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Analyse

2011: La grande secousse

Par L'Economiste | Edition N°:3689 Le 30/12/2011 | Partager

Vu de ce côté du monde, 2011 restera avant tout comme une année de rupture politique.
Il y a un an à peine, qui aurait pu parier, un dinar tunisien, sur un printemps arabe qui a bousculé les scénarios racontés jusque-là. Des conflits qui confirment sans doute encore une fois les limites des scénarios Huntington et qui sont en train de refaçonner une partie du paysage géopolitique mondial. Depuis quelques siècles, c'est surtout la démocratie occidentale qui a amorcé les changements de paradigme.
Un Occident qui imaginait difficilement que les lignes puissent aussi bouger de ce côté-ci du monde. Là, ce sont des régions que l’on disait hermétiques aux valeurs universelles qui se prennent en main. L’histoire retiendra au passage que ce printemps arabe fera tache d’huile, quoique pour des raisons différentes: dans une Europe toujours engluée dans la crise de l'euro et grecque, l'on s'immolera aussi en Grèce; en Espagne, les indignés envahiront les places publiques; à Londres, les émeutes vireront au pillage de magasins. Nous n’avons jusque-là qu’une compréhension imparfaite des raisons qui ont entraîné une chute aussi rapide du dictateur Ben Ali, d'une exécution-lapidation de Mouammar Kadhafi, des manifs de la place Attahrir, des soubresauts des pays du Golfe..., du mouvement quasi brownien, du moins au début, du mouvement du 20 février. La fuite en avant dans des lendemains démocratiques qui chantent ne sauvera pas pour autant ces régions des risques d’autres cataclysmes. Encore faut-il que ces ruptures puissent se traduire par de véritables avancées, de conforter le développement. Tous les pays touchés par ces chamboulements ne présentent pas encore les caractéristiques de zones prêtes à redécoller tant sur le plan politique qu'économique. D'abord, les nouveaux régimes devraient veiller à ne pas trop jouer avec la fibre nationaliste, au risque de s'isoler du monde. Ce serait alors fatal pour l’économique. En Libye, les anciens apparatchiks pro-Kadhafi ont changé de camp, mais il n'est pas certain qu'ils aient renié leurs velléités de pouvoirs. En Tunisie, il est encore tôt pour évaluer ce qui va véritablement ressortir de l'expérience de transition avec un Ennahda aux commandes alors qu’en Egypte, les violences sont difficilement maîtrisées. Il ne faut donc pas se tromper, ce n'est pas encore la fin de l'histoire.
Au Maroc aussi, 2011 aura été une année de rupture, avec une nouvelle Constitution, une victoire historique du PJD aux élections.
Plusieurs défis attendent la nouvelle majorité gouvernementale, dont le premier est certes politique pour continuer d'avancer en rangs soudés, mais aussi sur le plan de la conduite des réformes, sur les efforts à mener pour redresser la situation des finances publiques.
L'équipe Benkirane sera probablement officialisée incessamment. Si l'accouchement semble difficile, les futurs membres n'auront pas une minute à perdre pour se mettre au travail. Une rupture avec cette période de léthargie et d'attentisme est largement attendue et espérée par la population. C’est sans doute l’un de leurs vœux prioritaires pour la nouvelle année.

M. B.

 

Retrouvez l'intégralité du document de: 2011: La grande secousse en cliquant sur le lien suivant :

http://www.leconomiste.com/sites/default/files/2011_la_grance_secousse.pdf

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