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    Entreprises familiales
    La transmission souvent mal préparée

    Par L'Economiste | Edition N°:3681 Le 20/12/2011 | Partager
    Elle est subie et non choisie
    Comptes non transparents et personnalisation à outrance
    L’avis des experts

    Les problèmes administratifs qui étaient cités en 2009 par 6 dirigeants sur 10 ne sont évoqués aujourd’hui que par 4 dirigeants sur 10

    Outre les dirigeants d’entreprises, les experts ont eu aussi leur mot à dire dans l’élaboration du baromètre BDO. En effet, l’étude comporte deux volets: la vision des dirigeants nationaux (100 au total) et celle des experts nationaux (7) et étrangers (20). Ces derniers sont très critiques. Selon eux, il n’existe pas de véritable marché de la transmission des entreprises au Maroc. Elle est généralement plus subie (fatalité de la transmission familiale via l’héritage) qu’un choix véritable. Résultat: les transmissions sont souvent mal ou pas du tout préparées.
    Les chefs d’entreprises ne conçoivent pas le départ à la retraite pour profiter du 3e tiers de leur vie. Outre le côté affectif qui les lie à leur ‘‘bébé’’, ils ne veulent pas entendre parler de transmission également par crainte de la perte du pouvoir patriarcal et familial. Ils ne veulent sans doute pas dépendre financièrement de leur progéniture. Sans oublier que le «statut social» de chef d’entreprise est mieux considéré que d’être «retiré des affaires».
    De même, ils n’ont pas conscience du devoir de partager les fruits de l’entreprise et d’assurer la pérennité de l’entité qu’ils dirigent pour le bien de l’écosystème «personnel-fournisseurs-clients». L’absence d’enjeu fiscal lié à la transmission fait que les chefs d’entreprises ne ressentent pas l’importance d’apurer la situation de l’entreprise pour les besoins d’une transmission familiale. Des comptes non transparents et une personnalisation à outrance du management sont également des points pénalisant la transmission des entreprises. Le «véhicule» de l’entreprise ne peut être conduit que par une seule personne qui détient les «codes sources génétiques» à même de faire avancer l’entreprise même pour les tâches les plus prosaïques.
    Pour y remédier, les experts préconisent la dépersonnalisation de la gestion et du management de l’entreprise en passant progressivement de la gestion «intuitu-personae» à l’institutionnalisation, à la mise en place de règles de bonne gouvernance. Et ce, à travers la délégation de gestion à des managers et la conduite d’audits de gestion annuels comme instrument de suivi et d’information. Des audits qui ne doivent plus être perçus comme un outil coercitif, mais plutôt comme un instrument de bonne gouvernance pour l’amélioration continue de la gestion de l’entreprise.
    L’un des obstacles à la réussite des transmissions est aussi le recours par les chefs d’entreprises à des «conseillers de l’ombre» pour l’évaluation de la valeur de l’entreprise: des intermédiaires pas toujours bien formés et informés des bonnes pratiques de la transmission.

    A. E.

    Pistes d’amélioration

    ◗ Mettre en place des cursus de formation en externe d’«accompagnement à la transmission» à destination des experts comptables, des avocats, notaires ou divers autres consultants d’entreprises.
    ◗ Former et recruter des experts de la conduite du changement en interne. Des profils en mesure de cerner le volet humain/psychologique lié au changement de management.
    ◗ Communiquer plus autour de la transmission d’entreprise afin de banaliser l’opération aux yeux des opérateurs concernés (cédants et acquéreurs).
    ◗ Mise en place par les banques de mécanismes financiers idoines pour financer la reprise d’entreprises. Des initiatives plus audacieuses de la part des établissements bancaires pour accompagner le processus, notamment dans la garantie (garantie de passif/caution…)
    ◗ Normaliser les méthodes d’évaluation des entreprises. Les pouvoirs publics devraient édicter des normes sectorielles pouvant servir aux chefs d’entreprises comme points de repère ou de référence pour estimer la valeur de leur entreprise.

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