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    Emploi des jeunes
    La thérapie des subventions ne marche pas

    Par L'Economiste | Edition N°:3685 Le 26/12/2011 | Partager
    Il faut créer un vrai dispositif d’intermédiation
    L’Anapec? à réformer de toute urgence, indique le CES
    Le chômage de masse s’alimente aussi du décrochage scolaire

    Chez les titulaires des diplômes, le chômage de longue durée est devenu presque «la normalité ».
    Au moins un chômeur diplômé sur cinq est à la recherche d’un emploi depuis cinq ans!

    Si les élections se gagnaient sur la situation de l’emploi des jeunes, aucune majorité ne serait probablement pas reconduite aux affaires depuis l’alternance historique de 1997. A l’arrivée de la coalition au pouvoir en 2007, le taux de chômage des jeunes des 15-24 ans était de 31,7% en ville, le milieu urbain étant le véritable baromètre du marché de l’emploi. Il est aujourd’hui à 31,3%. La promesse de création de 2 millions d’emplois n’a pas été possible à tenir.
    La coalition qui s’apprête à former le gouvernement est donc prévenue. Elle sera jugée avant tout sur sa capacité à endiguer ce fléau. Le chômage de masse qui touche les jeunes, frappe de plein fouet les «15-24 ans ». Et la situation, qui n’est pas propre au contexte marocain, empire au fil des ans, alimentée en cela par un phénomène tout aussi inquiétant, celui du décrochage scolaire qui voit des centaines de milliers de jeunes sortir du système éducatif sans diplôme. Selon l’enquête la plus récente du Haut Commissariat au Plan (HCP) sur l’emploi et l’activité, en 2010, 31,3% des jeunes des «15-24 ans » en milieu urbain étaient sans emploi. Soit près d’un sur trois. C’est dans cette tranche d’âge où se trouve le gros du contingent des lauréats de l’enseignement supérieur qui arrivent fraîchement sur le marché de l’emploi. Ce qui explique au passage le taux très élevé du chômage des diplômés, 16%, soit près du double de la moyenne au niveau national. Pour les «25-34 ans », la situation est à peine bien meilleure : 19,1% de chômage en zones urbaines. Ce qui confirme l’installation d’un chômage de longue durée, souvent synonyme de précarité. Deux-tiers des personnes sans emploi (66,5%) sont au chômage depuis plus d’un an (source HCP). Chez les titulaires des diplômes, le chômage de longue durée est devenu presque «la normalité ». Au moins un chômeur diplômé sur cinq est à la recherche d’un emploi depuis cinq ans !

    Subterfuges

    A-t-on vraiment tout essayé contre le fléau du chômage des jeunes ? Pas vraiment, semble dire le Conseil économique et social dans son diagnostic. Les emplois subventionnés pilotés par l’Anapec ne marchent pas comme on pouvait l’espérer, indique le CES. La critique rejoint celle de bien d’autres experts qui s’étonnent qu’il n’y ait pas eu d’évaluation de ces programmes.
    S’ils ont permis à quelques milliers de jeunes de trouver un emploi, ces emplois subventionnés (dégrèvement des charges sociales et de l’IR pendant 24 mois avec un plafond salarial de 6.000 dirhams) ont entraîné un effet d’aubaine dans la plupart des secteurs qui les utilisent : l’hôtellerie, la grande distribution, la banque, les centres d’appels, etc. Dans ces secteurs, ces programmes sont devenus la seule voie par laquelle s’effectue l’essentiel des recrutements. A cela, il faut ajouter le détournement de ce dispositif par certains employeurs véreux qui par des subterfuges, «s’arrangent » pour continuer à bénéficier de l’exemption des charges sociales et de l’IR. La manœuvre (connue) consiste à rompre au 22 ou 23è mois, le contrat et de remettre les compteurs à zéro. En principe, on ne peut pas bénéficier deux fois de ces avantages. Par ailleurs, malgré ses promesses, l’Etat n’a pas toujours assuré la couverture sociale des milliers de salariés sous « contrat Anapec » qui restent 24 mois sans la moindre sécurité (assurance maladie, AT).
    Il est clair que le dispositif d’insertion tel qu’il est assuré par l’Anapec est tout, sauf efficace malgré quelques résultats concrets. Les ressources financières -près de 500 millions de dirhams- affectées à l’insertion pourraient être employées plus efficacement. Plus généralement, c’est toute la mission de cette agence qu’il va falloir revoir de fond en comble, et lui confier un vrai rôle d’intermédiation sur le marché de l’emploi. Et la mettre en concurrence avec le secteur privé.
    Enfin, toute réponse à la question du chômage des jeunes doit intégrer aussi la composante des milliers de personnes sans qualification. Encore plus que ceux qui ont un diplôme, les jeunes désœuvrés sans qualification ont encore plus de mal à trouver du travail. Le patronat suggérait dans son mémorandum au projet de loi de Finances 2012, la réforme de la gouvernance du système de formation professionnelle. Une des idées centrales était d’allouer une partie des budgets au système d’apprentissage, bien plus efficace que les coûteux programmes de reconversion des diplômés chômeurs.

    A.S.

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