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Régions

Tanger: Grosses attentes au niveau des RH

Par L'Economiste | Edition N°:3685 Le 26/12/2011 | Partager
Rareté des profils, absence de main-d’œuvre qualifiée...
Les salaires vers la hausse tirés par les nouvelles entreprises
Renault, un des catalyseurs de la métamorphose

La région du nord est celle qui a connu le taux de croissance le plus élevé au Maroc lors des 10 dernières années. La TFZ, le port TangerMed et dernièrement Renault ou tout récemment le projet TGV ont bouleversé le marché de l’emploi

La problématique de l’offre en main-d’œuvre et de cadres à Tanger semble faire parler d’elle à nouveau. Les importants projets de la ville et la région et l’attractivité en hausse de cette dernière semblent entraîner une forte tension sur le marché de l’emploi. Devenir un des plus importants noyaux industriels du pays ne se fait pas sans à-coups. «La région nord est celle qui a connu le taux de croissance le plus élevé au Maroc lors des 10 dernières années. La TFZ, le port TangerMed et dernièrement Renault ou tout récemment le projet TGV ont bouleversé le marché de l’emploi», explique Moad Bensouda, directeur des ressources humaines chez Polydesign. D’autant plus que la région n’était pas prête ni en termes de quantité ni de qualité à cette avalanche de demandes en ressources humaines. Déjà avant le lancement du projet TangerMed et de l’arrivée de Renault, véritable catalyseur de la métamorphose du nord, la rareté de la main-d’œuvre qualifiée et de l’encadrement était bien ressentie.
Malgré tout, la dynamique semble bien enclenchée ces dernières années même si quelques déclics persistent. «Tanger est devenue une plateforme d’emploi attrayante au Maroc», c’est en tout cas ce que pense Mohamed Tassafout, directeur des ressources humaines chez APM Terminal Tanger. Selon ce dernier, les investissements prévus ou en cours ont un indéniable effet sur la hausse de cette attractivité en termes de qualité, mais aussi en quantité de postes à pourvoir.
La région de Casablanca étant de plus en plus saturée, il devient dorénavant intéressant pour différents types de profils (techniciens, cadres, managers...) de «s’expatrier» et de mettre leurs compétences au service des entreprises tangéroises.
Mais, selon Najat Lailai, directrice des ressources humaines de la société Metragaz, le secteur de l’emploi à Tanger reste quand même mal structuré. «Chacun procède comme bon lui semble et utilise les moyens à sa portée», note cette dernière, à l’inverse de Casablanca qui est souvent citée comme référence dans le domaine. Casablanca regroupe la plus forte concentration de cadres marocains qui y trouvent un compromis intéressant: postes à pourvoir liés à leur expertise et spécialité et différentes opportunités que propose la place Casablancaise, précise Tassafout, mais Tanger propose un environnement nouveau où les opportunités ne manquent pas.
Mais ce qui semble motiver les cadres, perspectives nouvelles et salaire conséquent, n’est pas aussi attirant pour les ouvriers qualifiés. En effet, la main-d’œuvre qualifiée se fait de plus en plus rare, les responsables DRH constatent un grand manque sur le bassin de l’emploi tangérois.
Quid du salaire? «Le niveau du salaire à Tanger reste problématique en comparaison avec les grandes villes du Royaume, surtout Casablanca, où le salaire représente carrément le double pour certains postes», affirme Lailai. La création des nouvelles sociétés et la crise aidant sont la cause de la ruée des cadres vers le nord et Tanger, selon cette dernière. Mais ces «expatriés» régionaux dépassent avec leurs prétentions le niveau nominal des salaires locaux, vu que la plupart devraient déménager emmenant leur famille, d’où une tension sur les salaires que ne peuvent satisfaire que les grands groupes et les entreprises structurées. Même son de cloche pour Tassafout. «Les niveaux de salaire proposés à Tanger sont bien évidemment différents selon le secteur et le niveau de compétence des collaborateurs», déclare-t-il, tout en expliquant que, comme à Casablanca, on trouve de tout.
Toutefois, le gap entre le nord et le centre semble se réduire. «Les dernières enquêtes de rémunération montrent que notre région ne représente plus aucune différence par rapport au reste du pays en matière de salaire», note Bensouda. C’est en effet l’impact des nouveaux arrivants avec des structures salariales avantageuses, et qui ont obligé les autres entreprises à se mettre à niveau concernat la rémunération. Un mouvement qui était apparu il y a quelques années à la zone franche de Tanger où un bon nombre d’opérateurs du même secteur, câblage automobile, s’étaient installés. Piquer l’oiseau rare chez le concurrent était devenu une monnaie courante, provoquant une valse des profils. A tel point que certaines entreprises commençaient à exiger des clauses de non-concurrence pour certains profils.
Mais l’un des avantages de Tanger par rapport à d’autres régions, c’est de proposer des opportunités pour des métiers nouveaux, au sein de projets que Tassafout qualifie de «green field». C’était le cas des sociétés de câblage automobile Delphi et Yazaki, suivies depuis par d’autres, ensuite avec TangerMed et les métiers liés à la logistique. Une situation qui se répète encore avec l’arrivée de Renault et de ses sous-traitants.

L’effet Renault

Si l’arrivée de Renault a été saluée par nombre d’opérateurs, certains DRH ne partageaient pas au début cette vision. Renault a fait passer des nuits blanches aux managers des petites structures. Ces derniers craignaient de voir leurs bons profils partir à la recherche de meilleures conditions financières, certains craignaient une migration massive des profils vers le nouveau site de Renault qui, à lui seul, prévoit d’employer 6.000 personnes à terme, en plus des sous-traitants de la firme au losange. La firme française se défend d’ailleurs en précisant que ses recrutements n’ont pas été tous faits au niveau de Tanger, et ce, pour éviter de déstabiliser le marché de l’emploi local. D’ailleurs, l’une des premières actions du groupe automobile a été d’ouvrir un centre de formation dédié pour satisfaire ses propres besoins. Depuis, les choses se sont calmées et l’effet Renault a été bénéfique en premier lieu aux cadres et ouvriers qualifiés de la région. En effet, bon nombre d’entreprises ont senti le vent souffler et ont été obligées de relever leurs rémunérations et le niveau des primes, tout en améliorant le climat du travail, selon plusieurs DRH.

Ecoles de dextérité

L’Institut de formation aux métiers de l’industrie automobile «TangerMed» constitue l’épine dorsale du dispositif de recrutement et de formation de Renault. La création de cet institut rentre dans le cadre du Pacte national pour l’émergence industrielle et fait suite à la convention, signée en 2008, entre le gouvernement et Renault.
L’institut a déjà commencé dès avril dernier à assurer la formation des opérateurs, techniciens, et cadres de l’usine de Renault à Melloussa ainsi que ceux de ses fournisseurs. Il a aussi la tâche d’assurer la formation continue ainsi que les formations d’embauche de l’usine. Il est composé de 22 ensembles de formation baptisés «écoles de dextérité» en plus de huit ateliers de formation. Selon les responsables de Renault, les conditions de formation sont identiques à celles des chaînes de formation, les stagiaires étant formés aux mêmes machines. L’investissement total est d’environ 86 millions de DH pour ce centre financé par le Maroc avec le concours de l’Agence française de développement, AFD.

Ali ABJIOU

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