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Economie

Printemps arabe: Fortunes diverses

Par L'Economiste | Edition N°:3741 Le 15/03/2012 | Partager
«La nature a horreur du vide», laissé par les pouvoirs politiques
Le Qatar en profite pour se tailler une réputation planétaire
Le Maroc s’en sort moins impacté que ses voisins

(De g. à d.) Mohamed Raihani, président de la Chambre de commerce britannique, Jon Marks, président de Cross Border Information, Nadia Salah, directrice des rédactions groupe Eco-Médias et le Pr. Alexander Moll animant le déjeuner-débat sur les impacts et conséquence du printemps arabe et la crise financière européenne sur l’économie marocaine

Aggravation des déficits budgétaires en Algérie, une croissance affaiblie en Tunisie, le flou et l’impasse en Egypte et en Libye, le chaos en Syrie, le wait and see en Arabie saoudite et dans les petits pays du Golfe, plus de peur que de mal au Maroc… Tout comme les experts de l’OCDE, pour qualifier l’impact conjugué du printemps arabe et de la crise financière européenne sur les économies des pays de la région, Jon Marks le résume par une seule maxime: «la nature a horreur du vide».
Invité du déjeuner-débat, organisé hier à Casablanca par la chambre britannique de commerce au Maroc (BCCM) et modéré par la directrice des rédactions du groupe Eco-Médias, Nadia Salah, le président du cabinet britannique Cross Border Information (CBI) et chroniqueur à L’Economiste a réussi à trier les bons des mauvais points de chaque pays. Mais tous ont connu des problèmes parce que «leurs gouvernants ont favorisé des zones marginalisées sur tous les plans». Un vide qui a fortement profité au Qatar. Ce minuscule pays s’est forgé un leadership diplomatique extraordinaire, sous le parapluie des Etats-Unis. Ailleurs, il a permis des initiatives parfois portées par des groupes peu recommandables. Jon Marks parle lui de «vide laissé en jachère où de mauvaises herbes ont fini naturellement par pousser». A l’exception du vide laissé avec la disparition de «la douceur de vivre tunisienne», à la chute de Ben Ali, où c’est «l’aspiration constitutionnelle ayant toujours caractérisé la vie politique de ce pays qui est revenu sur le devant de la scène». En même temps, «la victoire écrasante du parti islamiste Ennahda, qui fait éloigner un peu plus cette aspiration», l’inquiète.
Evoquant le cas algérien, il rappellera que dans ce pays aussi il y a des violences politiques, symbolisées par le cri de ralliement «hogra», pour dire au pouvoir «dégage». Pas moins de «9.000 manifestations violentes sont enregistrées chaque année dans ce pays où le pouvoir tient encore grâce à l’appareil sécuritaire». Contrairement au clan Ben Ali en Tunisie, le président algérien «Bouteflika n’est pas parvenu à promouvoir dans la politique son frère cadet, Saïd». Une première victoire! 
A coup d’anecdotes, Jon Marks démontrera les espoirs déçus des Tunisiens, Egyptiens, Libyens… au lendemain de leur révolution. Pour cela, Nadia Salah, en sa qualité de modératrice, lui demandera qu’est-ce qui finalement était le plus dangereux pour le Maghreb, «est-ce le printemps arabe ou la crise financière européenne»? Il ne fait aucun doute, selon Marks, «si les réformes se déroulent normalement sans trop de bouleversements, comme c’est le cas du Maroc où les pouvoirs publics ont très vite saisi le message des différentes manifestations sociales, il n’y aura pas de problème». Car, les demandes exprimées ont fait resurgir des malaises profonds, longtemps laissés en veilleuse.
De ce fait, Jon Marks dit ne pas attribuer l’origine au suicide du Tunisien Bouazizi. Bien au contraire, rappelle-t-il, «ce genre de gestes de désespoir, on en a compté par dizaines dans des coins reculés en Tunisie, en Algérie et au Maroc, sans jamais émouvoir les masses, parce que loin des centres de décisions, les capitales en l’occurrence». Pour autant, dit-il, il était persuadé que ces messages allaient arriver un jour aux oreilles des gouvernants, car «ils formulent des demandes de changement en profondeur aussi bien sur les plans politique, économique, culturel que social». Comparant pour mieux faire comprendre, Marks a replacé ces manifestations dans le contexte dialectique des révolutions chinoise (Mao Tsé-toung) et soviétique (Lénine). Pour lui, «un retour aux sources historiques permettrait de mieux comprendre comment les révoltes se sont déroulées dans chacun des pays arabes concernés».  
Si l’horizon n’est pas encore dégagé, «l’analyse des aspects négatifs des causes de toutes ces révolutions ou évolution pour le cas du Maroc permet de mieux comprendre les trajectoires envisageables». Pour Jon Marks, «il y avait un cancer dans le corps politique de la plupart des pays arabes». La première gangrène à ses yeux, est le problème de succession et de famille à la tête de ces Etats. De tous ces pays, «il n’y a que le Maroc qui n’est pas confronté à ce problème». Dans les autres pays, caricature-t-il, le schéma offre «un problème familial républicain où règnent sans partage un président, sa femme en gestionnaire, son fils pour préparer à la relève et un ministre des Finances de confiance, ouvert sur le monde». Les autres problèmes ont pour nom: mépris de certaines couches sociales, clans de personnes intouchables, corruption…


B. T.

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