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Audiovisuel: «Pas de place pour un nouvel entrant»
Entretien avec Abbas Azzouzi, PDG de Médi1 TV

Par L'Economiste | Edition N°:3683 Le 22/12/2011 | Partager
Le marché publicitaire a baissé de 11% en 2011
En un an, le taux d’audience de Médi 1 TV est passé de 0,7 à 6,7%
La chaîne table sur 10% d’audience d’ici 3 à 4 ans

«Depuis un an, je garantis que Médi 1 TV a plus de place en Algérie, en Tunisie, en Libye qu’elle n’en avait auparavant», soutient Abbas Azzouzi, PDG de la chaîne

Après 4 ans de diffusion sur satellite, Médi 1 TV est passée au mode terrestre analogique en octobre 2010. 14 mois plus tard, Abbas Azzouzi, PDG, dresse le bilan de la nouvelle stratégie, du positionnement, de l’audience… Il présente les perspectives de développement pour 2012.

- L’Economiste: Quel bilan dressez-vous de la 1ere année après le passage à la diffusion terrestre?

- Abbas Azzouzi: Quand nous avons lancé la chaîne en octobre 2010, nous avions l’ambition de repositionner Médi1 TV en en faisant une chaîne de proximité tout en conservant l’ADN. C'est-à-dire le leadership dans l’information, la vocation de parler aux Maghrébins tout en ayant des racines plus profondes au Maroc. Les défis étaient nombreux. Le premier défi était technique puisqu’il a fallu déployer tous les sites hertziens pour avoir une couverture de plus de 90% du territoire. L’autre défi était lié au repositionnement puisqu’il fallait élargir la cible en introduisant du divertissement et de la fiction. Sur ce point, un renouvellement de la grille a été opéré avec la conception de nouvelles émissions. Le modèle tout info était impossible à rentabiliser. Or, on est dans l’obligation que la chaîne puisse vivre de ses revenus, puisque nous n’avons aucune subvention de l’Etat.

- Il y a un an, vous aviez l’ambition de capter et parler aux 55% des Marocains qui regardaient les télés étrangères. Qu’en est-il vraiment aujourd’hui?

- En fait, on avait pour ambition de parler aux téléspectateurs marocains qui se détournent des chaînes nationales. En effet, cette cible représente 55%. Aujourd’hui, l’audience de Medi1 TV en fait la première sur les 55% des chaînes satellitaires. En clair, Medi1TV est premier pour les 55% de Marocains des 200 chaînes satellitaires.

- Quel est le taux d’audience actuel de Médi1 TV?

- Aujourd’hui, nous sommes globalement à 6,5% d’audience. En octobre 2010, on était autour de 0,7%. Ce qui est un saut remarquable en l’espace d’une année! Les 6,5%, c’est toutes les cibles confondues. Sur le cœur de cible de la chaîne, à savoir les CSP A, B, C Plus, nous sommes à un taux de 7,8%.

- Pourquoi vous êtes sorti du principal centre d’audimétrie?
- On n’est jamais sorti puisqu’on n’est jamais entré au Ciaumed (rires). Cela fait un an et demi que nous avons demandé de rentrer au Ciaumed. Cela fait un an et demi que nous sommes en discussions avec ce centre et la décision ne nous appartient pas. Compte tenu du fait qu’on n’est pas au Ciaumed, on s’est inséré dans un outil qui existe (ndlr: Creargie) et qui mesure notre audience. Certes, la méthodologie n’est pas la même. Elle est au quart d’heure, elle n’est pas à la seconde. C’est la seule différence.

- De l’avis d’experts, d’observateurs, la chaîne a raté sa vocation maghrébine… Qu’en pensez-vous?
- Cela dépend de ce que l’on entend par chaîne maghrébine. On est toujours présent sur l’Algérie, la Tunisie…

- Oui mais de moins en moins…
- Pour nous le Maghreb, c’est acquis. Maintenant lorsque vous êtes une chaîne d’info, et que vous n’avez pas accès à l’Algérie ou encore quand on vous encadre en Tunisie en vous mettant trois personnes autour pour savoir ce que vous avez filmé… Et c’est pareil en Libye… Il n’y a aucun sens. Donc l’actualité tunisienne, algérienne, libyenne, mauritanienne ne pesait rien du tout dans la ligne éditoriale de la chaîne. Depuis un an, je vous garantis qu’on a plus de place en Algérie, en Tunisie, en Libye qu’ auparavant. Le traitement objectif de l’actualité de ces pays a plaidé en faveur de notre crédibilité. Ceci étant, Médi 1 TV a vocation à parler à tout le Maghreb à travers des programmes qui concernent l’ensemble de cette région. Mais il faut partir d’une base solide, d’un noyau dur qu’est le Maroc.


- Maintenant quel est le positionnement réel de Médi1 TV?
- Nous sommes aujourd’hui une chaîne généraliste, qui a ses racines au Maroc. Car il faut être ancré sur un marché. Les chaînes pan-régionales sont loin. Or, une chaîne a besoin de proximité. Pour preuve, nous sommes loin devant Al Jazeera au Maroc. Nous sommes à deux fois de Al Jazeera en termes de parts d’audience au Maroc. France 24, c’est ridicule, ça ne fonctionne pas. Il faut se battre contre les idées reçues. Toutes les chaînes d’info dans le monde perdent de l’argent. L’audience d’une chaîne d’information ne dépasse jamais 0,5 ou 0,6 point. Car généralement le téléspectateur passe 5 à 10 minutes avant de zapper. Or, 5 à 10 minutes ne pèsent rien sur une journée. L’audience d’une chaîne se construit sur toute la journée avec des durées d’écoute longues. Il faut que les gens suivent le programme 90 minutes. C’est cela qui fait l’audience.

- Que vous inspirent les perspectives de développement de la chaîne dans un contexte de libéralisation de l’audiovisuel?
- Je pense qu’il faut réfléchir sérieusement sur l’avenir de l’audiovisuel au Maroc. Toute chaîne TV nécessite un investissement lourd et les opérateurs ont besoin de visibilité. C’est pour cela que le régulateur, partout dans le monde, donne de la visibilité au secteur en disant à l’avance combien de licences il compte accorder et sur quelle période. Or, il y a deux ans, la Haute autorité de l’audiovisuel a été claire en disant que les licences, c’est terminé. Une licence implique des engagements, de lourds investissements dans les RH, des émetteurs, un cahier des charges… qu’il faut amortir. Partout en France, aux Etats-Unis…, on déclare combien de licences on compte donner, et à quels termes on va en donner d’autres. Autre principe, le financement de la chaîne. Médi 1 TV est financée à 100% par les actionnaires donc sans subvention alors qu’Al Oula est financée par le budget de l’Etat ainsi que le marché publicitaire. Quant à 2M, elle est financée par les recettes publicitaires et demande à chaque fois des compléments à l’Etat. Lorsque vous avez une situation pareille avec trois chaînes qui ont des problèmes de financement, de quoi va vivre une nouvelle chaîne? D’autant plus qu’à fin 2011, le marché publicitaire est à moins 11%. Tous médias confondus, le marché publicitaire est à 4,5 milliards de DH bruts. La télé est un marché entre 850 et 900 millions de DH. C’est très compliqué. Il n’y a donc pas de place pour un nouvel entrant.

Cahier des charges et grille des programmes

Selon Abbass Azzouzi, Médi 1 TV est grosso modo une chaîne généraliste qui a une vocation d’information, de divertissement et de débats de société, politique.... «C’est justement la marque de fabrique de la chaîne». La chaîne tangéroise a investi une centaine de millions de DH en 2011 pour développer la couverture du territoire et la diffusion (90%). Les prochains investissements seront plutôt dans le contenu. La chaîne compte à ce jour un effectif de 200 personnes dont 52 dédiés à la rédaction. Pour étoffer la grille des programmes, l’ambition en 2012 est d’améliorer l’investigation, la proximité. La chaîne aura trois émissions d’investigation avec des enquêtes-reportages. Il est aussi question de plus focaliser les magazines sur les faits de société, les problématiques familiales. Le débat sera étoffé autour de la famille et la politique. Côté fiction, Médi 1 TV table sur les séries historiques. Une grosse série-événement est programmée pour les prochains mois. Le sport continuera à être l’un des chevaux de bataille de la chaîne.

 

Propos recueillis par Amin RBOUB

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