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    Chronique

    Régulation financière
    Les Etats malades de n’avoir rien fait
    Par Michel Fourriques

    Par L'Economiste | Edition N°:3682 Le 21/12/2011 | Partager

    Michel Fourriques est directeur des affaires juridiques et fiscales et des questions géopolitiques MP++Formation (France). Il est également professeur de fiscalité internationale à l’ESAA (Algérie)

    Depuis septembre 2008, l’économie mondiale est régulièrement au bord du gouffre. La Bourse, cet été et depuis la rentrée, a connu une chute historique, notamment à cause de la dette souveraine grecque.
    L’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé la note de la dette des Etats-Unis. Cette décision a semé la panique sur les marchés déjà troublés par les mésaventures de la zone euro, même si cette dégradation sanctionne un blocage politique entre démocrates et républicains et l’incapacité à relancer la croissance. On assiste à une crise de confiance générale qui menace d’entraîner l’économie mondiale dans une récession égale à celle de 1929, et pourquoi pas à la guerre.

    Les scénarios possibles
    La stagnation et l’austérité pourraient s’alimenter les unes les autres dans une spirale négative. C’est le scénario «à la japonaise», sans krach, mais marqué durablement par une croissance molle. On pourrait aussi assister à un effondrement des marchés semblable à celui qui a suivi la chute de Lehman Brothers en 2008. Dans ce cas, la récession serait inévitable avec un fort risque d’explosion sociale.
    Pour l’économiste Nouriel Roubini, qui a prédit la crise des subprimes, jusqu’à présent, les «Etats ont toujours réussi à sortir un lapin de leur chapeau», mais ils sont à court de munitions. La crise grecque nous montre que le «chapeau» commence à se tarir.

    La séquence européenne
    En Europe, la rigueur imposée en contrepartie du premier plan d’aide, en mai 2010, n’a pas produit les effets escomptés. Le chômage est passé de 9% à 16% et le PIB a encore reculé de 4,5% en 2010.
    Le second plan d’aide, adopté le 21 juillet dernier, a mis la Grèce en défaut de paiement «sélectif et temporaire», ce qui, bien entendu, n’a pas rassuré les marchés. Dès lors, dès l’annonce d’une restructuration de la dette grecque, les taux des emprunts d’Etats italien et espagnol se sont envolés. Nous savons tous que la Grèce ne pourra jamais rembourser l’intégralité de sa dette. 50% de celle-ci vient d’être supprimée grâce au dernier accord européen. C’est encore trop pour un pays en décroissance, qui, en plus, ne sait pas collecter l’impôt.
    Le problème de l’Europe, c’est qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion, malgré les récentes réformes politiques et donc une mauvaise gestion politique de l’euro catastrophique pour la gestion économique de ce dernier. Kissinger disait déjà en 1970: «L’Europe, quel numéro de téléphone?»
    Aux Etats-Unis, démocrates et républicains ont trouvé un accord de dernière minute sur le relèvement du plafond de la dette du pays. Cette mésentente a renforcé le doute des professionnels des marchés sur la capacité du pays à faire face à sa dette de plus de 14.500 milliards de dollars. Les Américains, parce qu’ils battent monnaie et que le dollar est la devise de réserve mondiale, ont cru que le financement de leur déficit par le reste du monde ne poserait jamais de problème.

    Détérioration de la conjoncture
    Aux Etats-Unis, on assiste à une rechute de l’économie longtemps retardée par les plans de relance et les injections de liquidités. Tous les indicateurs passent au rouge (croissance, chômage). En France et en Allemagne les mêmes indicateurs sont mauvais et la croissance y est proche de zéro. En France, les différents plans de rigueur, comme en Espagne, au Portugal et en Italie, risquent d’entraîner la récession économique. Dans ces conditions, le malade risque de mourir asphyxié car, sans croissance, tout rééquilibrage budgétaire est impossible.
    Les leçons de la crise de 2008 n’ont pas été tirées. Le monde de la finance n’a pas été réformé de façon systémique (ex: les instruments spéculatifs tels que les Credit Default Swaps, en bonne partie responsable de la crise de 2008, sont toujours aussi peu règlementés)(1). Malgré les différents G20, dont celui de Cannes, le fonctionnement de l’économie mondiale est toujours aussi déséquilibré. La dégradation de la note de la dette américaine marque le déclin de l’empire américain incapable de se réformer et de réformer, avec ses partenaires, le monde de la finance(2).

     

    (1) V., P. Jorion, anthroplogue et sociologue, Capitalisme à l’agonie, 2011; J. Attali, économiste, Tous ruinés dans dix ans, 2010.
    (2) V., J. Madrick, économiste, «Age of Greed-The triumph of Finance and the Décline of America, 1970 to the Present », 2011.

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