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Entreprises

L’affaire Bogart vire au scandale public

Par L'Economiste | Edition N°:3685 Le 26/12/2011 | Partager
La CGEM ciblée par les manifestations
Il s’agit du vice-président de la Confédération
Beaucoup de zones d’ombre dans le dossier

C’est la troisième fois que les ouvriers licenciés par Bogart manifestent devant le siège de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM)

Atypique sit-in, mercredi 21 décembre, devant le siège du patronat. Une quarantaine d’ex-employés de l’usine de textile Bogart, spécialisée dans le denim (Levi’s notamment), ont manifesté leur colère envers Mohamed Tamer, PDG de Bogart. L’homme d’affaires très en vue n’est autre que le numéro 2 du patronat (vice-président).
A l’origine de cette manif peu ordinaire, le licenciement (abusif) de 360 ouvriers de la manufacture. Plusieurs d’entre eux ont porté l’affaire devant la justice qui a tranché en leur faveur en première instance et en appel. Contacté par L’Economiste, le patron de Bogart est resté injoignable. Pourquoi en est-on arrivé là? En fait, l’affaire remonte au 10 mai 2009, suite à la création du bureau syndical du personnel de Bogart, affilié à la CDT. A ce moment-là, «Tamer a commencé à convoquer les syndiqués pour leur notifier leur licenciement, moyennant un dédommagement de 1.000 DH par année d’ancienneté», tient à préciser Saïd Bendriss, SG du Syndicat de Bogart. Depuis, certains ont accepté les conditions du management et ont pris leur solde de tous comptes. En revanche, d’autres, au nombre de 170, ont préféré ester en justice. «Le jugement définitif a été rendu début novembre dernier en faveur de la moitié des plaignants», confirme Me Driss Lamrani, avocat de plus de 170 ex-employés de Bogart. Verdict: indemnité de licenciement abusif, salaire du dernier mois non réglé et paiement des congés. Sauf que l’exécution du jugement bute, selon la défense, sur la «saisie conservatoire de l’usine de Tamer». Selon le SG du Syndicat des ouvriers de Bogart, qui lui-même a été limogé, «à chaque tentative de faire valoir l’exécution, nous nous heurtons à l’entrée en jeu de la banque créancière à l’origine de la saisie conservatoire». Sur ce registre, la défense signale que la saisie des comptes bancaires de la société se révèle infructueuse car ceux-ci sont toujours débiteurs. Or l’usine fonctionne toujours et honore ses commandes à l’export. La question qui se pose: comment s’effectue le paiement de la marchandise exportée puisque les comptes sont toujours dans le rouge?
Plus encore, le même patron Tamer a bénéficié des mesures de soutien du plan de veille stratégique en faveur des textiliens. Lequel plan est conditionné par le maintien des salariés en poste et la non-réduction des heures de travail. On est devant un vrai cas de droit. Autrement dit, le gouvernement n’assure pas le suivi et le contrôle des entreprises bénéficiaires. Sur ce point précis, les ex-salariés de Bogart ont saisi à plusieurs reprises le ministère de l’Emploi. Ce dernier a confirmé que Bogart bénéficie bel et bien de l’appui du plan de soutien. Situation pour le moins kafkaïenne d’autant plus que Tamer n’est autre que l’ex-président de l’Amith. C’est dire qu’il est le premier censé donner l’exemple. Mieux encore, le même Tamer représente le patronat au sein du Conseil économique et social (CES). Devant cette impasse, les ouvriers licenciés comptent multiplier les sorties pour obtenir gain de cause. D’ailleurs, dimanche 25 décembre, ils devaient tenir une nouvelle réunion pour décider de la prochaine sortie. De l’avis de la défense, la prochaine étape consiste à «enclencher la procédure de vente globale des registres du commerce».Par ailleurs, le recouvrement via la vente du foncier ne peut intervenir sans la liquidation préalable des biens meubles. C’est-à-dire le matériel, les machines, les véhicules, la marchandise…
L’on sait que les salaires dans le secteur du textile sont dans la majorité des cas très bas, lorsqu’ils ne sont pas sous-déclarés. Par conséquent, les montants des indemnités dues aux ouvriers licenciés ne doivent pas être exorbitants. Pourquoi donc ne pas exécuter une décision de justice?

 

A. R. & H. E.

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