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Analyse

Les dessous d’une offensive turque
Des champions mondiaux déjà là

Par L'Economiste | Edition N°:3686 Le 27/12/2011 | Partager
Plus de 75 firmes implantées
Des marchés pour près de 1,3 milliard de dollars dans le BTP
Pipeline, tramway, autoroute, distribution…

Yapi Merkazi, qui assure la réalisation d’une partie de la voie du tramway de Casablanca, est de plus en plus visible. L’entreprise multiplie les panneaux en français, arabe et même en turc!

Plus de 75 entreprises turques sont implantées au Maroc, sept d’entre elles opèrent dans le BTP. Elles ont décroché plus de 25 projets pour un total de 1,3 milliard de dollars. En effet, la Turquie occupe le 2ème rang dans le secteur mondial de construction derrière la Chine. Au niveau mondial, plusieurs projets réalisés ces dernières 30 années dans ce domaine sont pris en charge par des sociétés turques. Un gros marché de 3.500 projets dans 65 pays pour un équivalent d’environ 100 milliards de dollars. Au Maroc, les entreprises turques, auraient investi plus de 240 millions de dollars (plus de 2 milliards de DH) jusqu’à présent. Si ces firmes opèrent essentiellement dans le BTP, les autres activités ne sont pas en reste. Qu’est ce qui explique les secrets de réussite de ces entreprises et leurs ambitions pour le Maroc?

Tekfen: L’ingénieur en chef du pipeline de l’OCP
Tekfen est sans doute le groupe turc le plus médiatisé au Maroc. Il puise cette notoriété de ses projets avec l’Office chérifien des phosphates (OCP) notamment celui de construction du pipeline reliant Jorf Lasfar à Khouribga (240 km). En plus de deux usines de fertilisation d’une capacité de 850.000 tonnes, chacune. Les travaux de construction du pipeline s’achèveront en avril 2013 alors que les deux usines de Diammonium seront prêtes vers juin 2012.
A terme, la réalisation du pipeline nécessitera 170 millions de dollars. Le second projet, celui des usines, requiert 460 millions de dollars. L’entreprise turque compte également à son actif, l’extension de la Samir. Son intervention a été remarquable au niveau du Topping 04 du raffineur pour un budget de 263 millions euros. Les deux usines de fertilisation de Maroc Phosphore ne généreront pas moins de 1.700 emplois (5 millions d’heures de main-d’œuvre), alors que la construction du pipeline de Jorf Lasfar nécessitera près de 700 personnes.
«La valeur globale des projets de construction Tekfen au Maroc depuis 2004 est estimé à 1,13 milliard de dollars», explique Attila Saylan, directeur de projet chez Tekfen. Avec sept ans d’expérience au Maroc, Tekfen vise une présence durable au Maroc. Dans l’autre sens, l’OCP vient de signer un rapprochement avec une filiale de Tekfen. Il s’agit d’une joint-venture avec le groupe turc Toros Tarim, filiale du holding de bâtiment et génie civil Tekfen. Ce partenariat permettra de créer une nouvelle entreprise dénommée Black Sea Fertilizer Trading Company (BSFT Co). La joint-venture se décline via l’implantation d’une unité de négoce d’engrais en Turquie pour alimenter les marchés de la Mer noire, des Balkans et d’Asie centrale en phosphate. A l’international, le QG de Tekfen est basé à Istanbul. Outre le Maroc, le Turc opère dans plus de 15 pays d’Europe, d’Asie et d’Afrique (Russie, Arabie saoudite, Allemagne, Libye, Qatar, Emirats arabes unis…).

Yapi Merkazi: Spécialiste des lignes de tramway
Impossible de arpenter les rues de Casablanca sans se trouver nez à nez avec une affiche de Yapi Merkazi. En français, en arabe et même en turc! Le nom de l’entreprise est visible partout. Et pour cause, Yapi Merkazi a à sa charge la réalisation d’une partie de la voie du tramway de Casablanca.
L’entreprise turque a été sélectionnée par le Conseil de la ville de Casablanca pour réaliser la plateforme et la pose de la voie ferrée du tramway pour la première tranche de 30 km de réseau pour un montant 467 millions de DH. Cette tranche relie Sidi Moumen à Hay Mohammadi. Yapi Merkazi s’est vu également attribuer la 3ème tranche pour un montant d’investissement de 489 millions de DH. Cette adjudication concerne les boulevards Abdelmoumen (jusqu’au terminus des facultés) et Anoual (jusqu’au terminus de Hay Hassani). L’achèvement du projet est prévu pour décembre 2012. A l’international, le holding turc a décroché son plus beau contrat en 2005 à Dubaï. En s’associant aux Japonais Mitsubishi, Obayashi et Kajima, il signe le plus grand appel d’offres du système ferroviaire de l’histoire! Il s’agit du métro de Dubaï. Le projet s’étale sur environ 70 km et se compose de 2 lignes. Le holding turc compte environ 2.000 salariés, en Turquie principalement. Il a aussi plusieurs filiales Merkezi Préfabrication, Yapikonut spécialisée en promotion immobilière, Subor (eau potable), Insaat (construction) puis Irmak (enseignement maternel, primaire et lycées).

Makyol: Un marché de 350 millions de dollars dans le BTP
Le projet de triplement de l’autoroute Casablanca-Rabat a été sauvé par une entreprise de BTP turque : Makyol. Conduril, la société portugaise qui en avait décroché le marché, s’est empêtrée dans des difficultés financières. Si bien que le chantier a enregistré beaucoup de retard.
Ce qui a poussé le ministère de tutelle à fractionner le projet en trois lots, dont le plus important a été attribué à Makyol. Le montant du projet s’élève à environ 660 millions de DH. La firme s’était classée deuxième lors de premier appel d’offres. Créée à Istanbul en 1965 par Saffet Çebi, Makyol a été transformée en société de capitaux en 1976. Mais ce n’est qu’en 2000 que la firme spécialisée en BTP a décroché son premier marché à l’étranger.
Il s’agit de la construction d’une route en Albanie pour un montant de 100 millions de dollars. Makyol a fait son entrée au Maroc en 2003 en tant que contractor pour la construction d’autoroutes. Des projets totalisant 350 millions de dollars. Parmi les projets auxquels l’entreprise turque a participé, les autoroutes Mdiq-Fnideq, Fès-Taza, Tétouan-Mdiq, Tanger-Pont Oued Rmel, Boulakhras-Chichaoua… Au total, le portefeuille de projets réalisés ou en cours de réalisation par Makyol s’élève à 4,4 milliards de dollars. Ce qui lui vaut d’être classée parmi les géants mondiaux du BTP.

Mensoy: Le stabilisateur des sols
Depuis son installation au Maroc en 2005, Mensoy, société de construction spécialisée dans les fondations profondes, traitement de sol et stabilisation des talus, a multiplié les contrats. «En termes de chiffres d’affaires, nous avons franchi les 100 millions de DH en 2011», confie Hakan Gök, directeur général. L’entreprise a, à son actif, la réalisation des travaux des fondations profondes des ouvrages d’art et le traitement de sol de l’autoroute de Tanger-Port Med, les travaux de stabilisation des talus sur le projet de l’autoroute Marrakech -Agadir et bien d’autres. Actuellement, Mensoy opère sur la stabilisation des versants de l’autoroute Tanger – Port Med, la consolidation des sols du projet de LGV entre Tanger et Kenitra et les travaux de vibrocompactage des plateformes du Port Med II. Côté perspectives, Mensoy compte augmenter son chiffre d’affaires au Maroc. «Nous sommes à l’étape de signature des nouveaux contrats pour améliorer notre part du marché», confie Gök. Mensoy multiplie également les références à l’international. En Tunisie, l’entreprise a réalisé les fondations profondes de l’aéroport Enfidha. Elle compte également à son actif les travaux de fondations profondes des autoroutes entre Alger – Constantine, le rabattement des nappes du projet Great Man Made River Projet en Libye et les fondations profondes des ponts au Tchad.

 

BIM: 76 magasins en 3 ans!

Voilà une belle sucess story maroco-turque. Le hard discounter BIM a déjà à son actif 76 points de vente. Présent sur le marché marocain depuis 2008, BIM affiche une progression à 2 chiffres. La chaîne représente l’un des plus importants investissements turcs au Maroc. L’un des secrets de réussite de BIM réside dans son importante maîtrise des coûts avec une seule devise : pas de superflu. «Chaque magasin ne dispose pas plus de 600 produits de base essentiellement en marque propre», confie Mohamed Benmezouara, directeur général de BIM Stores Maroc. Pourtant la marque est discrète et n’investit pas énormément en termes de publicité.
L’organisation décentralisée lui permet également de disposer d’une grande flexibilité. L’élément déterminant pour BIM est de faire moins cher que ses concurrents. Un argument de taille en ces temps de crise. L’entreprise ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
«Notre objectif à terme est d’avoir 400 magasins», annonce le DG. Pour le manager, le Maroc a tout intérêt à renforcer ses relations avec la Turquie. Plusieurs entreprises turques seraient intéressées par une éventuelle implantation au Maroc. La filiale marocaine du hard discounter appartient au groupe turc BIM Birlesik Magazal A.S., qui est leader de la distribution avec 32% de part de marché dans son pays d’origine. Le groupe compte plus de 3.400 magasins en Turquie et un chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars en 2010.

 

IL. B.

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