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    Politique

    Rude épreuve pour l’Istiqlal

    Par L'Economiste | Edition N°:3689 Le 30/12/2011 | Partager
    La grogne monte de tous les côtés
    Abbas El Fassi a choisi les portefeuilles en fonction des noms

    Au sein de l’Istiqlal, des cadres accusent Abbas El Fassi d’avoir bradé le parti pour des portefeuilles sans grande envergure et des profils sans communes mesures avec les compétences connues

    Abdelillah Benkirane maintient ses propos. Il affirme que Abbas El Fassi lui a fourni la liste des ministrables et qu’il était d’accord sur la répartition des portefeuilles. De son côté, le patron de l’Istiqlal accuse le chef du gouvernement désigné de ne pas tenir ses engagements. Alors qui croire? Qu’importe la réponse. Ce qui est sûr, c’est que la nouvelle majorité est mal en point. Avant même que le nouveau gouvernement ne soit ni nommé ni investi par le Parlement, on s’aperçoit que le ciment de cette coalition ne tient pas. Dans les milieux politiques, on évoque, avec insistance, les réserves du Cabinet royal, sur des noms de ministrables. Ces remarques concernent les quatre partis politiques de la majorité.
    Pour l’Istiqlal qui a obtenu 60 sièges, les choses se compliquent. D’ailleurs, la formation du gouvernement a été un révélateur du malaise que vit ce parti. Depuis le début de ce processus, le camp des adversaires de Abbas El Fassi, grossit de jour en jour. On lui reproche d’être obnubilé par le prochain congrès du parti au point de s’en mêler les pinceaux. Un paramètre qui a dominé dans le choix des ministrables de l’Istiqlal. Aujourd’hui, des membres du parti sont persuadés que la gestion des négociations pour la formation du gouvernement a obéi aux contraintes de la préparation déjà lancée du prochain congrès de l’Istiqlal, prévu en 2012. Au lieu de choisir les compétences pour continuer les réformes et mettre en œuvre les dispositions de la nouvelle Constitution, le chef du gouvernement sortant a procédé autrement. Inversant la méthodologie, Abbas El Fassi avait des noms qu’il fallait caser. Et c’est en fonction de ces profils qu’il aurait choisi les portefeuilles. «Comme le niveau scolaire de certains ministrables n’est pas au top, il s’est contenté de départements moyens», affirme un membre du bureau exécutif. En agissant ainsi, il a cherché à satisfaire les pressions de lobbys ayant un poids électoral dans le parti. Du moins au stade des premières propositions. C’est ainsi que les postes ministériels ont été répartis dans le but d’obtenir le soutien de ces notables lors du prochain congrès. Cette répartition a poussé des responsables du parti à tourner en dérision le prochain exécutif, pour le qualifier de «gouvernement du congrès».

    Mauvaise négociation

    Pour convaincre, ils citent un secrétariat d’Etat aux Affaires étrangères que l’Istiqlal a voulu réserver au neveu de Lhaj Hamdi Ould Rchid, patron de l’Istiqlal dans la région de Laâyoune. Pour obtenir ce portefeuille, il a fait valoir le nombre de voix et de sièges obtenus (7) lors des élections de novembre dernier. Un autre portefeuille (Artisanat) au fils de Lhaj Ali Kayouh, grand notable du parti dans le Souss. Deux autres postes de ministres pour les amis de Hamid Chabat. L’un à la Jeunesse et sport pour Abdelkader Lkihel et un autre à l’Education nationale pour Kenza Ghali. C’est à ce prix si on veut l’appui du chef incontesté de l’UGTM qui a des prolongements dans le bureau exécutif et dans le parti. Et un autre poste, confié à Nizar Baraka, le ministère du Commerce et d’industrie et des Nouvelles technologies.
    Et il semble que l’affaire du ministère de l’Equipement ressemble à celle du retrait du projet de loi de Finances du Parlement en septembre dernier. On aurait conseillé au chef du gouvernement sortant de reprendre ce département, tourné vers les infrastructures et les grands projets contre celui de l’Agriculture et des pêches maritimes.
    Une source affirme qu’il n’a jamais accepté ce ministère. D’autres font valoir qu’il a demandé aux cadres intéressés par le secteur agricole de remettre leurs CV. En tout cas, la perte de son sang froid est allée jusqu’à accuser son allié Benkirane de ne pas respecter ses engagements et le menacer de quitter la majorité s’il n’obtenait pas le ministère de l’Equipement. Que l’Istiqlal pourrait se limiter au soutien critique du prochain gouvernement sans en être membre. Mais cette sortie n’empêche pas que des cadres de l’Istiqlal ont pris conscience que leur patron a mal négocié, qu’il a accepté des ministères sans grande importance. Et pour convaincre, ils citent un petit parti comme le PPS qui est arrivé à décrocher des départements de poids comme notamment l’Habitat et la Santé. Le Mouvement populaire est également cité en exemple pour avoir pris des ministères de premier plan comme le Tourisme ou l’Energie et les mines. Certains commencent à décocher leurs flèches en public. Les plus mécontents de cette phase se rallient à Mohamed El Ouafa, ancien ambassadeur du Maroc au Brésil. Il s’oppose au patron de l’Istiqlal même s’ils ont des liens familiaux. La plupart d’entre eux lui reprochent d’avoir bradé l’Istiqlal pour des portefeuilles sans grande envergure et des profils sans communes mesures avec les compétences qui ont porté par le passé le flambeau de l’Istiqlal.

    Mohamed CHAOUI

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