Sofia Achetouane a déjà l’ambition et la détermination d’une grande voyagiste. C’est en tant que première jeune entrepreneure dans le secteur qu’elle a fait son entrée à Rabat –Agdal, il y a de cela 4 mois, en créant son agence de voyage: Moroccan Express Travel & Event.
Diplômée de l’université Al Akhawayne en administration des entreprises (spécialisation en finance et marketing), c’est alors qu’elle prend la décision de faire de son rêve, un chemin de vie. Elle, qui a grandi dans les hôtels et qui fait donc partie de cette grande famille de l’hôtellerie, avec un père opérateur dans le secteur, il n’est donc pas étonnant qu’elle soit restée imprégnée de ce goût de l’aventure, de la réception et du contact humain. Son objectif premier est de vendre le rêve marocain tout autant aux étrangers qu’aux Marocains eux-mêmes. Elle espère également attirer des touristes inhabituels dans notre pays (le marché asiatique par exemple). Ne se contentant pas de faire de la vente, Sofia Achetouane , qui s’entoure d’une équipe de 5 personnes de plus de 25 ans d’expérience, proposes également, par le biais de son agence, de faire du conseil en voyage. Elle s’assure ainsi de la qualité de chaque prestation et service proposés en faisant de l’écoute du client sa priorité.
Malgré le soutien inconditionnel de son père, cette toute jeune entrepreneure rencontre tout de même des difficultés au quotidien en tant que jeune femme dans ce monde qui reste encore très sexiste.

■ Ismail Haddour: Bricomag
«Exploiter un secteur à fort potentiel»

«Quand on joue pour gagner, il faut accepter l’idée de perdre ».Pour Ismail Haddour, la création d’entreprise est un combat acharné et seuls les plus déterminés réussissent à se faire une place. Après avoir décroché son bac ES au lycée Lyautey en 2003, ce jeune entrepreneur, aujourd’hui à la tête d’une grande surface de bricolage à Kenitra, a d’abord entamé des études à l’école d’hôtellerie de Lausanne avant de se tourner vers des études en finance à Akhawayne.
Avant même d’être diplômé, il crée une première entreprise spécialisée dans le conseil en immobilier: H2I. Mais un an après, plusieurs difficultés le rattrapent, entre autres l’impossibilité de trouver un collaborateur de confiance, ce qui le pousse à mettre fin à cette première expérience en tant qu’entrepreneur. Cependant, juste après cette première tentative, le voici qui se remet en selle avec Hard Invest. C’est alors qu’il s’occupe de la vente et de l’installation de produits d’aménagement intérieur (tels que cuisines, salles de bains,…).
Devant la fréquence des problèmes de recouvrement et le haut risque lié à ce domaine, il crée Bricomag, une grande surface de bricolage de 2500 m2 où sont à vendre près de 15.000 produits différents. Ce magasin ayant ouvert ses portes le 29 juin 2011, il compte 25 employés et a été créé sur la base d’un investissement initial de 10.000.000 DH. Ismail Haddour a pour objectif de s’étendre dans ce marché à fort potentiel qu’est la grande surface de bricolage (au nombre de 14 dans tout le Maroc) et espère pouvoir proposer en plus à ses clients, dès 2013, des magasins de proximité plus spécialisés et mieux équipés.

■ Amine Abid Naciri: Delon Paris
«Du marketing à la déco»

A 26 ans, Amine Abid Naciri a déjà une grande expérience des aléas de la vie active. Après l’obtention de son bac STT au lycée Descartes de Rabat en 2004, il intègre l’IUT de Valence en Techniques de commercialisation, ce qui se solde par un échec. C’est alors qu’il passe de petits boulots en petits boulots pour subvenir à ses besoins (vigile, maître-nageur,…). En septembre 2005, le voici qui réitère l’expérience en IUT, cette fois-ci en alternance, en passant une semaine en cours et 3 semaines dans le groupe industriel d’instrumentation allemand: Khrone, qui le recrute en tant qu’assistant marketing dans le cadre d’une politique de nurserie (grande vague de départs à la retraite).
Son DUT obtenu en un an, il se lance en licence de marketing (option industrie), diplôme qu’il obtient en 2007, tout en travaillant toujours pour le groupe Khrone. En septembre 2007, il se fait remarquer par un groupe concurrent, Endress+Hauser, basé dans la ville allemande de Weil, qui le recrute en tant que responsable commercial et intervenant dans le milieu universitaire (pour sensibiliser les étudiants aux formations industrielles). Fin 2009, il obtient un master en gestion de crise mais se fait licencier par son employeur dans le cadre d’un licenciement massif (400 personnes). En août 2010, il est approché par le ministère français du Commerce extérieur pour des missions volontaires internationales en entreprise pour sauver une société française située au Maroc en grande difficulté.
Une fois son travail accompli, il se lance dans l’entrepreneuriat. Il est aujourd’hui à la tête d’une société spécialisée dans l’aménagement intérieur, la décoration et la gestion de crise: Delon Paris, l’artisan décorateur, a commencé avec un capital de départ de 1.200.000 DH et dont l’objectif cette année est d’atteindre les 5 millions de DH de chiffre d’affaires.

■ Younes Jraifi: Art’pege
«L’art lui donne des ailes»

Il n’est jamais trop tard pour suivre son cœur, voici ce que l’on peut retenir au sujet de Younes Jraifi, ce lauréat de l’Institut national des télécommunications de Paris qui a fini par «succomber à l’appel de l’entrepreneuriat» qu’il considère comme une vocation. Se spécialisant en finance, il est recruté par BMCE capital où il travaille pendant un an et demi en tant que risk manager. Seulement, sa passion pour l’art prend vite le dessus et le pousse à créer, en 2011, un fond d’investissement en art: Art’pege, en partenariat avec des galeries d’art et des maisons de vente.
Cette idée innovante permet ainsi aux investisseurs de diversifier leurs placements et de promouvoir l’art au Maroc. Younes Jraifi reconnaît qu’il y a de l’intérêt pour ce secteur mais il considère qu’un travail important doit être fait afin de sensibiliser les Marocains à l’importance de préserver leur patrimoine culturel. Lorsque ce jeune entrepreneur était encore étudiant à l’INT, il avait déjà créé Moroccan Fine Art: une sorte de plateforme d’échange autour du sujet de l’art au Maroc; un groupe dont ont fait partie des personnalités telles que Hicham Daoudi (CMOOA) ou encore Youssef Falaki (galerie Matisse), …
Selon lui, un des principaux freins à la création d’entreprise aujourd’hui est la méfiance des organismes de financement à l’égard des projets novateurs.

■ Hicham El Kadiri et Walid Alaoui Mrani
Azur Systems «l’e-tourisme, l’avenir»

Hicham El Kadiri et Walid Alaoui Mrani sont deux ingénieurs qui se sont associés en août 2010 pour créer leur propre société spécialisée en e-tourisme: Azur Systems. Le premier, diplômé de l’Ecole nationale pour l’informatique et les techniques appliquées (EPITA) en région parisienne, s’est d’abord forgé une expérience professionnelle chez Accenture Paris où il a travaillé en tant que consultant, puis à la fondation Mascir de Rabat (centre de recherche en nanotechnologie) en tant que manager.
Walid Alaoui Mrani, quant à lui, a travaillé en tant que business analyst chez Dell (à Montpellier et Toronto), puis au CFG group de Casablanca en tant que trader en produit de taux après avoir été diplômé de l’Ecole nationale supérieure d’informatique et d’analyse des systèmes (Rabat) et de l’Ecole supérieure de commerce Paris (ESCP Europe).
Azur systems propose aux agences de voyage, hôtels, centres de spa … ainsi qu’à tout organisateur d’évènements, des systèmes de réservation en ligne en créant des logiciels adaptés à leur demande. Localisée à Rabat-Agdal, cette société se compose d’une équipe de 10 personnes dont l’objectif est d’offrir plusieurs services personnalisés à ses clients.
Aujourd’hui, leur clientèle se compose de plus de 30 clients: des agences de voyage de Rabat en majorité. Plus de 5 millions de DH ont transité via leurs systèmes (réservations d’hôtels, inscriptions dans des congrès …)
A la création d’Azur Systems, ces jeunes entrepreneurs ont tout de même rencontré quelques difficultés au niveau de l’accueil de leur service encore novateur. Cependant, les professionnels marocains se voient aujourd’hui obligés de faire appel à ce genre de prestations afin de satisfaire au mieux leur clientèle.
Trouver de bons profils à recruter a également été un réel parcours du combattant, nos deux ingénieurs ayant très souvent été confrontés à des problèmes de motivation et de compétence.

Sanaa EDDAIF avec F. E. O.

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