×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2020 Prix de L'Economiste 2019 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie Internationale

    La classe moyenne, grosse aubaine pour l’Afrique

    Par L'Economiste | Edition N°:3681 Le 20/12/2011 | Partager
    Elle représente plus d’un tiers de la population du continent
    Sa croissance permettra de booster la demande extérieure
    et développera l’infrastructure et l’innovation

    Le développement actuel de la classe moyenne en Afrique, qui représente désormais près d’un tiers de la population, constitue un véritable pilier de la croissance du continent, développant l’infrastructure et l’innovation et favorisant les relations commerciales internationales.

    LA classe moyenne serait le prochain garant de la prospérité économique pour le continent africain, selon la Banque Africaine de développement (BAfD). En effet, banques et entreprises de distribution prennent de plus en plus pour cible cette catégorie montante de la population afin d’investir en Afrique.
    Par classe moyenne, on entend une catégorie située entre l’importante population pauvre africaine, vivant avec moins de deux dollars par jour, et celle aisée représentant l’élite. Il ne faut donc pas confondre celle-ci avec la définition de classe moyenne au sens des pays développés. En fait, il s’agit d’une population d’individus disposant d’un revenu, compris entre 1.460 et 7.300 dollars par an, leur permettant de consommer davantage de biens et de services au sein de la société.
    Par ailleurs, la classe moyenne africaine augmente régulièrement depuis les années 80. Elle comprenait ainsi 111 millions d’individus en 1980, soit 26% de la population. Dix ans plus tard, elle se soldait à 196 millions, soit 27%. Actuellement, la catégorie représente pas moins du tiers de la population.
    Parallèlement à cette augmentation, le nombre d’émigrés africains, comprenant 30 millions d’individus au total, participent activement à l’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale, ce qui permet à la fois de constituer une source de revenus pour la classe moyenne et de favoriser les échanges à l’international. La diaspora en question, qui envoyait jusqu’à présent des fonds à hauteur de 28 milliards de dollars, pourrait injecter près de 60 milliards d’ici quelques années, soit bien plus que les 25 milliards annuels d’aide officielle au développement reçus par le continent africain. Cette tranche de la population permet ainsi de contribuer à l’expansion de la classe moyenne, à travers la construction de nouvelles universités plus créatives et modernes notamment, telles que l’université d’Ashesi au Ghana mise en place par un émigré ancien salarié de Microsoft et qui affirme former une nouvelle génération de chefs d’entreprise éthiques et créatifs.
    La hausse de la classe moyenne accompagnée par un développement accru de la diaspora constitue en fait une véritable aubaine pour le continent africain. En effet, cette expansion s’accompagne tout d’abord d’une urbanisation de grande envergure basée sur un esprit d’entrepreneuriat notamment et favorisant largement la croissance. Ainsi, Lagos, ancienne capitale du Nigéria autrefois en mauvaise posture politique, a pu renaître de ses cendres en partie par le biais d’une importante classe moyenne et de l’esprit d’initiative de ses habitants. Le développement d’une telle classe permet également d’accroitre la demande nationale et internationale de produits manufacturés, éléments essentiels pour une croissance accrue. La hausse de cette catégorie de la population permet par ailleurs d’accélérer la politique d’innovation des pays africains, pivot essentiel à l’accélération du développement économique et transformant les villes en centres d’innovation qui prendraient la forme d’investissements en infrastructures, en formation technique ou encore en soutien aux entrepreneurs. De plus, le développement de la classe moyenne entraînera une relance de l’agriculture et du développement rural comprenant entre autres la culture des terres, en chute libre sur le continent africain.
    En effet, tandis qu’au niveau mondial, la production alimentaire a augmenté de 145% depuis 1960, elle s’est amoindrie de 10% en Afrique subsaharienne. Cependant, le développement de la classe moyenne pourrait ne pas être suffisant pour relancer le commerce intra-africain, fortement limité par des problèmes liés au secteur de l’énergie, des transports, des télécommunications ou encore de l’irrigation souffrant d’un réel manque de développement et de budget. Un commerce qui constitue en fait le moteur de la croissance du continent africain, fortement dépendant de l’international.

    Karim AGOUMI

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc