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Economie

Zones industrielles/Bernoussi
Même les donneurs d’ordre en ont marre

Par L'Economiste | Edition N°:3685 Le 26/12/2011 | Partager
Des entreprises du textile ont réduit leur voilure
Grosses menaces

Près de 600 entreprises sont installées dans la zone industrielle de Bernoussi qui couvre 1.000 ha. Ces entreprises génèrent un chiffre d’affaires annuel de 33 milliards de DH et emploient plus de 50.000 salariés


En septembre 1997, des chefs d’entreprises de la zone industrielle de Bernoussi, dans la banlieue de Casablanca, créaient l’association Izdihar (progrès en arabe). Objectif: «renforcer l’action des services publics pour améliorer l’état des infrastructures, résorber les poches de bidonvilles et réduire la forte pollution» autour de cette zone d’activités, de loin la plus grosse concentration industrielle du pays.
Quatorze ans plus tard, ce poumon économique, 33 milliards de chiffres d’affaires en 2010, rien ou presque n’a changé à ce tableau. Pour le patron de City Wash, l’une des plus importantes sociétés de textile haut de gamme implantées sur le site, «la situation est plus que choquante». Depuis plus de quatre ans, Morgan Le Chatellier, pour qui «il n’y a pas de mot assez fort pour décrire la situation dans laquelle se trouve la zone», n’a de cesse d’attacher le grelot pour attirer l’attention sur cette situation périlleuse. La crise aidant, City Wash a licencié 250 ouvriers ces trois dernières années. «C’est une conséquence logique, car je perds des marchés importants», justifie Le Chatellier qui en veut au gouvernement sortant. «Par sa faute, donc celle de tout le gouvernement et des élus locaux, nous passons pour des rigolos devant nos clients étrangers». A pleine gorge, le patron de City Wash raconte sa gêne face à des donneurs d’ordre qui lui rendaient visite il y a trois ans. «A cause du non- aménagement de la route boueuse qui mène à mon usine et de deux déchetteries sauvages qui la bordent de part et d’autre, ils ont tout de suite mis fin à notre contrat». La société a beau mettre en avant sa certification ISO 9001, mais «pour bien des donneurs d’ordre, l’environnement du travail va au-delà de l’enceinte de l’usine». Les nombreux courriers qu’il a adressés aux autorités «sont restés sans réponse».
De manière générale, les infrastructures sont dans un état de délabrement. Des routes endommagées, des zones entières non éclairées, des hangars à l’abandon, des décharges sauvages… Le tout parsemé de taudis et d’habitats insalubres. Le rôle, bien tenu, de médiateur et de mobilisateur de financement d’Izdihar ne changera pas grand-chose à la situation de certaines entreprises. C’est le cas de la douzaine d’entreprises de textile coincées dans une zone difficilement accessible.
Une situation qui réduit presque à néant le travail de la commission «Infrastructures et bidonvilles d’Izdihar». A son actif, selon sa directrice Siham El Khaddar, la réalisation d’un pont sur le boulevard Al Binaa. Il y a eu aussi la création d’une sortie au niveau de l’autoroute pour un accès plus direct à la zone, le changement des noms des rues ou encore l’amélioration du réseau d’assainissement. Le mal est profond, avouent tous les opérateurs. Preuve, la convention passée entre le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, l’association Izdihar et cinq autres institutions pour un financement de 183 millions de DH n’est pas parvenue à résoudre le problème. Bien que, grâce à cette convention, plusieurs rues de la zone ont été refaites entre 2007 et 2010, mais «il en faut beaucoup plus», admet, impuissante, Siham El Khaddar.

Bachir THIAM

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