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    Entreprises familiales
    Les dirigeants plus enclins à céder le flambeau

    Par L'Economiste | Edition N°:3681 Le 20/12/2011 | Partager
    Une nécessité plutôt qu’un choix
    Une source de sérénité, satisfaction et fierté
    Processus jugé «facile» avec moins de lourdeurs administratives et juridiques

    L’entreprise familiale semble intégrer de plus en plus le concept de transmission dans ses options stratégiques. C’est ce qui ressort du baromètre de la transmission des entreprises au Maroc, rendu public lundi 19 décembre.
    Il y a à peine deux ans, les dirigeants d’entreprises n’étaient que 39% à être pour, aujourd’hui, ils sont 46% à intégrer ce concept dans leur stratégie, d’après les résultats de l’étude. Une évolution de taille sachant que ces entreprises constituent encore une large part du tissu économique marocain. Parmi cette proportion de dirigeants, 30% ont déjà réfléchi ou sont en train de céder leur entreprise, alors que le reste (16%) a repris ou acheté leur entreprise à des tiers ou des membres de la famille. Mais la transmission n’est jamais perçue comme un choix. Elle est plutôt une «nécessité» à la fois pour le repreneur de manière générale et le cédant d’entreprise familiale. Cependant, les dirigeants décident de céder avant tout pour des raisons personnelles (55%). Alors que 28% invoquent la morosité du secteur ou une volonté de changement. D’autres (15%) y voient plutôt une manière de booster l’entreprise et de la sauver des difficultés ou une simple opportunité financière (15%).
    Et contrairement à toute attente, les dirigeants d’entreprises n’appréhendent pas la transmission, au contraire, ils sont 52% à l’envisager avec «sérénité», 30% à en tirer même une certaine «satisfaction», voire de la fierté (28%). Seule une faible proportion (10%) ne le fait pas de gaieté de cœur et semble ressentir une «tristesse» à l’idée de céder son entreprise. Quant à la transmission intra-familiale, elle semble problématique: volonté d’indépendance, incompatibilité de secteur d’activité… Les freins à ce genre de transmission résident principalement dans la volonté du dirigeant de démarrer sa propre activité (29%) ou parce que l’activité ne lui convenait pas (29%). Près d’un quart de l’échantillon évoque également un désaccord ou l’absence d’opportunités réelles. Et si les offres de rachat n’aboutissent pas, c’est généralement pour des raisons affectives (attachement à l’entreprise) et objectives (méconnaissance/mauvaise estimation de la valeur de l’entreprise).
    C’est également pour des raisons affectives que 6 dirigeants sur 10 (57%) optent ou opteraient pour la transmission familiale de leur entreprise. Le recours à la vente à un tiers plutôt que la succession familiale semble faire son chemin dans l’esprit des dirigeants. La preuve: en 2011, 4 patrons sur 10 l’ont évoquée contre 3 sur 10 en 2009.
    Quant à la succession familiale, elle est privilégiée pour «assurer l’avenir de la progéniture et sauvegarder une tradition familiale». Dans 6 cas sur 10, le successeur est déjà désigné et travaille au sein de l’entreprise. Il est généralement un « fils âgé de 25 ans, de formation supérieure». De même, 46% des successeurs désignés ont entre 21 et 30 ans. Dans plus d’une fois sur 2 (55%), le successeur travaille déjà dans l’entreprise.
    La vente à un tiers est le plus souvent une alternative à un manque de relève motivée ou compétente. Mais elle est aussi (1 fois sur 4), une volonté de couper tout lien avec l’entreprise.
    Les chefs d’entreprises sont en majorité (6 fois sur 10) satisfaits de leur niveau de préparation à la transmission. Quant aux repreneurs, ils estiment mieux connaître le secteur d’activité que l’entreprise cible. Les dirigeants sont plus enclins à impliquer les partenaires internes et externes de l’entreprise dans le processus, mais semblent moins «accrochés» à l’entreprise. Plus de la moitié d’entre eux ont coupé (ou ont l’intention de le faire) tout contact avec l’entreprise qu’ils ont cédée. Alors qu’en 2009, 6 dirigeants sur 10 voulaient conserver un lien avec l’entreprise cédée.
    Globalement, le processus de transmission engendre moins d’appréhensions chez le dirigeant. La majorité le juge plus aisé: notamment pour ce qui est des lourdeurs administratives et juridiques.
    De même, les dirigeants sont généralement plus optimistes par rapport au processus de transmission: 61% la jugent facile contre 35 % en 2009. Les relations cédant-acquéreur et les problèmes familiaux constituant les principales difficultés/appréhensions en 2011. L’année dernière, ce sont les problèmes administratifs qui étaient invoqués avec plus de récurrence.
    Le recours aux prestataires externes est en revanche moins accentué cette année. Les amis et les proches restent le principal soutien externe et auxquels les dirigeants ont recours dans la transmission. Les experts comptables étant le partenaire privilégié.

    Méthodologie

    Le baromètre BDO/ANPME a pour ambition d’apporter un éclairage sur la transmission des entreprises, tout en suscitant une réflexion pour la mise en place d’actions pour faciliter la transmission des entreprises. Il s’agit in fine d’identifier les principales difficultés rencontrées, les facteurs clés de réussite de la reprise ainsi que les programmes d’accompagnement adéquats.
    Cette étude périodique est menée auprès des cibles suivantes: les repreneurs et cédants d’entreprise, les cédants potentiels et les experts, professionnels du conseil en entreprise. En tout, l’étude a concerné 102 entreprises parmi les 1.000 du classement Essor, toutes des PME dont au moins 43 entreprises familiales. Parmi celles-ci, 50 cas de transmissions avérées ont été étudiés.

    Aziza EL AFFAS

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