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Régions

Fès: Un monstre de technologie pour dépolluer l’Oued Sebou

Par L'Economiste | Edition N°:3686 Le 27/12/2011 | Partager
22.000 m3 de béton, 1.500 tonnes d’acier, et 85.000 m3 de terre
62 ouvrages de génie civil, 2 filières de traitement, électricité à partir du biogaz…
Plus d’un milliard de DH d’investissement, 60% des travaux déjà entamés

Une fois mise en service, la station comportera deux filières de traitement. Une pour l’eau et une autre pour les boues. La première regroupera des bassins de dégrillage, dessablage-déshuilage, décantation primaire, aération, décantation secondaire. La seconde fonctionnera avec des épaississeurs des boues primaires + flottateurs des boues secondaires, digestion, déshydratation, chaulage…

C’EST incontestablement le plus important projet d’infrastructure en cours de réalisation à Fès. La construction de la station d’épuration des eaux usées (Step) est un chantier gigantesque qui avance avec un bon rythme. Initié par la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité de Fès (Radeef), ce projet est situé à une dizaine de kilomètres de la ville de Fès, dans la localité d’Aïn Kansara (Province de Moulay Yacoub). Ici, de gros engins envahissent plusieurs hectares. Entre terrassement, construction et installation de matériel, des milliers de journées de travail sont créés. «Près de 300 ouvriers s’y rendent quotidiennement. L’objectif est de réaliser une station, première du genre dans l’Afrique du nord, à même d’avoir des impacts positifs sur le moyen Sebou, la santé de la population, l’irrigation, l’abreuvage des animaux, les conditions de potabilisation de l’eau, les conditions socio-économiques de la population…», indique Mohamed Meziani, adjoint au directeur général de la Radeef, chef du département Step/environnement.
Sur place, le chantier bat son plein. «Le taux de réalisation a déjà atteint plus de 60%. Si les travaux de construction s’achèveront dans quelques semaines, la partie équipement prendra au moins six mois d’autant plus que plusieurs matériaux sont importés de l’étranger», est-il expliqué. Techniquement, le projet compte 62 ouvrages de génie civil comprenant, entre autres, des constructions de pompage, dégrillage fin, dessableurs, déshuileurs, décanteurs primaires, bassins biologiques, clarificateurs, venturis, recirculation/extraction des boues secondaires, épaississeurs de boues primaires, flottateurs de boues secondaires, bassins tampons avant digestion…etc. Et il y a aussi des bâtiments d’exploitation, technique, et électrique, en plus de l’aménagement d’ensemble (voirie, réseaux divers, aménagements paysagers…). C’est ce qui justifie d’ailleurs l’installation par Holcim Maroc d’une centrale de ciment au sein même du chantier. «Les travaux engagés nécessiteront pas moins de 22.000 m3 de béton, 1.500 tonnes d’acier, et 85.000 m3 de terre», explique le responsable du projet. Une fois mise en service, la station comportera deux filières de traitement. Une pour l’eau et une autre pour les boues. La première regroupera des bassins de dégrillage, dessablage-déshuilage, décantation primaire, aération, décantation secondaire. La seconde fonctionnera avec des épaississeurs des boues primaires + flottateurs des boues secondaires, digestion, déshydratation, chaulage… La Radeef a prévu également de doter cette station d’une unité de cogénération d’électricité à partir du biogaz récupéré des digesteurs anaérobiques. Notons que la mise en place de cette option s’inscrit dans le cadre d’un développement propre et dont le coût est estimé à 70 millions de DH. Ce qui permettra de réduire de façon significative l’émission de gaz à effet de serre (GES) en captant près de 15.000 m3/j de méthane pour produire environ 22 millions KWh/an d’électricité, soit 50 à 70% des besoins de la station en énergie électrique.
En outre, la future station traitera l’ensemble des eaux usées permettant ainsi d’assurer leur rejet dans un milieu récepteur après un traitement compatible avec les exigences de l’environnement. Sa capacité de traitement est estimée à un débit de 120.000m³/jour. L’objectif est surtout d’améliorer les conditions sanitaires de la population, l’irrigation de l’agriculture, l’élevage des bovins et de préserver la nappe phréatique. Pour les initiateurs du projet, l’oued Sebou est actuellement, l’un des oueds les plus pollués à l’échelle nationale, avec des répercussions néfastes sur la santé, l’irrigation et la potabilisation de l’eau. Les rejets des eaux usées de Fès (~37 millions m³/an) participent à cette pollution à hauteur de 40%. Ainsi, la dépollution de l’oued Sebou est une priorité nationale qui passe impérativement par l’épuration des eaux usées de Fès. D’où, la nécessité d’une telle station. «Une fois construite, celle-ci pourra être éligible au Mécanisme de développement propre (MDP) issu du Protocole de Kyoto pour la réduction des gaz à effet de serre», rappelle Meziani. Et de poursuivre: «Ceci constitue une première à l’échelle mondiale». En tout cas, le chantier nécessitera 30 mois de travaux intenses. Représentant plus de 781 millions de DH d’investissement, sa réalisation se fera à hauteur de 440 millions grâce au prêt d’un consortium de banques marocaines regroupant BP, AWB et BMCE Bank.
A noter que le remboursement de ce prêt est étalé sur une période de 15 ans avec 3 ans de délai de grâce. Le taux d’intérêt s’élève à 5,5%. Le reste est pris en charge par un autofinancement de la Régie (161 millions de DH) et une subvention de l’Etat (180 millions de DH). La construction de la Step et son exploitation (300 millions de DH) sur 10 ans s’élèveront à plus d’un milliard de DH. Participe à la concrétisation de ce projet un groupement international composé des sociétés Golden State Environnement (Chine), Waterleau (Belgique), Sotradema (Maroc), et Eusebios & Filhos et Alberto Martins (Portugal). Notons que ce groupement dispose d’importantes références internationales et nationales dont la Step de Marrakech.


Critères et cahier des charges

Selon le cahier des charges, le délai de livraison de la station ne devrait pas dépasser trente mois. Si l’on retient que les travaux avaient démarré en février 2010, la livraison se fera donc en août prochain. En ce qui concerne la qualification du soumissionnaire, le marché a été attribué à un groupement dont le chef de file est une entreprise spécialisée dans la réalisation et l’exploitation de stations de traitement des eaux usées par boues activées (ou procédé biologique similaire).
Dans le souci d’avoir une société capable de réaliser le chantier dans les règles de l’art, les dirigeants de la Radeef avaient fixé plusieurs critères de sélection des attributaires. L’un de ces critères mentionne que les soumissionnaires doivent avoir réalisé au moins un chiffre d’affaires annuel, au cours des 3 dernières années, pour des prestations analogues à celles qui font l’objet du projet de la Step, d’un montant équivalent au moins à 300 millions de DH. A la présentation d’une attestation de solvabilité (ou de capacité financière) de la part de la banque de l’entreprise, s’ajoute une expérience d’au moins 15 ans, dont doit faire preuve le directeur de projet. Donc, rien n’a été laissé au hasard pour assurer la réduction de la pollution des eaux du Sebou.

 

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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