×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Crise de la pêche: Bruxelles joue l’apaisement
De notre correspondant permanent, Aziz Ben Marzouq

Par L'Economiste | Edition N°:3686 Le 27/12/2011 | Partager
Déçu par l’attitude européenne, le Maroc se tâte avant d’aller plus loin
Risques d’effets collatéraux pour les négociations agricoles?

Menouar Alem: «Si l’accord agricole est rejeté, il ne restera plus grand-chose à négocier avec l’Union, à part peut-être les services»

«Je reste déterminée à poursuivre le dialogue avec le Maroc sur les questions de pêche et j’ai pris bonne note de la demande du Parlement européen de faire avancer les négociations sur un nouveau protocole pour lequel je prépare un mandat de négociation que je présenterai fin décembre-début janvier ». Cette déclaration de la commissaire européenne à la pêche, Maria Damanaki, suffira-t-elle à convaincre la partie marocaine de reprendre langue avec son partenaire européen pour une nouvelle aventure ? Rien n’est moins sûr tant les autorités marocaines sont passablement irritées par le manque de conviction et de détermination de Bruxelles à défendre l’accord de pêche devant les eurodéputés.
«Un élément très important à nos yeux est, que quand une commissaire européenne négocie et conclut un accord de pêche avec un pays tiers partenaire, on est en droit d’attendre d’elle qu’elle le défende devant les eurodéputés. Ce qui, malheureusement, n’a pas été le cas lors de la dernière session plénière du PE ». Un brin amer, Menouar Alem, l’ambassadeur marocain auprès de l’UE, n’en revient pas de la manière regrettable dont, selon lui, l’équipe de la commissaire à la pêche aurait mené la bataille devant le Parlement européen. «Pour des raisons que j’ignore, cette commissaire n’a pas défendu l’accord avec le Maroc comme elle aurait dû le faire. Son équipe a été absente à Strasbourg et pour nous c’est une première! Elle n’a cessé d’envoyer des signaux contradictoires et ambigus. Résultat: maintenant que le protocole a été rejeté, l’Union européenne n’a qu’à s’en prendre à ceux qui l’ont rejeté et à ceux qui ne l’ont pas défendu», s’emporte le diplomate marocain. Le rapport de Carl Haglund, sur lequel le Parlement européen s’est appuyé pour rejeter la prolongation du protocole n’a pas grâce non plus à ses yeux: « ce rapport est hors sujet dans la mesure où il a basé ses arguments sur les données de l’ancien accord de pêche et non pas sur le protocole à l’accord de pêche existant». Même l’étude d’impact à laquelle faisait référence le rapport du député finlandais n’aurait basé ses évaluations « que sur les deux seules premières années de l’ancien accord de pêche alors qu’une étude plus sérieuse aurait pris en compte sa totalité », fait remarquer le diplomate marocain.
Les nouvelles autorités politiques marocaines, qui sortiront prochainement du chapeau de Benkirane, auraient souhaité une entrée en fonction un peu plus paisible. Notamment le futur ministre responsable de la pêche. On peut imaginer que celui-ci, en tout état de cause, devra faire le point sur ce dossier avant d’aller de l’avant. D’aucuns estiment «très difficile» de travailler dans de telles conditions si l’on ne remet pas à plat l’ensemble des dossiers bilatéraux avec le partenaire européen. D’autant plus que le dossier agricole ne se présenterait pas non plus sous les meilleurs auspices. José Bové, rapporteur de la commission du commerce international du Parlement européen sur l’accord agricole Maroc/UE, en a remis une couche en recommandant à ses pairs de rejeter cet accord(1).

Avec qui et sur quoi négocier demain?

Un accord qui, selon lui, « aggraverait la situation concurrentielle des producteurs européens de fruits et légumes, ne bénéficierait pas aux petits agriculteurs marocains et ne respecterait pas non plus le droit international». L’ex-paysan du Larzac considère certainement que si les eurodéputés ont pu obtenir le scalp de l’accord de pêche, pourquoi n’essaieraient-ils pas d’avoir celui de l’accord agricole? «Si l’accord agricole est rejeté, il ne restera plus grand-chose à négocier avec l’Union, à part peut-être les services... C’est plutôt mal récompensé pour un pays qui développe des réformes depuis plus de 20 ans, qui a changé de Constitution, qui organise des élections législatives, qui a un nouveau paysage politique et, last but not least, reste le pays méditerranéen le plus engagé dans le partenariat avec l’Union », déplore le Représentant du Maroc auprès de l’Union.

(1) José Bové, rapporteur de la commission du commerce international du PE (INTA) sur l’accord agricole avec le Maroc, a recommandé de rejeter cet accord, qui, selon lui, aggraverait la situation concurrentielle des producteurs de fruits et légumes européens, ne bénéficierait pas aux petits agriculteurs marocains et ne respecterait pas non plus le droit international au Sahara occidental. Le rapport Bové sera voté en commission INTA le 25 janvier 2012 et en session plénière du PE le 13 février 2012.

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc